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Mélenchon veut être élu « Premier ministre » aux législatives, « 3e tour » de la présidentielle

Défait de peu au premier, il veut un "troisième tour": le troisième homme de la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a demandé mardi aux Français de l'élire "Premier ministre" aux législatives de juin, qu'ils choisissent...

L'affiche électorale de Jean-Luc Mélenchon collée sur celle d'Emmanuel Macron, à Paris, le 19 avril 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - JOEL SAGET)

Défait de peu au premier, il veut un « troisième tour »: le troisième homme de la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a demandé mardi aux Français de l’élire « Premier ministre » aux législatives de juin, qu’ils choisissent Emmanuel Macron ou Marine Le Pen dimanche.

Jean-Luc Mélenchon au Cirque d’hiver de Paris, le 10 avril 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Emmanuel DUNAND)

Le chef de file des Insoumis s’était montré combatif le soir du premier tour, quand il avait rassemblé 21,95% des voix, se plaçant largement en tête à gauche mais échouant à quelque 400.000 voix du second tour, derrière la candidate du Rassemblement national.

Cartes du vote pour Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle 2022, par commune des départements français, selon les résultats définitifs (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Kenan AUGEARD)

Mais il avait semblé passer la main à ses troupes, lâchant en fin de discours: « Faites mieux » à la présidentielle de 2027, pour laquelle il a promis de ne pas être candidat.

Mardi soir, après avoir passé une partie de la journée à discuter avec ses lieutenants en réunion d’inter-groupe parlementaire, il s’est plutôt projeté vers un combat très immédiat, les législatives des 12 et 19 juin.

« Je demande aux Français de m’élire Premier ministre » en votant pour une « majorité d’Insoumis » et de « membres de l’Union populaire » à ces élections, a-t-il déclaré sur BFMTV, dans sa première déclaration publique depuis le 10 avril.

Jean-Luc Mélenchon vise donc à imposer une cohabitation au futur vainqueur de la présidentielle, avec lequel il exclut toute « négociation ». Et ce, que ce soit Emmanuel Macron ou Marine Le Pen.

Il a d’ailleurs redit qu’il ne donnerait pas d’autre consigne au second tour que « pas une voix à Mme Le Pen », qui incarne « la contradiction totale » avec son programme « d’harmonie ». Mais « la question de savoir qui est président à ce moment-là » de cohabitation ne compte pas à ses yeux, car « c’est le Premier ministre qui signe les décrets », a-t-il affirmé, ajoutant vouloir appliquer son programme.

Les cadres de La France insoumise ont exhulté sur les réseaux sociaux. « Mélenchon à Matignon », s’est exclamé son ami député Alexis Corbière. « Un autre monde est toujours possible », a espéré la députée Caroline Fiat.

– « Ne pas réfléchir à l’ancienne » –

L’opération s’annonce difficile, mais les stratèges insoumis estimaient ces derniers jours, à l’image du directeur de campagne Manuel Bompard, que les « législatives seraient plus importantes que d’habitude parce que le président sera le plus mal élu de la Ve République ». La faute à une abstention potentielle élevée.

Alexis Corbière analyse auprès de l’AFP: « Il ne faut pas juste donner la perspective d’une opposition forte, mais dire que l’on peut gagner », que « l’affaire n’est pas perdue pour Mélenchon et son programme ». Selon lui, « rien ne sera réglé à la présidentielle et il ne faut pas réfléchir à l’ancienne ».

Pour réussir à mobiliser à des élections législatives traditionnellement moins courues par les électeurs, les Insoumis espèrent donner l’image d’une « Union populaire » élargie.

Dans ce but, ils ont appelé EELV, le PCF et le NPA à se rassembler derrière eux et leur programme, en proposant que l’attribution des circonscriptions soient appliqués à la proportionnelle des résultats du premier tour. Julien Bayou, le chef des Verts, a répondu qu’il espérait davantage.

Mais il a aussi dit, mardi, prévoir un aboutissement des négociations d’ici la fin de semaine prochaine. Un autre cadre d’EELV a même jugé « atteignable », devant des journalistes, qu’il y ait un accord « d’ici la fin de semaine pour donner un espoir » aux électeurs de gauche, qui vont voter à contre-coeur dimanche au second tour.

LFI va mener des rencontres bilatérales dans les prochains jours.

Mardi soir, le conseil national du Parti socialiste, sorte de parlement du parti, a adopté une résolution proposant de discuter avec l’ensemble des forces de gauche, dont LFI. Pour l’instant, le leader insoumis a indiqué ne pas vouloir discuter avec le PS.  

Soucieux de ne pas donner l’impression d’une « tambouille », Jean-Luc Mélenchon s’est défendu de préparer un simple « accord électoral », mais un « accord stratégique qui devient électoral ». « C’est pas la lutte des places mais la lutte des classes », a-t-il scandé.

Et il a posé ses conditions: « le logo (de l’Union populaire); on ne va pas le changer alors qu’il reste quelques semaines, et le programme porté en tête (de la gauche) est la base sur laquelle nous discutons ». Même si, a concédé le tribun, il est possible, sur certains points de désaccords, de « déconstruire ».

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