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Macron met en garde contre « le retour au nationalisme, à la guerre » si Le Pen est élue

Emmanuel Macron a affirmé mardi que Marine Le Pen voulait "sortir" de l'Union européenne mais qu'elle n'osait "plus le dire", ce qui entraînerait, si elle était élue présidente, "le retour au nationalisme"...

Macron will face the French far-right Rassemblement National (RN) party candidate in a presidential run-off vote on April 24, 2022. Le président français et candidat à la réélection du parti centriste La République en Marche (LREM) Emmanuel Macron (C) s'adresse à ses partisans lors d'un rassemblement de campagne à Strasbourg, e 12 avril 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Eliot BLONDET)

Emmanuel Macron a affirmé mardi que Marine Le Pen voulait « sortir » de l’Union européenne mais qu’elle n’osait « plus le dire », ce qui entraînerait, si elle était élue présidente, « le retour au nationalisme » et « de la guerre » sur le continent.

« La bataille que nous menons n’est pas simplement pour la France, mais pour l’Europe », a clamé le président-candidat lors d’un discours à Châtenois (Bas-Rhin).

« Parce que, a-t-il ajouté, le projet de l’extrême droite est un projet où se cache la sortie de l’Europe (…) Sortir de cette Europe de paix qui est une conquête des huit dernières décennies. »

« Avec la plus grande force, vous me verrez m’opposer à ce projet parce que c’est le retour au nationalisme et le retour de la guerre. Jamais », a-t-il ajouté.

Lors d’un meeting à Strasbourg en début de soirée, le candidat a encore insisté: « L’Europe qui est la nôtre n’est pas une alliance de nations qui veulent se faire la guerre, c’est un projet de respect qui a mis fin au rêve d’empire qui nous avait toujours fracturée ». 

« Et les rêves d’empire reviennent: c’est le rêve de la Russie aujourd’hui, c’est le rêve de certains autres, c’est le conflit de celles et ceux qui voudraient nous faire croire que la solution pour la France, c’est de sortir de l’Europe, parce que ce serait d’aller combattre d’autres européens », a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a par ailleurs entendu « défendre avec force notre Cour européenne des droits de l’Homme » et la Convention européenne des droits de l’Homme qu’elle fait respecter, alors que Mme Le Pen a indiqué à plusieurs reprises vouloir « sortir d’un certain nombre d’articles de la Convention ».

La candidate d’extrême droite souhaite également que les juridictions françaises ne soient plus liées aux décisions de la Cour, y compris de condamnations de la France.

Or, pour M. Macron, la Cour de Strasbourg, « c’est ce qui porte nos valeurs, parce qu’elle permet à chaque citoyen en Europe de défendre ses droits, même quand l’État ne les lui reconnaît pas: c’est pour ça que la Russie veut la quitter ».

« Si vous considérez que les droits qui sont dans notre charte ne sont pas respectés par le gouvernement, vous pouvez aller devant cette cour et faire condamner le gouvernement: c’est un trésor et il faut le préserver, se battre pour », a-t-il encore martelé.

Un peu plus tôt, devant la presse à Mulhouse, Emmanuel Macron avait accusé Marine Le Pen de « raconter des carabistouilles » sur l’Europe. « Elle explique qu’elle ne paiera pas la facture du club (l’UE des 27 États membres), qu’elle en changera les règles toute seule (…) Cela veut dire qu’elle veut en sortir mais qu’elle n’ose plus le dire ». 

Il a estimé que la candidate du RN pourrait chercher à « faire alliance avec la Hongrie et la Pologne », deux pays de l’UE dirigé par des partis nationalistes. 

« Ce sera un drôle de club, pas bon pour la France, pas bon pour l’Europe, pas bon non plus pour Strasbourg, qui est l’une des capitales de l’Europe » avec le siège du Parlement européen, selon le candidat.

Dans un entretien à l’hebdomadaire Le Point, Emmanuel Macron dit vouloir « mettre en lumière » un « projet de sortie de l’Europe, projet de division des Français, projet de régression climatique » de la candidate. 

Marine Le Pen a expliqué qu’elle ne souhaitait ni sortir de l’UE ni de l’espace Schengen, mais qu’elle voulait une modification de la Constitution pour y inscrire la supériorité du droit constitutionnel sur le droit européen.

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