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L’ARS impose des changements à l’Ehpad au centre du livre « Les Fossoyeurs »

"Réorganiser les équipes de jour et de nuit" ou encore "mettre en place des repas enrichis": dans un rapport dévoilé mardi, l'Agence régionale de Santé Ile-de-France (ARS IDF) impose des changements à l'Ehpad du groupe Orpea des "Bords...

Le logo d'une maison de retraite Orpea, à Reze près de Nantes, le 10 février 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - LOIC VENANCE)

« Réorganiser les équipes de jour et de nuit » ou encore « mettre en place des repas enrichis »: dans un rapport dévoilé mardi, l’Agence régionale de Santé Ile-de-France (ARS IDF) impose des changements à l’Ehpad du groupe Orpea des « Bords de Seine », particulièrement visé par l’ouvrage « Les Fossoyeurs ».

La résidence de l’Ehpad du groupe Orpea, « Les Bords de Seine », à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, le 26 janvier 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – ALAIN JOCARD)

Sollicité par l’AFP, le groupe Orpea a assuré qu’il mettrait en place ces changements « dans les meilleurs délais » et a présenté ses « excuses aux résidents et aux familles ».

Depuis la publication du livre de Victor Castanet en janvier, l’ARS IDF a diligenté 90 inspections au sein des Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes franciliens, l’Île-de-France comptant 707 Ehpad dont 19% sont publics, 33% privés à but non lucratif et 48 % privés à but lucratif.

L’Ehpad du groupe Orpea des « Bords de Seine » de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), destiné aux personnes âgées atteintes notamment d’Alzheimer, est l’un des quatre établissements ayant fait l’objet d’une « décision définitive » à la suite de ces contrôles.

Sa direction a reçu l’injonction de réorganiser ses équipes de jour et de nuit, dans un délai de trois mois.

L’ARS lui demande par ailleurs de « sécuriser l’organisation du circuit du médicament » dans un délai d’un mois, de « procéder à l’évaluation des risques de dénutrition » et de « mettre en place des repas enrichis » dans un délai d’un mois, ou encore de « mettre à jour les conventions d’exercice libéral des masseurs-kinésithérapeutes » et « de veiller à la traçabilité dans les dossiers des résidents », cette fois « sans délai ».

Ces directives reposent sur l’observation de dysfonctionnements.

Ainsi, le rapport note le sous-effectif « susceptible d’affecter la qualité et la sécurité de la prise en charge des résidents », avec notamment un recours accentué aux vacataires.

Il souligne aussi que les droits des usagers « ne sont pas tous respectés » et que « certaines des prestations proposées (…) n’existent pas (…), comme la balnéothérapie ».

– « Premières mesures correctrices » –

« Alors que le gestionnaire a fait le choix d’une prestation de restauration internalisée », il n’y a ni « repas enrichis » ni « appétants », poursuit l’Agence qui rencontre « des patients dénutris ».

Par ailleurs, les pré-signalements d’incidents ne sont transmis ni à l’ARS ni au Département, assure le rapport.

L’ARS IDF « a émis des recommandations et des prescriptions et une seule injonction, que nous allons traiter dans les meilleurs délais », a réagi le groupe Orpea, soulignant le contexte « sans précédent » de la crise sanitaire liée au Covid-19.

« Des premières mesures correctrices sont déjà en place » pour mieux organiser les équipes, a garanti Orpea, avec notamment l’appui d' »une infirmière coordinatrice depuis le 18 mars », et la formation de deux « référents bientraitances supplémentaires ».

Concernant la dénutrition, Orpea a assuré que celle-ci avait diminué dans la résidence entre 2019 et 2021, et que des formations sur le sujet des équipes étaient prévues dès avril.

Pour le circuit du médicament, une formation a « déjà été réalisée », une « messagerie sécurisée des ordonnances entre le site et la pharmacie va être mise en place » et une « nouvelle convention » avec « une nouvelle pharmacie partenaire » entrera « en vigueur le 7 avril », a encore affirmé Orpea.

Mardi, le groupe s’est aussi dit favorable à la prochaine publication d’un autre rapport, celui de l’IGS et de l’Igas, dont les conclusions révèlent des « dysfonctionnements graves » au sein du groupe d’Ehpad, d’après les mots du gouvernement.

L’Ehpad des Bords de Seine est aussi au coeur d’une enquête préliminaire ouverte à Nanterre, notamment pour homicide involontaire, à la suite d’une plainte déposée en 2020. Dans cette plainte, consultée par l’AFP, les enfants d’une résidente décédée à 86 ans dénoncent, entre autres, une « gestion opaque de la Covid-19 » et des « défaillances ».

Admise en mars 2020 dans l’établissement, la résidente est diagnostiquée positive au Covid-19 début avril 2020, raconte la plainte. Quatre jours après avoir été testée négative, elle est victime d’un accident vasculaire cérébral.

« A aucun moment, (sa fille) n’avait été tenue informée d’une quelconque dégradation de l’état de santé de sa mère », dénonce la plainte qui soulève aussi que « ses protections hygiéniques » n’ont pas été changées.

Trois jours après son accident, la résidente est retrouvée « vers 09H45, inconsciente dans son lit, non vue depuis hier soir » d’après une note des pompiers.

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