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« Les renouvelables ont déjà gagné », pour le patron de Voltalia

"Les énergies renouvelables ont déjà gagné" et vont se déployer partout dans le monde, mais ensuite, plus compliquée sera la seconde partie du chemin pour tendre vers 100% d'électricité verte, estime le directeur général de Voltalia, acteur du solaire...

Une centrale biomasse Voltalia à Cacao, en Guyane, le 2 février 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - jody amiet)

« Les énergies renouvelables ont déjà gagné » et vont se déployer partout dans le monde, mais ensuite, plus compliquée sera la seconde partie du chemin pour tendre vers 100% d’électricité verte, estime le directeur général de Voltalia, acteur du solaire et de l’éolien dans une vingtaine de pays.

Pour Sébastien Clerc, à ce jour, « les renouvelables sont un pari plus que gagné », grâce à l’effondrement des coûts.

« Aujourd’hui l’acheteur d’électricité qui s’engage sur un contrat de 10-20 ans, qu’il soit distributeur d’électricité, entreprise, État… choisit à 95% le renouvelable car c’est l’énergie la moins chère quasiment partout », dit le patron de cette entreprise française, rare société à mission cotée, présente en Amérique latine, Afrique, Europe.

Sébastien Clerc entrevoit au moins 20 ans d’essor mondial sans obstacle majeur pour le secteur.

Les investisseurs se bousculent. Et le sujet de la place n’en est pas vraiment un, dit-il: « Pour répondre aux besoins mondiaux en électricité, couvrir l’équivalent de l’Aquitaine de panneaux photovoltaïques suffit ».

Il ne nie pas les contestations. « Parce que les installations se voient. C’est le phénomène +Nimby+ (not in my backyard), +pas dans mon jardin+. »

L’éolien concentre à ce stade les critiques. Rien ne dit que ce ne sera pas demain le cas du solaire, dont les champs de 30 voire 100 hectares finiront par se voir, note-t-il. « Les oppositions vont finir par arriver. »

Le président français Emmanuel Macron, qui veut pousser le solaire, a ainsi demandé, « un juste équilibre » entre installations au sol et sur les toits.

Sauf que poser sur les toits coûte plus cher, c’est moins efficace (panneaux pas forcément orientés idéalement, non mobiles), note le directeur de Voltalia.

« Aujourd’hui on fait encore comme si on avait le choix », ajoute-t-il. Mais face au réchauffement climatique et à la nécessité de verdir l’énergie, « in fine, on va faire tout ce qu’on peut. « Et il y aura plein de renouvelable, partout dans le monde », assure-t-il.

– Préparer les nuits sans vent –

Pour lui, c’est surtout la suite de l’aventure, dans 20 ans, qui porte les grandes inconnues, quand les renouvelables auront atteint une part critique: comment fera-t-on la nuit en l’absence de vent?

« Aujourd’hui les énergies renouvelables avancent toutes seules, et c’est notre job, développeurs, industriels, de faire que cela se passe au mieux. Mais à un certain point, disons au-delà de 50% de parts de marché, les gouvernements auront leur rôle à jouer ». Par exemple contribuer à assumer le surcoût du stockage sur batteries, quand ni gaz ni charbon ne seront plus là pour servir de « tampon ».

Une première réponse, « encore sous le radar », est qu’il faudra adapter l’heure de nos consommations, insiste Sébastien Clerc.

Par exemple, faire marcher les ballons d’eau chaude quand il y a du soleil et/ou du vent. Idem pour le chauffage, en faisant monter la température aux bonnes heures pour ensuite stocker la chaleur dans la pièce (ce qui imposera des bâtiments mieux isolés). Moduler aussi les horaires de l’industrie.

Quid du stockage à grande échelle? Aujourd’hui le stockage du courant est assuré essentiellement par des « step » (« stations de transfert d’énergie par pompage », installées entre deux retenues d’eau). Une solution mature, mais qui suppose d’avoir des montagnes, note M. Clerc.

Pour le moment plus chères, les batteries devront prendre le relais, suggère le développeur, également acteur dans le stockage, qui évoque aussi l’hydrogène, mais son rendement moindre.

« Quand je mets 100 kWh pour stocker de l’énergie avec de l’hydrogène, j’en récupère environ 30%. Avec la batterie, je récupère plus de 80%, et environ 90% avec la step », décrit-il.

Ces sujets ne sont pas forcément les plus urgents pour un pays comme la France, largement adossée au nucléaire, ajoute-t-il. Mais ils le sont par exemple en Grande-Bretagne, lancée dans un vaste programme renouvelable pour échapper à sa dépendance au gaz: le pays a investi l’an dernier plusieurs milliards d’euros dans les batteries.

« Il faut réfléchir à tout cela, mettre de la recherche-développement… C’est un vrai problème conceptuel: s’approcher du 100% renouvelables, on ne sait pas encore comment on fait. Mais on le fera ».

cho/uh/lum

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