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Pornographie: cinq sites sommés par le CSA de bloquer leur accès aux mineurs

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a haussé le ton envers cinq sites pornographiques, sommés d'empêcher d'ici 15 jours les mineurs d'accéder à leurs contenus, sous peine de voir leurs...

Pornhub, Tukif, Xhamster, Xvideos et Xnxx sommés par le Conseil supérieur de l'Audiovisuel (CSA) d'empêcher leur accès aux mineurs (Crédit photo : © Valery HACHE)

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a haussé le ton envers cinq sites pornographiques, sommés d’empêcher d’ici 15 jours les mineurs d’accéder à leurs contenus, sous peine de voir leurs plateformes bloquées sur décision judiciaire. 

Cinq sites -Pornhub, Tukif, Xhamster, Xvideos, Xnxx- sont concernés par les mises en demeure du CSA, publiées lundi.

« Avec ces décisions, nous en appelons à la responsabilité des opérateurs qui se doivent de mettre en place les dispositifs nécessaires pour empêcher l’accès des mineurs à leurs contenus », a déclaré à l’AFP le CSA. « Un mineur, et en particulier un enfant qui se retrouve devant des contenus inadaptés, tels que les contenus pornographiques, peut être durablement, et a minima, choqué. »

Le code pénal interdit d’exposer les mineurs à des photos et vidéos pornographiques et la loi sur les violences conjugales du 30 juillet 2020 précise que les sociétés concernées ne peuvent s’exonérer de leurs responsabilités en se contentant de demander à un internaute s’il est majeur.

Depuis l’entrée en vigueur de cette loi, le CSA peut saisir le président du tribunal judiciaire qui peut demander aux fournisseurs d’accès internet le blocage des sites contrevenants.

Le CSA a pris cette décision après avoir été saisi fin novembre 2020 par trois associations, l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique (Open), l’Union nationale des associations familiales (Unaf) et le Conseil français des associations pour les droits de l’enfant (Cofrade).

Ces organisations visaient au départ huit sites pornographiques qui étaient, écrivaient-elles alors, en infraction car « ils ne comportaient qu’un simple +disclaimer+ –autrement dit un message d’avertissement permettant à l’internaute de déclarer être majeur– » pour restreindre leur accès.

– De plus en plus violents –

Plusieurs associations de protection de l’enfance tirent la sonnette d’alarme depuis des mois face à la recrudescence du visionnage d’images violentes et très crues par des mineurs de plus en plus jeunes.

« Nous sommes très contents de cette initiative du CSA et confiants que cela puisse aboutir », a réagi auprès de l’AFP Justine Atlan, directrice de l’association e-Enfance, qui avait intenté avec une autre association, La Voix de l’enfant, une action en justice pour demander le blocage de sites pornographiques par les fournisseurs français d’accès à internet – requête rejetée début octobre.

« Il est important de mettre sous pression les sites pornographiques pour qu’ils ne puissent pas continuer à ne pas respecter le cadre légal de l’industrie qu’ils ont choisie, qui stipule de ne pas exposer les mineurs à la pornographie », a-t-elle ajouté.

« La pornographie actuelle sur internet a des contenus plus violents, du +revenge porn+ (soit des contenus pornographiques visant à humilier une personne, ndlr), du sexe sans consentement. Cela a des conséquences sur les pratiques sexuelles que les jeunes reproduisent: brutalité, problème de consentement, pression de performance… », déplore Justine Atlan.

« Nous adultes, devons protéger les enfants et mesurer les conséquences de ces images sur (leur) esprit », a réagi Martine Brousse, présidente de la Voix de l’enfant, tandis que le député LREM Bruno Studer, président de la Commission des affaires culturelles, qui portera en janvier une proposition de loi sur les dispositifs de contrôle parental, souligne que la France est résolue « à protéger de manière inédite les enfants des contenus inappropriés et choquants ».

Parmi les cinq sites mis en demeure, Pornhub et Xhamster, établis à Chypre, appartiennent au géant du porno MindGeek, également propriétaire de YouPorn, qui est domicilié juridiquement au Luxembourg. Xvideos et Xnxx sont quant à eux installés en République tchèque et Tukif au Portugal.

Quatre de ces plateformes (Pornhub, Xhamster,  Xvideos, Xnxx) figurent parmi les 50 sites les plus consultés en France, selon les données compilées par le site d’audience numérique SimilarWeb. 

Le webmaster du site Tukif expliquait pour sa part à la publication Next INpact que la France représentait « 60% des accès au site TuKif.com, soit entre 12 et 18 millions d’utilisateurs uniques par mois pour un total de plus de 20 millions de visites mensuelles depuis la France ».

En Europe, les initiatives se multiplient pour tenter d’empêcher l’accès des mineurs aux sites pornographiques. 

En 2019, le gouvernement britannique avait adopté un texte pour contraindre l’authentification d’âge. Mais « il n’y avait pas de système de contrôle qui tenait la route », a indiqué à l’AFP Olivier Gérard, de l’Union nationale des associations familiales.

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