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Meurtre sanglant d’une postière de l’Ain: un homme « modèle » dans le box

"Serviable, éduqué, droit, sage": les proches de Mamadou Diallo, accusé du meurtre sanglant d'une postière en 2008, ont dressé lundi un portrait élogieux de celui qui a toujours...

L'agence postale de Montréal-la-Cluse, dans l'Ain, le 9 décembre 2014, où une postière a été tuée six ans plus tôt (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - PHILIPPE DESMAZES)

« Serviable, éduqué, droit, sage »: les proches de Mamadou Diallo, accusé du meurtre sanglant d’une postière en 2008, ont dressé lundi un portrait élogieux de celui qui a toujours nié son implication dans le crime.

La rue où habitait Gérald Thomassin, près de l’agence postale de Montréal-la-Cluse, dans l’Ain le 9 décembre 2014 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – PHILIPPE DESMAZES)

« Depuis le début, je déclare que je suis innocent, je n’ai rien à voir avec la mort de cette pauvre femme », a assuré l’accusé de 32 ans, vêtu d’une ample chemise blanche, au premier jour de son procès devant les assises de l’Ain à Bourg-en-Bresse. 

Treize ans après les faits, au terme d’une longue enquête qui a un temps pointé comme suspect Gérald Thomassin, ex-espoir du cinéma français devenu marginal puis porté disparu depuis 2019, Mamadou Diallo est le seul accusé du meurtre de Catherine Burgod.

Cette guichetière de 41 ans, alors mère de deux enfants et enceinte de cinq mois, a été découverte baignant dans une mare de sang dans l’agence postale de Montréal-la-Cluse (Ain) le 19 décembre 2008. 

A la barre lundi, une des personnes ayant découvert le corps a évoqué « une boucherie ». 28 coups de couteau ont été relevés sur le corps de la victime.

Si la piste crapuleuse a rapidement été privilégiée, avec un butin évalué à 2.490 euros, les enquêteurs ont longtemps peiné à récolter des éléments probants faute notamment de témoins oculaires. 

Leurs soupçons se sont d’abord portés sur Gérald Thomassin, qui résidait alors en face de la petite poste et dont le comportement avait attisé les soupçons. « Cette piste, on y croyait », a admis à la barre l’ancien directeur d’enquête Emmanuel Roy.

Mais en 2017, l’affaire rebondit lorsqu’une correspondance est établie entre l’ADN prélevé sur un monnayeur et un sac trouvé près du corps de la victime et celui de Mamadou Diallo, qui au moment des faits effectuait un stage près de Montréal-la-Cluse.

L’accusé a reconnu s’être rendu le matin du meurtre dans l’agence postale, mais soutient avoir découvert le corps de la quadragénaire et pris la fuite dans la panique après s’être emparé d’une liasse de billets. « Quelques billets de 20 euros », selon son avocate Sylvie Noachovitch. 

– « J’ai eu peur » –

Mamadou Diallo ne présente pas un pedigree de coupable idéal. Son casier judiciaire mentionne uniquement un excès de vitesse et ceux qu’il l’ont fréquenté en dressent un portrait très flatteur, à commencer par ses proches.

« C’est un modèle pour nous », a assuré lundi à la barre son frère aîné, chemise et pantalon noirs, vantant une personne « très serviable, très volontaire, avenante » qu’il n’a « jamais vu en colère ».

« C »est mon soleil, je voulais faire des enfants avec lui, acheter un appartement, je connais la pureté de son coeur. Je souhaite que vous puissiez lire en lui », a ensuite confié, très émue, Elisa, compagne de l’accusé. 

Un ancien employeur, pour lequel a travaillé l’accusé entre 2012 et 2018 comme auxiliaire ambulancier et chauffeur de taxi, a lui confié sa « grande stupéfaction » face aux accusations visant cet ancien employé discret et « apprécié ».

Un peu emprunté au moment d’être interrogé sur son parcours, l’accusé, de son propre aveu « impressionné » par son procès, se voit comme « quelqu’un qui aime aider son prochain ». 

« Cette vocation-là, ce jour-là, vous ne l’avez pas eue », lui renvoie l’avocate des parties civiles Séverine Debourg, lui reprochant en creux d’avoir préféré fuir la scène de crime en empochant de l’argent plutôt que d’appeler à l’aide. 

« J’ai eu peur », répond l’accusé, qui redoute une « erreur judiciaire » et a exprimé sa compassion envers la famille de la victime.

« On cherche un coupable (…) mais il ne faut pas commettre d’erreur, parce que, là encore, ce serait une erreur judiciaire monstrueuse », a affirmé son avocate, qui reproche aux enquêteurs d’avoir négligé d’autres pistes, comme des traces ADN non identifiées ou celle d’une voiture bleu-vert vue ce matin-là près du bureau de poste.

L’accusé, dont certaines déclarations face aux enquêteurs ont été changeantes voire inexactes, a promis de « raconter (sa) vérité cette semaine », sans toutefois mesurer tout à fait l’ambiguïté de ces mots.

De son côté, Me Debourg souhaite « faire jaillir ce qui sera la vérité judiciaire » d’une affaire aux nombreuses zones d’ombre. 

L’accusé risque la réclusion criminelle à perpétuité. Verdict attendu le 4 avril.

ag/mb/npk

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