Couverture du journal du 24/06/2022 Consulter le journal

« On nous vole notre jeunesse! »: sur la piste de la Java, la colère des fêtards avant la fermeture

"On a besoin de danser!", "on nous vole notre jeunesse!": une foule de jeunes fêtards s'est retrouvée jeudi soir au club parisien La Java, bravant la pluie pour sortir en boîte de nuit une dernière fois avant quatre semaines...

Des fêtards sortent une dernière fois en boîte de nuit avant quatre semaines de fermeture des discothèques pour raisons sanitaires (Crédit photo : © FLORIAN DAVID)

« On a besoin de danser! », « on nous vole notre jeunesse! »: une foule de jeunes fêtards s’est retrouvée jeudi soir au club parisien La Java, bravant la pluie pour sortir en boîte de nuit une dernière fois avant quatre semaines de fermeture des discothèques pour raisons sanitaires. 

« Ce soir, je reste jusqu’à la fermeture pour terminer en beauté », promet David, chargé de communication de 23 ans, tenté par le thème house disco de cette soirée d’adieu. « Je travaille demain, mais ça n’a pas de prix d’être ici. » 

A partir de vendredi 6H00 et « jusqu’au 6 janvier inclus », les discothèques françaises ferment leurs portes. La riposte face à la cinquième vague de Covid-19 – annoncée lundi par le Premier ministre Jean Castex – suscite la colère parmi les jeunes fêtards, alors que les clubs avaient déjà fermé seize mois durant la pandémie.

« On nous vole notre jeunesse ! », tonne Marine, 19 ans, venue avec ses amis Noé et Juan dès 22H30 pour profiter une dernière fois de la piste déjà compacte, animée jusqu’à minuit par un « apéro électro ».

« C’est la faute des +antivax+, c’est pour ça qu’on est dans la merde », gronde Mauricio, un Brésilien de 25 ans, s’économisant quelques minutes dans le fumoir avec deux amies de la fac pour tenir jusqu’au premier RER. 

L’étudiant en management de 25 ans, qui a hâte « de recevoir (sa) dose de rappel de vaccin », dit sortir tous les week-ends, sans masque. « Mais rien ne m’est arrivé, même pas un petit rhume ! », affirme-t-il, remettant en question les mesures sanitaires.

Selon l’étude ComCor de l’Institut Pasteur réalisée du 23 mai au 13 août, les boîtes de nuit constituent pourtant « des lieux à haut risque de transmission » car clos et mal ventilés, où le coronavirus peut rester plus facilement en suspension dans l’air. 

« On n’a pas l’impression de faire quelque chose de mal (…) ici, tous les gens sont vaccinés et sont jeunes, donc il n’y a pas de grands risques pour eux », objecte le gérant, Alexandre Pinchon, 30 ans. 

Il est contraint de laisser quinze salariés sur le carreau, trois mois tout juste après avoir rouvert la boîte qu’il venait de reprendre avec son frère Alban.

– « Besoin de danser » –

Le patron de la Java souligne que le monde de la nuit est « un des secteurs les plus contrôlés »: à l’entrée du 105, rue du Faubourg-du-Temple, trois vigiles zélés contrôlent simultanément pass sanitaires et pièces d’identité pour éviter les faux, et rappellent l’obligation du port du masque. Et pour les têtes de linotte, il faudra quémander un masque dans les rares restaurants encore ouverts aux alentours.

Mais à l’intérieur, une fois descendu d’un escalier bondé et passé par les vestiaires, les masques tombent, les visages se découvrent. La foule se masse devant les platines, une écocup à la main, délaissant les canapés des alcôves pour danser en cadence sur un son d’abord planant, puis chargé de basses cadencées à plus de 100 bpm sur lesquels les jeunes clients s’expriment une dernière fois.

Le Premier ministre Jean Castex avait relevé lundi en conférence de presse que le port du masque, devenu obligatoire fin novembre dans tous les lieux fermés en France même avec le pass sanitaire, était « extrêmement difficile (à faire respecter) dans ces établissements » et que « le virus (circulait) beaucoup chez les jeunes, même vaccinés ».

Après une tournée de trois shots au bar, Mathilde dit s’étonner que « le vaccin et le pass sanitaire » ne soient plus jugés suffisants par le gouvernement et qu’il « restreigne (ses) libertés ». « Cette fermeture, c’est de la connerie », résume-t-elle.

Alors la Parisienne de 26 ans, vendeuse en pâtisserie, l’affirme: elle bravera l’interdit pour se rendre ces prochaines semaines à des soirées illégales dans des entrepôts ou des rames de métro désaffectés, qu’elle affirme avoir expérimentées « à chaque confinement ». « La fête fait partie de la culture, on a besoin de danser, de vivre l’instant, de profiter de ce moment. »

jnd/am/spi

Annonces légales

Vos annonces légales au meilleur prix dans toute la France.

Avocats, Notaires, Experts-comptables

Particuliers et Entrepreneurs

Formalités juridiques

Soulagez vos équipes et libérez du temps pour des travaux à forte valeur ajoutée.

Vos formalités juridiques