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Le monde tourmenté de la chanteuse sud-coréenne Youn Sun Nah

Youn Sun Nah a enfin décidé, à 50 ans passés, de franchir un cap, celui de l'écriture: après dix albums passés à réinventer les compositions des autres, cette chanteuse sud-coréenne toujours sur le fil de l'émotion...

La chanteuse sud-coréenne Youn Sun Nah, à Paris, le 7 février 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - JOEL SAGET)

Youn Sun Nah a enfin décidé, à 50 ans passés, de franchir un cap, celui de l’écriture: après dix albums passés à réinventer les compositions des autres, cette chanteuse sud-coréenne toujours sur le fil de l’émotion dévoile dans « Waking World » ses propres états d’âme.

La chanteuse sud-coréenne Youn Sun Nah, à Paris, le 7 février 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – JOEL SAGET)

« J’ai vécu le covid comme une fin possible, alors je me suis dit qu’il fallait que j’ose faire des choses, mais comme on ne pouvait presque rien faire pendant cette période, il ne me restait que le challenge d’écrire de la musique », confie à l’AFP Youn Sun Nah, actuellement en tournée en France. 

La chanteuse sud-coréenne Youn Sun Nah, à Paris, le 7 février 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – JOEL SAGET)

Sur ses précédents albums, la chanteuse glissait quelques compositions de son crû, entre des reprises de chansons de Randy Newman, Joni Mitchell, Jimy Hendrix, Leonard Cohen, Paul Simon ou Marvin Gaye.

Sur « Waking World », elle a signé l’intégralité des chansons, paroles, musiques et arrangements. 

Son « Monde éveillé » est peuplé de fantômes. La plume d’une artiste qui a commencé par étudier la littérature avant de bifurquer vers l’apprentissage de la composition, de l’improvisation et du jazz, est trempée dans un océan de mélancolie, de solitude, de désenchantement, avec quelques îlots d’apaisement. 

« C’est peut-être la raison pour laquelle je n’ai quasiment pas écrit de textes ces dernières années, je ne voulais pas montrer ces tourments qui m’habitent », raconte You Sun Nah. « Mais suis-je plus tourmentée qu’une autre personne? ».

Les textes d’une chanteuse qui a vécu coupée du monde et de ses amis pendant dix-huit mois en Corée du Sud évoquent la pauvre existence d’un oiseau ne volant ni ne chantant, l’effondrement du monde, la solitude, un chagrin amoureux, avec comme seul refuge la communion avec la nature.

Ils sont tous écrits en anglais. Pourtant, l’artiste est francophile et maîtrise la langue française après avoir passé une bonne partie de son temps en France depuis la découverte de ce pays en 1990, à l’âge de vingt ans.

– « Plus indépendante » –

  

« Je rêve d’écrire en français, c’est un but. Mais c’est aussi un Everest », confie celle qui a déjà interprété sur scène ou sur disque « Avec le temps » de Léo Ferré ou « Sans toi » de Michel Legrand.

Pour habiller ses ballades désenchantées, il fallait des musiques à la hauteur. Guitares, sonorités électroniques des claviers, trompettes célestes, cordes baroques, choeurs en écho, sur des rythmiques rock, parfois funk-soul, se répondent et se superposent en de riches textures sonores, portant son chant envoûtant.

« Par le passé, lorsque j’avais des idées d’arrangements je comptais sur les musiciens en studio pour les explorer et les réaliser. La plupart du temps je leur donnais uniquement des idées, des directions et nous les travaillions ensemble. Les logiciels m’ont permis d’être plus indépendante, d’aller plus loin dans la préparation de mes maquettes », confie-t-elle. 

« Alors que j’étais seule, j’ai pu écrire précisément ce que j’avais en tête et au bout du compte des maquettes très élaborées. » 

La tonalité électro-pop du disque l’éloigne encore un peu plus du jazz et de l’aspect plus improvisé et plus dépouillé de ses productions passées.

« Les chansons de l’album sont très écrites, c’est certain », confesse son auteure, qui reconnaît avoir passé beaucoup plus de temps en studio pour l’enregistrement de ses deux derniers disques que lors des plus anciens.

La Youn Sun Nah improvisatrice, capable d’aimanter un public par le seul spectre de sa voix, simplement accompagnée par un accordéon ou une kalimba (sorte de xylophone de poche originaire d’Afrique centrale), ne serait-elle plus qu’un souvenir?

Pas tout à fait. « Je pense que ma personnalité n’a pas changé, et ma kalimba m’accompagne toujours partout », confie la chanteuse, qui sera en concert à Davezieux (23 mars), Montélimar (25), Soissons (29), Boulogne-Billancourt (31), avant la Suisse, l’Amérique du Nord, l’Allemagne…

chc/elc/spi     

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