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L’économie européenne s’est bien remise des dégâts de la pandémie en 2021

L'économie européenne, tirée par la France et l'Italie, a vite surmonté l'an dernier l'impact de la pandémie, enregistrant une croissance record, bien que toujours à la traîne...

L'économie européenne reste cependant à la traîne de ses rivales chinoise et américaine (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Kenzo TRIBOUILLARD)

L’économie européenne, tirée par la France et l’Italie, a vite surmonté l’an dernier l’impact de la pandémie, enregistrant une croissance record, bien que toujours à la traîne des Etats-Unis et de la Chine.

Le commissaire européen à l’Economie, Paolo Gentiloni, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, le 11 novembre 2021 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – JOHN THYS)

Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a augmenté de 5,2% l’an dernier, comme dans l’ensemble de l’UE, en ligne avec les prévisions de Bruxelles, selon une première estimation publiée lundi par Eurostat.

Evolution du PIB de la zone euro (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Jonathan WALTER)

Jamais la croissance n’avait été aussi élevée depuis le début de la série statistique en 1996.

Ce chiffre historique confirme que l’économie s’est rapidement relevée après l’effondrement lié à la pandémie de Covid-19. En 2020, le PIB avait enregistré une chute non moins historique de 6,4% dans les 19 pays partageant la monnaie unique et de 5,9% au sein de l’UE, d’après l’office européen des statistiques.

Dans ses dernières prévisions de novembre, la Commission européenne avait anticipé une croissance de 5% en zone euro pour 2021.

L’économie européenne a subi un net coup de frein au quatrième trimestre, affecté par la résurgence des contaminations au Covid-19 qui a entraîné de nouvelles mesures de restrictions notamment dans l’hôtellerie et la restauration.

D’octobre à décembre, le PIB n’a progressé que de 0,3% par rapport aux trois mois précédents dans la zone euro (+0,4% dans l’UE), après des progressions de 2,2% et 2,3% lors des deux trimestres précédents.

Mais, l’impact de la pandémie est bien moindre qu’en 2020, quand des confinements à grande échelle avaient provoqué des arrêts d’usine et la fermeture de pans entiers de l’économie. L’an dernier, la vaccination d’une grande majorité de la population et des mesures de restriction plus ciblées ont préservé l’activité.

« La croissance a plutôt bien résisté en fin d’année malgré le Covid et les perturbations des chaînes d’approvisionnement qui ont touché l’industrie », a souligné Rory Fennessy, analyste pour Oxford Economics.

– Crise mieux gérée qu’en 2008 –

Ces facteurs, tout comme la forte inflation liée aux prix de l’énergie, « continuent à peser sur l’expansion », estime Bert Colijn, pour la banque ING, mais il anticipe tout de même la poursuite d’une croissance modérée au premier trimestre.

L’an dernier, la France, avec un PIB en hausse de 7%, et l’Italie (+6,5%), respectivement deuxième et troisième économie européenne, ont tiré la performance du bloc, après avoir été parmi les pays les plus affectés en 2020.

L’Espagne s’est située dans la moyenne avec une croissance de 5%. Tandis que l’Allemagne, qui avait certes mieux résisté pendant la crise, n’a progressé que de 2,8%, pénalisée par le poids de son secteur automobile particulièrement affecté par les pénuries de semi-conducteurs.

La Commission européenne voit dans ce redressement le succès de sa politique anti-crise. Le commissaire à l’Economie, Paolo Gentiloni, s’est félicité le 17 janvier d’un rebond bien plus rapide qu’après la grande récession de 2008.

« Après la crise financière mondiale, il a fallu sept ans pour que le PIB de la zone euro retrouve son niveau d’avant-crise », a-t-il rappelé, en soulignant qu’après la pandémie le niveau d’avant-crise avait déjà été atteint à la fin de 2021.

L’UE avait notamment décidé d’un endettement commun inédit pour financer un plan de relance de plus de 800 milliards d’euros, soutenant en priorité les pays les plus touchés et qui a donné lieu à de premiers déboursements l’été dernier.

Les perspectives pour 2022 sont bonnes.

« Les restrictions dans de nombreux pays touchés par le variant Omicron seront bientôt levées, permettant à la croissance de réaccélérer dans les prochains mois », anticipe Jessica Hinds pour Capital Economics. Elle prévoit pour 2022 une croissance de 3,5% en zone euro, plus faible que le chiffre attendu par le FMI (3,9%) ou la Commission européenne (4,3%).

L’économie européenne reste cependant à la traîne de ses rivales chinoise et américaine. La croissance a atteint 5,7% l’an dernier aux Etats-Unis, alors que le PIB y avait reculé de « seulement » 3,5% l’année précédente. La Chine a publié une croissance annuelle de 8,1% pour 2021, après une progression de 2,3% en 2020.

aro/fmi/spi

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