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L’inflation ralentit un peu aux Etats-Unis mais reste très élevée

L'inflation a un peu ralenti aux Etats-Unis en avril, ce qui laisse espérer que le pire est passé, mais n'apporte qu'un léger soulagement, tant la hausse des prix reste forte et affecte le pouvoir d'achat des...

Discours de Joe Biden lors de sa visite d'une ferme à Kankakee (Illinois) le 11 mai 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Nicholas Kamm)

L’inflation a un peu ralenti aux Etats-Unis en avril, ce qui laisse espérer que le pire est passé, mais n’apporte qu’un léger soulagement, tant la hausse des prix reste forte et affecte le pouvoir d’achat des Américains ainsi que la popularité de Joe Biden.

Graphique montrant l’évolution de l’indice des prix à la consommation aux États-Unis depuis 1948 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Eléonore HUGHES)

Le ralentissement est en effet ténu: en avril, sur un an, l’inflation s’est établie à 8,3%, soit plus que prévu, contre 8,5% en mars, selon l’indice des prix à la consommation (CPI) publié mercredi par le département du Travail.

Une station service de Washington le 31 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Stefani Reynolds)

Et la hausse des prix reste proche du plus haut niveau depuis 40 ans qu’elle avait enregistré le mois dernier. Les prix de l’alimentation, notamment, connaissent leur plus forte hausse sur un an depuis avril 1981 (+9,4%).

« L’incendie de l’inflation reste incontrôlable et les décideurs politiques ne peuvent pas faire grand-chose pour l’arrêter, à moins de ralentir massivement la croissance », a commenté l’économiste Joel Naroff.

Ces chiffres ont renforcé la volatilité de la Bourse de New York, qui a de nouveau chuté mercredi.

La bonne nouvelle est cependant que ce ralentissement est le premier depuis huit mois et pourrait marquer le début d’un lent recul de l’inflation, après un pic en mars lorsque la hausse des prix était au plus haut depuis décembre 1981.

« L’inflation a peut-être atteint un sommet, mais le ralentissement jusqu’à la fin de l’année sera tout sauf rapide », avertit toutefois Gregory Daco, économiste en chef d’EY-Parthenon.

– « Niveau inacceptable » –

Cette forte inflation pèse non seulement sur le pouvoir d’achat des consommateurs, mais aussi sur la popularité de Joe Biden à l’approche des élections de mi-mandat. Il tente, depuis le début de la semaine, de convaincre les Américains de son action.

« S’il est réconfortant de voir que l’inflation annuelle s’est modérée en avril, il n’en reste pas moins que l’inflation est à un niveau inacceptable. Comme je l’ai dit hier, (…) la réduire est ma principale priorité économique », a-t-il commenté dans un communiqué.

En visite mercredi dans une exploitation agricole proche de Chicago (nord des Etats-Unis), le président démocrate a dénoncé ce qu’il appelle « la hausse des prix de (Vladimir) Poutine », et dévoilé une série de mesures pour tenter de calmer un peu la flambée des prix de l’alimentation.

« Mon administration s’est efforcée de faire baisser les coûts pour les agriculteurs (…) et les prix pour les consommateurs », a-t-il déclaré aux journalistes.

L’opposition républicaine, elle, ne manque pas de rappeler que les prix avaient commencé à grimper bien avant la guerre en Ukraine.

Sur un mois seulement, le ralentissement de l’inflation est bien plus marqué que sur un an, elle tombe à 0,3%, contre 1,2% en mars par rapport à février. Principale raison: les prix de l’essence, qui avaient flambé en mars à cause de la guerre en Ukraine, ont baissé en avril de 6,1%.

Quant aux prix des voitures d’occasion, qui avaient largement contribué à la forte inflation à cause de la pénurie de semi-conducteurs, ils baissent de nouveau en avril (-0,4%), pour le troisième mois d’affilée.

– « Un risque persiste » –

Les prix de l’essence à la pompe ont toutefois déjà repris le chemin de la hausse, atteignant de nouveaux records cette semaine, à 4,40 dollars le gallon (3,78 litres) en moyenne mercredi, un plus haut depuis 2000, année où l’American Automobile Association a commencé à collecter ces données.

En excluant les prix de l’énergie et de l’alimentation, l’inflation dite sous-jacente accélère sur un mois, à 0,6% contre 0,3% en mars. Mais elle ralentit sur un an, à 6,2% contre 6,5%.

« Il y a trop d’incertitudes » pour estimer que le pic a été atteint, « compte tenu de la guerre en cours en Ukraine et des effets d’entraînement que les confinements en Chine pourraient encore avoir sur les chaînes d’approvisionnement », a souligné Diane Swonk, économiste de Grant Thronton.

Egalement en première ligne pour faire ralentir cette hausse des prix, la Banque centrale américaine, la Fed, a commencé à relever ses taux directeurs pour freiner la consommation et l’investissement.

Plusieurs de ses responsables se sont dits mardi favorables à une hausse rapide des taux dans les mois à venir. Quitte à ce que cela pèse un peu, de façon temporaire, sur le marché de l’emploi et fasse remonter le taux de chômage.

L’inflation CPI est l’une des deux mesures utilisées aux Etats-Unis, et celle sur laquelle sont indexées les retraites notamment. L’indice PCE, l’autre baromètre et privilégié par la Fed, sera publié le 27 mai.

jul/Dt/vgr

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