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LR clame son indépendance face à la tentation Macron

Fragilisés par leur cuisante défaite à la présidentielle, Les Républicains ont réaffirmé mardi leur "indépendance" face à la macronie, même si certains élus, inquiets de...

Arrivée de Gérard Larcher, président du Sénat au conseil stratégique du mouvement Les Républicains à Paris le 26 avril 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - bERTRAND GUAY)

Fragilisés par leur cuisante défaite à la présidentielle, Les Républicains ont réaffirmé mardi leur « indépendance » face à la macronie, même si certains élus, inquiets de leur survie, plaident pour une coopération.

Roger Karoutchi, vice président du Sénat a son arrivée à la réunion du conseil stratégique du mouvement le 26 avril 2022 à Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – bERTRAND GUAY)

« Notre famille politique porte sa propre voix: celle d’une droite indépendante et populaire qui doit exister par elle-même », a affirmé le parti en conseil stratégique.

(Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Aurore MESENGE)

LR refuse aussi la « logique du parti unique à la disposition du président de la République », selon une motion adoptée à l’unanimité moins deux abstentions, celles du patron des députés, Damien Abad, et du maire de La Garenne-Colombes, Philippe Juvin.

Avant la réunion M. Juvin, ex-candidat à la primaire LR, l’assurait: « Les partis de gouvernement doivent travailler ensemble ». 

M. Abad, qui ne s’est pas exprimé devant la presse, est lui au centre de spéculations décuplées depuis la révélation d’une rencontre récente avec Thierry Solère, ex-LR devenu conseiller d’Emmanuel Macron.

Une rencontre qui « reste de l’ordre de l’échange de vues », selon son entourage. Mais l’idée fait grincer des dents en interne: « Il y a une discussion en ce moment, et elle n’est peut-être pas que pour les législatives », soupire un élu selon qui « Macron a un levier sur nous si le président du groupe part ».

Selon lui « une vingtaine de députés sortants pourraient partir chez Macron », sur la centaine que compte le groupe.

D’autant que d’autres élus semblent eux aussi ouverts à une coopération, depuis les présidents de région Jean Rottner (Grand Est) et Christelle Morançais (Pays-de-Loire) jusqu’à certains maires (Daniel Fasquelle, Gaël Perdriau…)

« Je regrette ce choix » d’exclure un rapprochement avec la majorité, a tweeté mardi le maire de Chateauroux, Gil Avérous, en soulignant que le programme d’Emmanuel Macron « comporte beaucoup de mesures que nous défendions il y a encore 15 jours ». 

– « Utile » –

Chez les députés, Guillaume Larrivé a aussi appelé au rassemblement. Constance Le Grip a, dans L’Opinion de mardi, dit son souhait d' »être, de manière constructive et utile, au service de l’intérêt général du pays ».

Le patron de LR, Christian Jacob, a lui même assuré que son parti, qui a totalisé 4,8% des voix au premier tour de la présidentielle, resterait « force de proposition », et « si des réformes vont dans le bon sens, notre groupe parlementaire saura prendre ses responsabilités et les voter ».

Mais à l’approche des législatives, il a aussi prévenu que les candidats devraient signer un engagement à « siéger dans un groupe totalement indépendant ».

« Il n’y a pas de double appartenance, il n’y en aura jamais » et « on ne peut pas être Les Républicains et majorité présidentielle », a-t-il martelé.

« Cette maison n’est pas à brader, Macron qui espère nous ramasser à la balayette n’atteindra pas son objectif », a affirmé l’eurodéputée Nadine Morano après la réunion.

La question d’un pacte de gouvernement fait tanguer LR depuis plusieurs semaines, d’autant que Nicolas Sarkozy lui-même a appelé au rassemblement derrière le chef de l’Etat deux jours après le premier tour.

« Si certains veulent travailler avec Emmanuel Macron, ils en ont tout à fait le droit, il y a un parti pour ça, ça s’appelle la République en marche », a affirmé François-Xavier Bellamy mardi sur France Inter. Et « Nicolas Sarkozy est inclus dans ce constat », a-t-il ajouté. 

Conscient que la priorité est de sauver les sièges de députés grâce à un bon ancrage local, le parti tente aussi d’éviter d’étaler ses divisions sur la place publique.

« Je favorable à ce qu’on concentre nos expressions sur la campagne, et un peu moins sur les divisions qui font le jeu de nos adversaires politiques », affirmait lundi la numéro 2 du parti Annie Genevard.

Car « ce qui sauvera LR, c’est comment on tient jusqu’en juillet », selon un député.

Rares étaient d’ailleurs les élus qui acceptaient de s’exprimer mardi à la sortie du conseil stratégique.

LR lancera sa campagne des législatives le samedi 7 mai en réunissant son  Conseil national, avec ses alliés centristes et de l’UDI.

cg/ib/pb

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