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L’Ukraine, on en parle aussi à l’école, avec les enseignants et à la récré

"Expliquer ce qui se passe", mais ne pas montrer trop d'images et "rassurer": face à l'actualité, les enseignants s'efforcent de parler aux enfants de manière adaptée de la guerre en Ukraine, devenue un sujet de...

Une femme, sa fille et leur chien, devant une tente d'un centre d'accueil pour les réfugiés ukrainiens, le 2 mars 2022 à Siret, à la frontière avec la Roumanie (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Daniel MIHAILESCU)

« Expliquer ce qui se passe », mais ne pas montrer trop d’images et « rassurer »: face à l’actualité, les enseignants s’efforcent de parler aux enfants de manière adaptée de la guerre en Ukraine, devenue un sujet de conversation aussi dans les cours de récréation.

Un drapeau ukrainien dans les fumées de bombardement, à l’ouest de Kiev, le 4 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – ARIS MESSINIS)

« Mardi matin, j’ai un élève qui m’a dit +moi aujourd’hui, ça va pas, je comprends rien, est-ce qu’on peut parler de l’Ukraine ?+ », raconte Émilie Marsilio, enseignante en CE1 à Marseille.

Une fillette porte le drapeau ukrainien et marchesur des chars sur une fresque murale de l’artiste Seth, le 1er mars 2022 à Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – JOEL SAGET)

« Je leur ai demandé ce qu’ils savaient sur le sujet. J’ai noté les réponses au tableau et on a commencé à parler. Ils ont donné des mots: Ukraine, Russie, Poutine, guerre, maisons brûlées, voitures, bombardements, sirènes, armée… », poursuit l’enseignante, qui a montré à ses élèves une carte publiée dans le journal pour enfants Le Petit Quotidien.

Face à l’actualité, les enseignants s’efforcent de parler aux enfants de manière adaptée de la guerre en Ukrainerécréation (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Lionel BONAVENTURE)

Rémi Dupeyrat, en charge d’une classe de CM1 à Orléans, a dû aussi s’adapter aux interrogations des enfants, revenus de leurs vacances le 21 février dans cette académie. « Jeudi matin (le 24 février: ndlr), quand le conflit a commencé, ils sont arrivés en disant +ah là, là, il y a la guerre+. Donc on a pris cinq minutes pour dire ce qu’on savait ». 

Il en a reparlé cette semaine car, dit-il, « je les entendais régulièrement en discuter, et parfois je ne savais pas trop d’où ils tenaient leurs informations ». 

« On a fait le point sur ce qu’on savait », poursuit le professeur. « Quand on a regardé la carte, il y en a certains qui m’ont dit +mais c’est bizarre, la Russie, c’est déjà le plus grand pays du monde. Ils veulent encore s’agrandir, à quoi ça sert ?+ ». 

S’appuyer sur une carte et sur les questions des élèves, se mettre à leur hauteur pour expliquer les choses: c’est aussi ce qu’a fait Delphine Guichard, enseignante en CM1/CM2 dans un village du Loir-et-Cher, qui juge important de « dédramatiser ».

– « Bientôt la guerre chez nous ? » –

« Un enfant de CM2 m’a demandé +pourquoi le chef des Russes au lieu de parler, il envoie ses chars ?+ J’ai été un peu déstabilisée », relate-t-elle. 

« Je lui ai répondu que peut-être, quand il était petit, on ne lui a pas assez expliqué que quand on a un problème avec un copain dans la cour de récré, on lui parle, on ne lui donne pas un coup de poing sur le nez. Ça les a fait rigoler et ça a un peu détendu l’atmosphère ».

Car les enseignants le constatent: l’angoisse des enfants est palpable, et il faut aussi les rassurer.

« Ils ont beaucoup d’inquiétudes sur le thème +ça se passe pas loin, est-ce que la guerre va arriver chez nous ?+ », témoigne Sabine Turschwel, directrice d’une école en Dordogne et enseignante dans une classe de CE2/CM1. « Ils demandent aussi s’ils doivent choisir un pays ».

« On a expliqué un peu ce qui se passait, en essayant de le faire avec des mots simples », car « ils entendent plein de choses, à la télé ou la radio, dans la cour d’école ou quand les parents discutent ».

Elle aussi a utilisé Le Petit Quotidien, mais a choisi de ne pas montrer une photo d’immeuble éventré et « évité de parler de bombes ». Elle a ensuite mis une boîte à questions dans la classe pour d’éventuelles interrogations à venir.

Pour Catherine Verdier, psychologue et thérapeute pour enfants et adolescents, « il faut en parler aux enfants, parce que sinon, ils s’imaginent ou fantasment certaines choses ». 

Et ce d’autant que « ça parle beaucoup dans les cours de récréation, et pas forcément avec des informations fiables ».

Ses recommandations ? « Rester assez simple pour les plus jeunes, être évidemment rassurant, en leur disant que c’est assez loin de chez nous ». Et « rester calme, ne pas les abreuver ou les submerger d’informations, parce que ça les angoisse ».

slb/fmp/gvy

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