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La réclusion à perpétuité requise contre Nicolas Zepeda pour l’assassinat de Narumi Kurosaki

A la veille du verdict de la cour d'assises du Doubs, l'avocat général a requis la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre de Nicolas Zepeda pour l'assassinat de son ancienne petite amie japonaise Narumi Kurosaki, une peine maximale que la défense...

Le Chilien Nicolas Zepeda dans la salle d'audience du tribunal de Besançon, le 29 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - PATRICK HERTZOG)

A la veille du verdict de la cour d’assises du Doubs, l’avocat général a requis la réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre de Nicolas Zepeda pour l’assassinat de son ancienne petite amie japonaise Narumi Kurosaki, une peine maximale que la défense du Chilien espère éviter après avoir contesté la préméditation.

« Je requiers que Nicolas Zepeda soit déclaré coupable de l’assassinat de Narumi Kurosaki et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité », a déclaré Etienne Manteaux à l’issue de deux heures de réquisitoire. Une interdiction du territoire français à sa libération a également été demandée.

Listant les nombreux éléments de l’enquête qui accablent l’accusé de 31 ans, le représentant du ministère public a insisté sur son « choix délibéré de s’enferrer dans le déni », alors que « dans ce dossier, tout, absolument tout, ramène à la responsabilité de Zepeda ».

« C’est rarissime d’avoir un tel faisceau de preuves », a souligné Etienne Manteaux, selon qui Nicolas Zepeda a « tué délibérément son ex-compagne avec préméditation », faute d’avoir réussi à la reconquérir.

Sur le banc des accusés, masqué et portant toujours une cravate, Nicolas Zepeda, qui a clamé son innocence tout au long des neuf jours d’audience, est resté impassible à l’énoncé des réquisitions.

« Rien ne permet d’affirmer un projet meurtrier planifié de Nicolas Zepeda », a ensuite lancé son avocate Me Jacqueline Laffont, demandant aux jurés de la cour d’assises du Doubs, trois hommes et trois femmes, d’épargner à son client à la peine maximale.

Si l’avocate a contesté avec force toute préméditation, Me Laffont s’est en revanche livrée à un jeu d’équilibriste autour de la culpabilité de son client. Un client avec « son discours alambiqué, son apparente froideur » et « des réponses insensées et déroutantes qui nous ont tous laissé perplexes », a-t-elle reconnu.

Mais quand, dans un « moment de sincérité absolue », Nicolas Zepeda a hurlé jeudi en larmes « Je n’ai pas tué Narumi! », répondant à ses propres questions, « c’est soit parce qu’il ne l’a pas fait soit parce qu’il lui est impossible de concevoir qu’il l’a fait », a considéré Me Laffont.

« Après ces deux semaines de débat et ces cinq ans de procédure, il reste des zones d’ombres », a enchaîné Me Julie Benedetti, la seconde avocate de la défense, tandis que le père de l’accusé sanglotait sur les bancs du public.

– « Immersion dans le Doubs » –

Dans la matinée, les avocats des parties civiles avaient demandé à la cour de reconnaître la culpabilité de Nicolas Zepeda, malgré les dénégations du Chilien qu’ils qualifient de « menteur ».

« Ce sont les larmes pudiques de la partie civile que vous devez privilégier en condamnant celui qui est dans le box », a plaidé Me Sylvie Galley, conseil de la famille de Narumi, « muette à jamais ».

« La mort de Narumi aurait pu (…) allonger la liste des féminicides », mais « la disparition de son corps » a fait basculer le scénario « dans l’horreur absolue », a poursuivi l’avocate, devant un public venu en nombre.

« Menteur, manipulateur, toxique », a renchéri Me Randall Schwerdorffer, avocat d’Arthur Del Piccolo, le petit ami français de l’étudiante japonaise au moment de sa disparition.

La semaine dernière, le témoignage déchirant de la mère de la jeune fille avait bouleversé le prétoire. Venue de Tokyo, Taeko Kurosaki, une photo de sa fille serrée dans ses bras, avait longuement exprimé sa douleur, exacerbée par l’incertitude qui demeure sur le sort de Narumi dont le corps n’a jamais été retrouvé.

Selon Etienne Manteaux, le Chilien avait prémédité son crime en achetant un bidon de produit inflammable et des allumettes avant de rejoindre l’étudiante japonaise de 21 ans à Besançon. « L’hypothèse la plus probable est celle de l’immersion dans le Doubs » du corps de la jeune femme, morte étouffée ou étranglée, a avancé l’avocat général. 

En force ou en douceur, le pensant acculé par les nombreux éléments à charge et les témoignages, tous les acteurs de ce long procès ont tenté d’obtenir les aveux de Nicolas Zepeda, y compris sa propre avocate. En vain. « Une immense déception » pour la famille de Narumi.

Extradé de son pays à l’été 2020, le Chilien aura le dernier mot mardi matin avant que les jurés ne se retirent pour délibérer et rendre leur verdict.

maj-as/ha/dch    

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