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Le FMI exhorte le Salvador à retirer le bitcoin comme monnaie légale

Le Fonds monétaire international a exhorté mardi le Salvador à retirer le bitcoin comme monnaie légale, mettant en garde contre les "risques importants associés à son utilisation pour la stabilité financière...

Un panneau signalant l'utilisation du bitcoin au Salvador. Photo prise le 18 novembre 2021 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Sthanly ESTRADA)

Le Fonds monétaire international a exhorté mardi le Salvador à retirer le bitcoin comme monnaie légale, mettant en garde contre les « risques importants associés à son utilisation pour la stabilité financière, l’intégrité financière et la protection des consommateurs ».

C’est un sérieux revers pour le gouvernement salvadorien alors que le pays d’Amérique centrale était devenu le 7 septembre le premier pays au monde à adopter cette cryptomonnaie, treize ans après sa création. 

La recommandation émanant de l’institution internationale de Washington jette aussi un peu plus le discrédit sur le bitcoin qui est particulièrement volatile.

La première cryptomonnaie décentralisée a vu son prix dopé par l’appétit de la finance traditionnelle pour ce nouveau type d’investissement. Après avoir commencé 2021 autour de 20.000 dollars, il s’est envolé à plus de 60.000 dollars avant de connaitre de vifs revirements.

Le conseil d’administration du FMI exhorte « les autorités (du Salvador) à réduire la portée de la loi bitcoin en supprimant le statut légal du bitcoin », explique l’institution dans un communiqué. 

« Certains administrateurs ont également exprimé leur inquiétude quant aux risques associés à l’émission d’obligations adossées au bitcoin », ajoute le texte.

Le bitcoin a aujourd’hui valeur légale au Salvador au même titre que le dollar américain qui avait lui-même remplacé la monnaie nationale il y a vingt ans.

Son adoption comme seconde monnaie légale avait été décriée à l’automne lors de protestations dans les rues de San Salvador contre la politique économique du gouvernement.

Les manifestants, criant à « l’arnaque », estimaient que l’adoption de cette monnaie allait nuire à l’économie.

– Inquiétude des régulateurs –

En novembre, le Fonds avait lui-même mis en garde contre l’utilisation du bitcoin, compte tenu de sa grande volatilité.

Sa recommandation, mardi, intervient à l’occasion de la publication du rapport annuel sur la situation économique du Salvador.

Il rappelle que la pandémie a interrompu dix années de croissance, « mais le Salvador rebondit rapidement » grâce à une demande extérieure « robuste », des envois de fonds « résilients » et « une bonne gestion de la pandémie ». 

L’économie salvadorienne s’était contractée de 7,9% en 2020, avant de croître d’environ 10% en 2021. Le FMI table sur une croissance de 3,2% cette année. 

Mais « des vulnérabilités de la dette publique sont apparues », poursuit le Fonds. « Les déficits budgétaires persistants et le service élevé de la dette entraînent des besoins de financement importants et croissants », relève-t-il. 

C’est dans ce contexte que le bitcoin a été adopté.

Cela « comporte cependant de gros risques pour l’intégrité financière et du marché, la stabilité financière et la protection des consommateurs », détaille le Fonds. « Cela peut également créer des passifs éventuels », note-t-il.

La cryptomonnaie avait atteint lundi un plus bas depuis six mois à 32.970 dollars.

La baisse du bitcoin a démarré quand la plateforme de streaming Netflix a annoncé prévoir un brutal ralentissement de la croissance de son nombre d’abonnés, faisant chuter son cours de Bourse et entraînant les autres valeurs technologiques américaines dans son sillage.

De plus, alors que les prix grimpent à travers le globe, la perspective d’une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) pousse les investisseurs à s’éloigner des actifs les plus risqués.

Par ailleurs, les régulateurs s’inquiètent de plus en plus de la place que les cryptomonnaies prennent dans l’économie. En Russie, la Banque centrale russe a ainsi proposé jeudi dernier l’interdiction d’investissements et de paiements en cryptomonnaies.

Plus modéré, le régulateur du marché espagnol a fortement encadré les publicités pour les plateformes d’échanges, et des mesures similaires sont à l’étude ailleurs en Europe, notamment au Royaume-Uni et en Italie.

Les principales banques centrales du monde étudient la possibilité d’adopter une monnaie numérique pour éviter de laisser cet espaces aux acteurs privés mais elles s’inquiètent des risques sur la stabilité financière.

La semaine dernière, la banque centrale américaine (Fed) avait, elle, indiqué qu’elle n’était toujours pas décidée sur l’opportunité ou non de créer un dollar numérique.

Dt/jum/nth

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