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Nicolas Zepeda condamné à 28 ans de réclusion pour l’assassinat de Narumi Kurosaki

Au terme d'un procès particulièrement éprouvant, la cour d'assises du Doubs a condamné mardi le Chilien Nicolas Zepeda à 28 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat de son ancienne petite amie japonaise...

Le Chilien Nicolas Zepeda, accusé d'avoir assassiné son ex-compagne japonaise en France en 2016, au premier jour de son procès devant la cour d'assises du Doubs à Besançon le 29 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - PATRICK HERTZOG)

Au terme d’un procès particulièrement éprouvant, la cour d’assises du Doubs a condamné mardi le Chilien Nicolas Zepeda à 28 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de son ancienne petite amie japonaise Narumi Kurosaki, en décembre 2016 à Besançon.

Ce croquis d’audience réalisé au palais de justice de Besançon le 29 mars 2022 montre le père de l’accusé Nicolas Zepeda au premier jour de son procès dans lequel il est accusé d’avoir assassiné son ex-compagne japonaise (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Benoit Peyrucq)

A l’énoncé du verdict, prononcé après quatre heures de délibéré, le jeune homme de 31 ans, à l’encontre duquel avait été requise la réclusion criminelle à perpétuité, est resté figé, visiblement abattu.

L’avocat général Etienne Manteaux à son arrivée au tribunal judiciaire de Besançon, au dernier jour du procès de Nicolas Zepeda, condamné à 28 années de réclusion pour l’assassinat de Narumi Kurosaki, le 12 avril 2022. (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – SEBASTIEN BOZON)

Lui faisant face, la mère de Narumi l’a observé attentivement, la tête légèrement penchée, mouchoir à la main et tenant toujours bien serrée la photo de sa fille qu’elle n’avait pas lâchée depuis le début du procès, deux semaines plus tôt. 

Me Sylvie Galley, avocate de la famille de Narumi Kurosaki, répond à la presse après la condamnation de Nicolas Zepeda à 28 années de réclusion criminelle pour l’assassinat de la jeune fille, au tribunal judiciaire de Besançon, le 12 avril 2022. (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – SEBASTIEN BOZON)

« Même si aucune réponse n’a été apportée (sur les circonstances de la mort de Narumi), au moins, cette fois, la condamnation est acquise », a réagi Me Sylvie Galley, avocate de la famille de la victime.

Me Randall Schwerdorffer, avocat d’Arthur Del Piccolo, dernier petit ami de Narumi Kurosaki, répond à une journaliste devant le tribunal judiciaire de Besançon, au dernier jour du procès de Nicolas Zepeda, condamné à 28 années de réclusion pour l’assassinat de l’étudiante japonaise, le 12 avril 2022. (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – SEBASTIEN BOZON)

« Après cinq années passées à attendre ce procès, la famille est soulagée. (Sa mère et sa soeur présentes au procès) avaient tellement peur que l’on croie Nicolas Zepeda et que l’on n’entende pas leur souffrance et leur douleur », a-t-elle ajouté, espérant qu’il n’y aurait pas de procès en appel.

L’avocate de Nicolas Zepeda, Me Jacqueline Laffont, ne s’est toutefois pas immédiatement prononcée sur ce point.

« Le portrait qui avait été dressé de Nicolas Zepeda, d’un monstre froid, n’a pas été retenu par la cour d’assises » qui n’a pas prononcé la peine maximale, a-t-elle relevé, évoquant « un procès difficile ».

De son côté, Me Randall Schwerdorffer, avocat du petit ami français de l’étudiante au moment des faits, a salué une « peine très juste et réfléchie ».

– « Procès exceptionnel » –

Lors de ce procès « particulièrement fort en émotions », selon les mots du président de la cour Matthieu Husson, Nicolas Zepeda n’a jamais cessé de clamer son innocence. 

« Je ne suis pas qui je voudrais, mais je ne suis pas un assassin, je ne suis pas l’assassin de Narumi », a-t-il encore déclaré, en français, lors de sa dernière prise de parole mardi matin. 

« Je n’ai jamais voulu être au milieu de la douleur de la famille de Narumi, je n’ai jamais voulu être au milieu de la douleur de ma propre famille, de ma propre douleur », a ajouté le Chilien.

Longtemps impassible au cours des débats, Nicolas Zepeda avait fini par craquer et hurler, en larmes, « je n’ai pas tué Narumi ! Moi aussi je veux savoir ! », quand sa propre avocate lui avait à son tour demandé jeudi s’il était en mesure « d’aider à retrouver » le corps de la jeune fille.

Lundi, l’avocat général Etienne Manteaux s’était attaché à démontrer « avec la plus profonde et entière conviction (…) la pleine culpabilité de Nicolas Zepeda ». Avec un magistrat instructeur et deux enquêteurs chargés de ce dossier, il s’était rendu au Chili pour demander l’extradition de Nicolas Zepeda, finalement obtenue à l’été 2020.

« La justice chilienne a permis la tenue de ce procès exceptionnel où il était présent dans le box des accusés. Les débats ont été d’une qualité et d’une tenue extraordinaires », a salué Etienne Manteaux à la sortie de la salle d’audience.

– Interdiction de territoire –

L’étudiante de 21 ans était arrivée à Besançon à l’été 2016 pour y apprendre le français avant de rompre avec Nicolas Zepeda qu’elle avait rencontré lorsqu’ils étudiaient tous deux au Japon.

Sans la prévenir, Nicolas Zepeda était venu la retrouver à Besançon et avait passé avec elle la nuit du 4 au 5 décembre 2016. Personne n’a plus revu la jeune femme depuis et son corps jamais retrouvé.

Faute d’aveux, les circonstances de la mort de Narumi Kurosaki et ce qu’il est advenu de son corps restent ainsi un mystère.

Mais selon l’accusation, Nicolas Zepeda a étouffé ou étranglé Narumi avant de se débarrasser de son corps, sans doute dans la rivière du Doubs, non loin de Dole (Jura). Il a ensuite piraté les comptes de Narumi Kurosaki sur les réseaux sociaux pour envoyer des messages à ses proches et la faire passer pour vivante, le temps de regagner le Chili.

Nicolas Zepeda a également été condamné à une interdiction définitive du territoire français et à verser, conformément aux demandes des avocats, 180.000 euros à la famille Kurosaki.

Dans un communiqué lu par son avocat à l’issue de l’audience, Kyosuke Nagata, le président de l’Université de Tsukuba, située non loin de Tokyo et où Narumi Kurosaki avait étudié, a dit espérer « que mademoiselle Kurosaki pourra un jour se retrouver auprès de sa famille » qui n’a pas pu lui offrir de funérailles jusqu’à présent.

as-maj/ha/tes

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