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Le secteur aérospatial européen peu exposé aux sanctions de l’UE contre Moscou

Le secteur aéronautique et spatial européen, qui a plusieurs partenariats avec la Russie, semble à ce stade affecté de façon marginale par les sanctions de l'Union européenne à l'encontre de...

Une fusée Soyouz décolle du pas de tir de Sinnamary en Guyane, le 18 décembre 2019 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - jody amiet)

Le secteur aéronautique et spatial européen, qui a plusieurs partenariats avec la Russie, semble à ce stade affecté de façon marginale par les sanctions de l’Union européenne à l’encontre de la Russie après son invasion de l’Ukraine.

Soyouz gagne le ciel depuis le Centre spatial européen de Kourou, en Guyane française, le 18 mai 2017 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – jody Amiet)

Le géant aéronautique européen, Airbus, a indiqué vendredi « analyser l’impact des sanctions annoncées dans la nuit ». « Nous nous conformerons à toutes les sanctions et à toutes les lois applicables dès qu’elles seront en vigueur », a affirmé l’avionneur.

Le conseil européen a décidé jeudi soir d’interdire l’exportation vers la Russie des avions, pièces et équipements de l’industrie aéronautique et spatiale.

Quelque 340 avions Airbus sont actuellement en service en Russie, selon l’avionneur, notamment au sein du transporteur national Aeroflot et des compagnies S7, Rossiya ou Ural Airlines.

Mais il ne dispose dans son carnet que d’un nombre limité d’avions commandés par des compagnies russes: 14 gros-porteurs A350 pour Aeroflot.

Airbus, qui a par ailleurs vendu un total de 230 hélicoptères à 150 clients en Russie, y dispose également d’un centre d’ingénierie où travaillent 200 salariés locaux et produit en collaboration avec l’allemand Liebherr et un partenaire russe des éléments de trains d’atterrissage et de commandes de vol.

Le motoriste et équipementier Safran va également « appliquer toutes les décisions qui seront prises », a affirmé son directeur général Olivier Andriès.

La Russie représente 2% de son chiffre d’affaires. Safran y emploie moins de 600 personnes.

Ses activités concernent principalement la fourniture de moteurs, de trains d’atterrissage et de nacelles de réacteurs pour l’avion de transport régional Sukhoï Superça Jet 100, un appareil produit à une vingtaine d’exemplaires par an, selon Olivier Andriès. 

Il produit également en Russie au sein de la coentreprise Volgaero des éléments de moteurs équipant les Boeing 737 et Airbus A320.

– Stocks de titane –

Thales, présent dans l’aéronautique civile, l’identité numérique et le spatial, a lui aussi une activité marginale en Russie qui représente moins de 1% de son chiffre d’affaires, selon un porte-parole.

Il produit notamment des éléments de cockpit pour le Super Jet 100 et des cartes à puces.

Pour le secteur aéronautique, le principal « point d’attention » avec la Russie concerne l’approvisionnement en titane, selon M. Andriès.

Le premier producteur mondial, VSMPO-AVisma, fournit à lui seul près de la moitié du titane, métal léger et résistant utilisé par le secteur pour les trains d’atterrissage d’avions long-courriers, certaines pièces de moteurs ou de structures de fuselage.

Safran dit avoir augmenté ses stocks de titane. « Nous avons suffisamment de stocks pour nous amener à l’automne mais nous allons accélérer les sources alternatives d’approvisionnement », a indiqué M. Andriès, précisant qu’à ce stade, « VSMPO n’a pas arrêté de livrer ».

« Les risques géopolitiques sont intégrés dans nos politiques d’approvisionnement en titane. Nous sommes donc protégés à court/moyen terme », affirme de son côté Airbus.

Dans le domaine spatial, Arianespace dispose d’une co-entreprise avec l’agence russe Roscosmos, Starsem, pour exploiter la fusée Soyouz. Elle doit ainsi lancer en 2022 huit fusées Soyouz, trois depuis Kourou en Guyane française (dont le satellite espion français CSO-3) et cinq depuis le cosmodrome russe de Baïkonour au Kazakhstan.

Contacté par l’AFP, Arianespace a indiqué être en train d’évaluer si les sanctions européennes devaient ou non avoir un impact sur son activité.

En l’absence de fusées Soyouz, l’Europe n’aurait pas de capacité propre de lancement de certains satellites avant la mise en oeuvre d’Ariane 6, dont le premier vol est attendu en fin d’année.

Le patron de l’agence spatiale européenne Joseph Aschbacher a de son côté affirmé sur Twitter que l’ESA « continu(ait) de travailler sur tous ses programmes » avec Roscosmos, qu’il s’agisse de la Station spatiale internationale ou de la mission ExoMars, qui doit être lancée en septembre.

mra/liu/uh/abx

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