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Le pianiste Sofiane Pamart, de l’ombre du rap aux lumières du solo

Pianiste élevé aux standards classiques du conservatoire, Sofiane Pamart a grandi dans l'ombre des rappeurs, jusqu'à ce qu'il s'envole en solo avec deux albums et se propulse sous les projecteurs d'une tournée, dont...

Le pianiste français Sofiane Pamart le 3 mars 2022 à Toulouse (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Lionel BONAVENTURE)

Pianiste élevé aux standards classiques du conservatoire, Sofiane Pamart a grandi dans l’ombre des rappeurs, jusqu’à ce qu’il s’envole en solo avec deux albums et se propulse sous les projecteurs d’une tournée, dont les « shows » au laser font salle comble.

Le pianiste français Sofiane Pamart le 3 mars 2022 en concert à Toulouse (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Lionel BONAVENTURE)

« J’ai la chance de m’épanouir au piano. Mais je n’oublie jamais que le destin de ma famille en France a commencé sous terre (…) grâce à mon grand-père berbère venu du Maroc travailler dans les mines du Nord », a confié Sofiane Pamart lors d’une interview à l’AFP, en marge d’un récital à Toulouse, avant Luxembourg, Lyon, Madrid, Berlin…

Le pianiste français Sofiane Pamart le 3 mars 2022 en concert à Toulouse (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Lionel BONAVENTURE)

Emmitouflé dans un sweat-shirt en peluche blanche, d’où scintille une épaisse chaîne en argent, il cache son regard sous un bob en vinyle noir et de grandes lunettes à verres jaunes. 

(Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Karen CASSUTO)

Sa tenue est à l’image de sa farouche volonté de ne « rentrer dans aucune case »: d’élégants boots chelsea ajoutent une note décalée, comme les longs kimonos de soie rapportés du Japon et qu’il revêt sur scène.   

« Quand je suis à mon piano, ils me couvrent le dos, je me sens protégé », explique ce musicien de 31 ans qui attribue son autre passion, les voyages, à ses ascendances nomades et à une enfance au contact des cultures du monde.

– Douze touches –

« Ma mère enseigne le français au collège, et à des étrangers, avec mon père qui dirige un centre spécialisé (…) Petit, je (les) accompagnais à leur taf et plein de cultures venaient à moi », dit-il, évoquant ces « Coréens, Zimbabwéens, Afghans, etc. » qui ont élargi son horizon.

Ses parents ne sont pas musiciens, mais se rendent compte qu’il a une bonne oreille. « Sur un jouet à douze touches, je reproduisais des mélodies que j’entendais à la télé. » A six ans, il entre au conservatoire de Lille. 

Jusqu’à l’âge de 23 ans et une médaille d’or, il y fera ses « armes pianistiques ». Avec Chopin, Beethoven, Mozart, « j’ai découvert un monde qui a fini par me passionner et m’a complètement transformé ».

Il grandit entre ses « potes, la rue, le conservatoire » et un oncle « avec toute l’attitude de la street culture, des sapes incroyables », qui l’initie au hip hop. « Tous ces grands, j’avais envie de leur ressembler (…) C’est comme ça que s’est développée mon histoire d’amour avec le rap. »

Sorti du conservatoire, « j’ai désappris pour me sentir libre ». « La carrière de virtuose classique ne m’intéressait pas parce que je rêvais de la vie de rappeur (…) extrême, avec des moments de grâce, de vertige. »

Il compose et joue avec SCH, Maes, Vald, Scylla, JoeyStarr, mais aussi Arno, Kimberose, Bon Entendeur… Puis il lance ses propres albums: « Planet » en 2019 et en février dernier « Letter », lettre d’amour à son public. 

– De Pleyel à Bercy –

Cette année, il enchaîne les dates, en solo aussi. Désireux de « spectacles qui embrassent plusieurs genres », il parle de « shows » plutôt que de concerts et veut « faire voyager intensément les gens ».

Dans une ambiance futuriste, une voix d’aéroport invite à « partir pour une aventure émotionnelle ». Des tubes néons bleus, violets, orangés cernent le piano. En fond de scène, son portrait détouré. Les yeux au laser balaient un public qui l’ovationne entre chaque morceau. 

« C’est comme s’il nous racontait une histoire(…) Il arrive à rendre le piano accessible à tout le monde », s’enthousiasme Emile Metrat, 20 ans, étudiant, parmi les 1.200 spectateurs de tous âges du récital toulousain.

Aux critiques lui reprochant un style consensuel, le pianiste répond qu’il « aime les mélodies simples » et celles « qui ont du feu en elles » tels le tango, le flamenco. « Je ne veux pas que ma musique soit savante (…) Je veux surtout toucher les coeurs. »  

S’il ne craint pas la grosse tête, celui qui s’intitule « Piano King » par autodérision sur les réseaux sociaux, admet être ambitieux: « C’est comme ça qu’on arrive aux plus grandes prouesses ».

Sofiane Pamart ne cache pas non plus son bonheur de remplir des lieux « très intimistes » mais aussi la prestigieuse salle Pleyel « qui le faisait rêver ». 

Point d’orgue de sa tournée: Bercy et ses 15.000 places à Paris, où sont passés The Who, Daft Punk, Lady Gaga… En novembre, il sera le premier pianiste à y jouer seul.

fpp/dmc/cal/gvy

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