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Macron durcit le ton après une campagne en pointillé

Ni "dans l'excès d'assurance" ni "dans la fébrilité" malgré des sondages en baisse, Emmanuel Macron a affiché vendredi son envie de "ferrailler" en attaquant vivement Marine Le Pen, après une...

Le président-candidat Emmanuel Macron (LREM) avant une interview à RTL, à Neuilly-sur-Seine, le 8 avril 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Ludovic MARIN)

Ni « dans l’excès d’assurance » ni « dans la fébrilité » malgré des sondages en baisse, Emmanuel Macron a affiché vendredi son envie de « ferrailler » en attaquant vivement Marine Le Pen, après une campagne jugée trop courte et prudente.

(Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Esther DELORD)

« J’ai l’esprit de conquête plutôt que l’esprit de défaite », a lancé le président-candidat vendredi matin sur RTL.

Le président-candidat Emmanuel Macron (LREM) au marché de Neuilly-sur-Seine, le 8 avril 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Ludovic MARIN)

Pas question d’avoir « peur », a-t-il assuré, même si la campagne du premier tour se termine dans un climat de doute chez ses partisans.

Le président-candidat Emmanuel Macron (LREM) au marché de Neuilly-sur-Seine, le 8 avril 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Ludovic MARIN)

Certes, tous les sondages le donnent en tête du premier tour. Mais la dynamique semble être passée dans le camp de Marine Le Pen, qui a rattrapé une partie de son retard et le menace pour le deuxième tour, le 24 avril.

Le président-candidat durcit donc le ton sans attendre les résultats de dimanche. « Marine Le Pen ment aux gens », affirme-t-il dans un entretien au Parisien. En l’attaquant sur son programme pour le pouvoir d’achat qu’elle « ne fera pas » car « elle ne le finance pas ».

Son autre angle d’attaque vise les liens entre la candidate du RN et le président russe Vladimir Poutine, dont « elle est dépendante financièrement » et avec lequel elle est « complaisante ».

Ces critiques sont reprises par l’ensemble de la majorité, à l’image de Christophe Castaner, chef de file des députés LREM, pour lequel Marine Le Pen « est constante dans ses valeurs, qui restent d’extrême droite, même si sa méthode consiste à cacher ce qu’elle est réellement ».

Mais, pour certains Marcheurs, cette offensive vient un peu tard. « Je suis macroniste et frustrée de ne pas avoir entendu M. Macron à la télé, à la radio… Cela a donné le champ libre à ses concurrents qui n’ont pas arrêté de lui taper dessus », a ainsi regretté Patricia, une auditrice interpellant le ministre de l’Économie Bruno Le Maire jeudi sur France Info.

– Programme bouleversé –

« Emmanuel Macron a traversé cette campagne. Il a juste fait quelques apparitions et cela a entamé son capital électoral », résume le politologue Pascal Perrineau. 

Au total, le président-candidat a fait un meeting national, cinq déplacements et une série d’interviews en cinq semaines de campagne alors que ses 11 adversaires sillonnent la France depuis des mois. Il a aussi effectué vendredi matin une courte visite impromptue sur un marché de Neuilly à la sortie de son entretien à RTL.

« C’est un fait, je suis rentré encore plus tard (dans la campagne) que je ne l’aurais voulu », a-t-il reconnu, en expliquant avoir été empêché par la pandémie et le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

« La guerre a changé la donne et bouleversé le programme de campagne initial », explique un cadre de la majorité. La priorité a été donnée aux multiples appels que le chef de l’État a passé à Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky ou ses homologues européens, et aux sommets internationaux décidés dans l’urgence en février et mars.

Dans les sondages, Emmanuel Macron a d’abord profité de ce contexte de crise mais « il est sur une tendance baissière continue depuis trois semaines avec la fin de +l’effet drapeau+ autour de l’Ukraine », note Vincent Martigny, professeur de Science politique à l’université de Nice et chercheur associé au Cevipof-Sciences Po.

Face aux critiques l’accusant d’enjamber le premier tour, un conseiller de la campagne de Macron reconnaît que « dès le début notre stratégie a été qu’il serait au deuxième tour et que la vraie campagne démarrerait » alors.

« Le premier tour, ce n’est pas un affrontement. Ce sont des candidats qui présentent leurs projets. Puis, après, c’est le débat et, là, il y a la castagne », insiste d’ailleurs Emmanuel Macron dans Le Parisien. 

En cas d’un nouveau duel avec la candidate du RN, Vincent Martigny souligne que « les dynamiques seraient différentes » par rapport à 2017: « la polarisation se portait alors sur Marine Le Pen contre laquelle il fallait faire barrage. Elle pourrait aujourd’hui se focaliser sur le président sortant qui suscite des +affects négatifs+ très forts ».

« Juste dire +no pasaran+ ne marchera pas cette fois », concède un conseiller de la majorité. En indiquant qu’Emmanuel Macron avait conseillé à ses ministres d’attaquer Marine le Pen « sur son programme plutôt que seulement sur les valeurs ».

leb-jri/jk/gvy

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