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Macron sur TF1: l’opposition proteste, la majorité défend « un président qui gouverne »

Face aux oppositions qui s'insurgent contre l'intervention télévisée d'Emmanuel Macron prévue mercredi et le pressent de mettre fin au suspense de sa candidature, majorité et gouvernement défendent...

Emmanuel Macron à l'Elysée lors d'une interview télévisée diffusée sur TF1 le 21 juillet 2020 (Crédit photo : © Ludovic MARIN)

Face aux oppositions qui s’insurgent contre l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron prévue mercredi et le pressent de mettre fin au suspense de sa candidature, majorité et gouvernement défendent à l’unisson « un président qui gouverne ».

Valerie Pécresse lors d’un meeting à La Madeleine près de Lille, le 10 décembre 2021 (Crédit photo : © FRANCOIS LO PRESTI)

Deux heures d’entretien sur TF1 et LCI sur le thème « Où va la France? »: la tribune que s’offre le chef de l’Etat a fait bondir Valérie Pécresse qui a écrit mardi au CSA pour exiger que ce temps de parole soit « décompté » du futur candidat Macron. Car, dit-elle, « à l’évidence, cette émission ne s’inscrit pas dans l’exercice de la charge de président de la République mais bien dans le cadre de l’élection présidentielle à venir ».

Le député LR Eric Ciotti sur le plateau de France 2 à Paris, le 30 novembre 2021 (Crédit photo : © JULIEN DE ROSA)

La candidate LR à la présidentielle d’avril 2022, dont l’émission prévue le même soir sur BFMTV a été annulée, a également demandé au régulateur de l’audiovisuel que « chaque candidat (bénéficie) dans les mêmes conditions de deux heures d’antenne » sur les mêmes chaînes.

Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting à Reims, le 17 octobre 2021 (Crédit photo : © FRANCOIS NASCIMBENI)

« Evidemment que la parole (du président) est attendue sur l’action qui est menée, sur la crise, sur le bilan du quinquennat: c’est légitime », lui a répondu mardi sur FranceInfo le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Le secrétaire d’Etat a pris l’exemple de l’intervention du président Sarkozy qui, en janvier 2012, alors qu’il n’était pas encore candidat à sa réélection, avait participé à une émission diffusée sur huit chaînes.

Or, « à l’époque, (Valérie Pécresse) défendait le fait (…) que le président de la République puisse s’exprimer dans un contexte de crise », a-t-il rappelé en citant les propos de celle qui était alors ministre, manière de mieux fustiger sa « fébrilité » et son « hypocrisie ».

Le patron des députés LREM Christophe Castaner a relayé mardi, en réunion de groupe, cette attaque contre Mme Pécresse, selon lui « marquée d’amnésie », avant de dénoncer un « bal des faux-culs » chez les LR.

L’ex-ministre de l’Intérieur renvoie aussi aux « quatre débats un peu chiants » que LR « nous a infligés pour savoir qui pouvait gagner un congrès interne » et « personne ne s’est dit qu’il fallait saisir le CSA ».

C’est bien « comme président » qu’Emmanuel Macron s’exprimera mercredi, jure le ministre des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau (MoDem), pointant un « énervement inutile » de la droite.

– « Comédie monarchique » –

Aucune annonce de candidature n’étant prévue dans l’émission de mercredi, combien de temps Emmanuel Macron pourra-t-il tenir sa position de président sans se déclarer formellement? « L’honnêteté minimum serait de dire qu’il est candidat », a fustigé mercredi Marine Le Pen en dénonçant une double « rupture », d’abord « dans la loyauté due aux Français, ensuite « de l’égalité des chances entre les différents candidats ».

Eric Ciotti (LR) avait déjà critiqué lundi « une campagne qui n’en porte par le nom ». A l’unisson du socialiste Boris Vallaud, pourfendeur d' »un entre-deux qui n’est pas sain » ou de l’insoumis Jean-Luc Mélenchon qui brocarde une « comédie monarchique » et saisit également le CSA, tout comme l’écologiste Yannick Jadot.

L’ambiguïté qui permettrait de jouer sur les deux tableaux est fermement récusée dans la majorité. « Emmanuel Macron est président de la République, élu pour cinq ans, pas pour quatre ans et demi », martèle Christophe Castaner.

Mieux: le porte-parole du gouvernement a soutenu que cet entre-deux était « plus un inconvénient qu’un avantage », « parce que la réalité, c’est qu’on a moins la possibilité de répondre aux critiques ».

Du reste, l’accusation de duplicité est une figure imposée des adversaires aux chefs de l’Etat en période pré-électorale: en février 1988, Jacques Chirac s’agaçait du silence « pas convenable » de François Mitterrand, alors qu’en janvier 2002, François Bayrou lançait qu' »il y en a marre qu’on nous prenne pour des imbéciles », alors que le président Chirac répétait que « le temps de la campagne n'(était) pas encore venu ».

Le président du CSA, Roch-Olivier Maistre, a rappelé mardi dans un entretien à l’AFP que « quand le président de la République s’exprime en tant que chef de l’Etat stricto sensu, on ne comptabilise pas son temps d’expression. A l’inverse, quand il s’exprime dans le débat politique national, alors son temps de parole est décompté par le CSA comme les autres personnalités politiques. Mercredi soir, on fera pareil. »

bur-pab-cgu/jk/or

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