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P&O: Londres veut un salaire minimum dans le transport maritime européen

Le gouvernement britannique travaille avec ses partenaires européens dont la France à un salaire minimum pour les travailleurs sur les liaisons de transport maritime européennes, après le récent licenciement sec de 800...

Le ministre des Transports britannique Grant Shapps, à Londres le 8 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - JUSTIN TALLIS)

Le gouvernement britannique travaille avec ses partenaires européens dont la France à un salaire minimum pour les travailleurs sur les liaisons de transport maritime européennes, après le récent licenciement sec de 800 salariés par la compagnie de ferrys P&O.

Le bureaux de la compagnie de ferrys P&O près du port de Douvres, le 18 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Glyn KIRK)

« J’ai déjà contacté mes homologues en France, Danemark, Pays-Bas, Irlande et Allemagne pour aborder la question d’un salaire minimum pour les travailleurs maritimes sur les routes directes entre nos pays », a annoncé mercredi le ministre des Transports Grant Shapps au Parlement, ajoutant avoir déjà reçu « une réponse très positive » côté français.

Un ferry de la compagnie P&O quitte le port de Liverpool, le 23 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Paul ELLIS)

« La majeure partie du droit maritime est régie par des règles, des obligations et des traités internationaux, ce qui signifie que nous ne pouvons pas espérer régler seuls ces problèmes », a fait valoir M. Shapps, précisant son intention d’instaurer des « corridors de salaire minimum » sur les liaisons intra-européennes maritimes.

Le licenciement du jour au lendemain, le 17 mars, de 800 marins par P&O, qui les remplace par des travailleurs externalisés payés en moyenne 5,5 livres (6,5 euros) par heure, largement sous le salaire minimum britannique qui passe à 9,5 livres au premier avril, n’en finit pas de faire des vagues au Royaume-Uni.

Le ministre des Transports a dévoilé mercredi devant le Parlement britannique une série de mesures destinées à garantir les conditions de travail et de sécurité sur les ferries circulant au départ ou à l’arrivée du Royaume-Uni ou à l’intérieur du pays.

Il compte notamment donner dès mercredi aux ports britanniques le pouvoir de refuser l’accès aux compagnies de ferries qui ne paieraient pas leurs employés au salaire minimum.

Les contrôles seront renforcés, tant au niveau des conditions de travail que de la sécurité sur les navires, a prévenu le ministre, alors que les autorités maritimes ont immobilisé deux navires de P&O ces derniers jours, l’un à Douvres et l’autre à Larne en Irlande du nord, en raison de lacunes dans la documentation, les équipements d’urgence et la formation des équipages.

Par ailleurs, les entreprises n’ayant pas fait d’efforts de négociations raisonnables avant de mettre en oeuvre des licenciements pour réembaucher de la main d’oeuvre moins chère pourront se voir infliger une majoration de 25% des indemnités de licenciement, a encore annoncé M. Shapps.

– « Trop peu, trop tard » –

C’est « bien trop peu, bien trop tard », a immédiatement taclé le secrétaire général du syndicat sectoriel RMT Mick Lynch dans un communiqué, appelant le gouvernement à « des réformes plus rapides et plus radicales pour sauver les marins britanniques ».

« Le Premier ministre a déclaré à plusieurs reprises devant le Parlement que le gouvernement agirait en justice pour sauver les emplois » des marins de P&O, « mais il n’a pas tenu parole », a-t-il déploré.

Le ministre des Transports a cependant demandé mercredi à une agence gouvernementale chargée intervenir en cas d’inconduite de dirigeants d’entreprise, d’examiner si le patron de la compagnie de ferries P&O Peter Hebblethwaite devait être écarté de son poste.

M. Hebblethwaite, qui a rejeté les appels à la démission du gouvernement, a aussi écarté l’hypothèse de ré-embaucher les 800 employés limogés, jugeant que cela entraînerait « un effondrement de l’entreprise, avec la perte irrémédiable de 2.200 emplois supplémentaires ».

P&O ne cesse de répéter que son modèle de coûts actuel n’était pas tenable et que l’entreprise, qui a été frappée de plein fouet par la pandémie et l’effondrement des voyages internationaux, perdait 100 millions de livres par an.

Londres a par ailleurs annoncé mercredi son intention de plaider auprès de l’Organisation internationale du Travail pour un ensemble de principes communs pour les travailleurs maritimes, dont un salaire minimum et un cadre mondial pour la formation des marins.

M. Shapps a encore annoncé des réformes pour faciliter l’immatriculation des navires au Royaume-Uni et améliorer l’attractivité du pavillon britannique.

Près de 200 syndicats internationaux de transport maritime et 10.000 travailleurs du secteur ont écrit mercredi à DP World, maison mère de P&O établie à Dubaï, pour protester contre le licenciement sec des 800 marins.

Une nouvelle manifestation à ce sujet est prévue jeudi à Liverpool.

ode/js/spi

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