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Pétrole : l’Opep+ reste attentiste devant les craintes liées à la Chine

Nouvelle réunion éclair et sans surprise pour les pays producteurs de pétrole de l'Opep+, qui ont convenu jeudi d'une nouvelle hausse marginale de leur production d'or noir, confortés par les risques qui pèsent sur la...

Des plate-formes pétrolières au large de la Californie, le 6 octobre 2021 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Frederic J. BROWN)

Nouvelle réunion éclair et sans surprise pour les pays producteurs de pétrole de l’Opep+, qui ont convenu jeudi d’une nouvelle hausse marginale de leur production d’or noir, confortés par les risques qui pèsent sur la demande sur fond de restrictions anti-Covid en Chine.

Une raffinerie de pétrole du géant Gazprom Neft, dans la périphérie de Moscou le 28 avril 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Natalia KOLESNIKOVA)

Les représentants des treize membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix partenaires (Opep+) ont décidé « d’ajuster à la hausse la production totale mensuelle de 432.000 barils par jour pour le mois de juin », a annoncé l’alliance dans un communiqué.

Une station de métro fermée à Pékin, le 4 mai 2022, en raison de la pandémie de Covid (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Jade GAO)

Comme les mois précédents, le cartel s’en tient à sa stratégie d’augmentation très graduelle de sa production, « au vu des fondamentaux et perspectives suggérant un marché équilibré ».

Après avoir procédé à des coupes drastiques au printemps 2020 face au choc de la pandémie, les 23 membres ont commencé à rouvrir les vannes au printemps 2021.

Trop lentement toutefois au goût des Occidentaux, États-Unis en tête, alors que les cours se sont envolés depuis l’invasion de l’Ukraine.

Ils se sont encore enflammés cette semaine après l’annonce d’un projet d’embargo européen sur le pétrole russe, les deux références de l’or noir ayant évolué brièvement jeudi au-dessus des 110 dollars le baril, soit une hausse de 10 à 15% comparé au 24 février.

Pour Edward Gardner, de Capital Economics, « cela laisse penser que le marché est plus contraint du côté de l’offre que ne le laisse entendre l’Opep+ ».

– La Chine, nouvel argument –

L’alliance a jusqu’à présent résisté aux appels de toutes parts à accélérer le rythme, une prudence désormais renforcée par la situation en Chine.

Largement épargné depuis deux ans, le pays affronte ces dernières semaines sa pire flambée épidémique, qui met à mal sa stratégie zéro Covid.

Pékin a fermé mercredi des dizaines de stations de métro et ses habitants redoutent désormais un confinement, comme à Shanghai, la plus grande ville de Chine avec 25 millions d’habitants où la plupart des cas sont enregistrés.

« Le ralentissement de l’activité en Chine est certainement un facteur justifiant un statu quo de l’Opep+, en dépit de la pression internationale pour augmenter l’offre devant la crise énergétique actuelle », souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste de la banque Swissquote, interrogée par l’AFP.

Pèsent aussi sur le marché les craintes d’un ralentissement économique mondial causé par la guerre en Ukraine.

Le Fonds monétaire international (FMI) a fortement abaissé fin avril ses prévisions de croissance mondiale pour 2022 en raison des « ondes sismiques » provoquées par le conflit, notamment de l’inflation galopante qui mine le pouvoir d’achat des consommateurs.

Dans ce climat fébrile, l’Opep+ a récemment révisé à la baisse ses propres estimations.

– Géopolitique et quotas –

À la demande chancelante, s’ajoute aussi un élément géopolitique pour expliquer l’attentisme de l’Opep+, fait valoir Mme Ozkardeskaya, évoquant « une bataille de pouvoir autour de l’approvisionnement en pétrole ».

Malgré la guerre, le groupe « reste allié à la Russie et œuvre contre la volonté des États-Unis d’augmenter la production de brut », argue l’analyste. « Les pays de l’Opep+ ne sont tout simplement pas disposés à remplacer le pétrole russe ».

Pour Stephen Innes, analyste chez Spi Asset Management, cette politique « devient de plus en plus intenable » et « contraire à la mission » de régulation du marché de cette alliance forgée en 2016.

Mais encore faudrait-il que l’alliance parvienne à respecter les quotas qu’elle affiche.

Or, entre manque d’investissements dans les infrastructures pétrolières chez certains pays membres ou problèmes opérationnels, le cartel échoue régulièrement à atteindre ses objectifs de production.

emb/anb/bt

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