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Le FMI annonce un accord de principe avec le Liban en crise

Après des mois de tractations, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé jeudi un accord de principe avec les autorités libanaises pour un plan d'aide de trois milliards de dollars afin d'extirper le Liban d'une...

Photo fournie le 7 avril 2022 par l'agence libanaise Dalati et Nohra du président Michel Aoun, entouré de son Premier ministre et de la délégation du FMI emmenée par Ernesto Ramirez-Rigo (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - -)

Après des mois de tractations, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé jeudi un accord de principe avec les autorités libanaises pour un plan d’aide de trois milliards de dollars afin d’extirper le Liban d’une des pires crises économiques de son histoire.

Photo fournie par l’agence libanaise Dalati et Nohra du président Michel Aoun (à gauche) et du Premier ministre Najib Mikati au palais présidentiel à Baabda, près de Beyrouth, le 7 avril 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – -)

Causée par des décennies de mauvaise gestion et de corruption d’une classe dirigeante quasi inchangée depuis des dizaines d’années, la crise a été exacerbée par la pandémie et désormais par la guerre en Ukraine.

Le FMI exigeait un engagement fort de Beyrouth à mettre en œuvre des réformes ambitieuses nécessaires pour s’attaquer notamment à la restructuration du secteur financier et à la corruption.

Le Premier ministre libanais Najib Mikati a salué cet accord et « les réformes nécessaires, qui sont en réalité un visa pour que les pays donateurs commencent à coopérer avec le Liban et le remettent sur la carte de la finance mondiale ». 

Mais des experts se montrent sceptiques quant à la volonté de la classe politique de mener ces réformes.

Peu après l’annonce du FMI, l’Arabie saoudite a annoncé le retour de son ambassadeur au Liban après des mois de crise diplomatique entre Beyrouth et des pays du Golfe, et l’ambassadeur du Koweït devait lui aussi retourner cette semaine.

Accordé pour une durée de quatre ans au titre du mécanisme élargi de crédit, le plan d’aide doit au préalable recevoir l’aval de la direction du FMI et de son conseil d’administration, a précisé le Fonds dans un communiqué.

« Les autorités libanaises ont convenu d’entreprendre plusieurs réformes essentielles avant la réunion du conseil d’administration du FMI », a-t-il assuré.

Les autorités doivent notamment faire adopter par le Parlement une législation destinée à restructurer le secteur bancaire et à « relancer le processus de rétablissement du secteur financier, qui est fondamental pour soutenir la croissance », a détaillé le Fonds. 

Beyrouth avait évalué en début d’année les pertes du secteur financier à 69 milliards de dollars (60 milliards d’euros). C’est ce montant qui avait été retenu comme base de négociation avec le FMI.

Le Parlement libanais doit notamment amender la loi sur le secret bancaire « afin de la mettre en conformité avec les normes internationales de lutte contre la corruption et supprimer les obstacles à une restructuration et une supervision efficaces du secteur bancaire », a poursuivi le Fonds, qui n’a pas donné d’échéance pour la réunion de son conseil.

– Experts sceptiques –

L’Etat libanais avait fait défaut sur sa dette souveraine en mars 2020 pour la première fois de son histoire. Cinq mois plus tard, l’explosion du port de Beyrouth avait encore aggravé la situation.

Dès le printemps 2020, Beyrouth s’était tourné vers le FMI pour obtenir une aide. Mais les discussions formelles n’avaient démarré que le 24 janvier. 

Le mécanisme élargi de crédit « vise à soutenir la stratégie de réformes des autorités pour rétablir la croissance et la viabilité financière, renforcer la gouvernance, la transparence et augmenter les dépenses sociales et de reconstruction », précise le Fonds. 

Ce programme devra toutefois être complété par la restructuration de la dette publique extérieure libanaise avec l’objectif d’y faire participer suffisamment les créanciers pour rétablir la viabilité de la dette, a poursuivi le FMI. 

Mais Nasser Saïdi, un ancien vice-gouverneur de la Banque centrale du Liban, dit douter que les réformes se matérialiseront. « C’est une bonne nouvelle si les réformes monétaires-budgétaires-structurelle et en matière de gouvernance sont menées. Très improbable ! », a-t-il écrit sur Twitter.

« Le Liban est confronté à une crise sans précédent, qui a entraîné une contraction économique dramatique et une forte augmentation de la pauvreté, du chômage et de l’émigration », a rappelé Ernesto Ramirez Rigo, le chef de mission du FMI, à l’issue de la visite qui s’est achevée jeudi.

Environ 80% de la population libanaise est en effet plongée dans la pauvreté.

Le responsable du FMI a souligné que cette crise est « une manifestation des vulnérabilités profondes et persistantes générées par de nombreuses années de politiques macroéconomiques non viables qui ont alimenté d’importants déficits ». 

Il a aussi évoqué un taux de change surévalué et un secteur financier surdimensionné et relevé de « graves problèmes de responsabilité et de transparence ». 

A Beyrouth, le président libanais Michel Aoun et M. Mikati ont affirmé dans un communiqué que l’accord avec le FMI aiderait « à redonner vie au Liban et le mettre sur la voie du redressement et des solutions. »

Mais pour l’analyste financier Henri Chaoul, cet accord est un « non évènement ». « Nous sommes à des années-lumière », a-t-il dit à l’AFP. « Nous avons 30 ans d’expérience avec une ligne de régression parfaitement ajustée. »

Dt-rh/vmt/er-aya/feb/hj

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