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« Pourquoi eux et pas nous? »: au procès de Brétigny, les victimes s’expriment

La voix nouée par l'émotion et les yeux souvent embués par les larmes, les parties civiles ont commencé à raconter mardi au tribunal d'Evry les conséquences sur leur vie de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, qui a fait 7...

Le déraillement du train Intercités Paris-Limoges en gare de Brétigny-sur-Orge, le 12 juillet 2013 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Kenzo TRIBOUILLARD)

La voix nouée par l’émotion et les yeux souvent embués par les larmes, les parties civiles ont commencé à raconter mardi au tribunal d’Evry les conséquences sur leur vie de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, qui a fait 7 morts et des centaines de blessés en 2013.

Infographie expliquant le déraillement d’un train Intercités le 12 juillet 2013 en gare de Brétigny-sur-Orge en raison du basculement d’une éclisse, pièce raccordant les rails, suite notamment à des défaillances de maintenance (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Sylvie HUSSON)

C’est Jean-Luc Marissal, le vice-président de l’association des victimes de Brétigny (EDVCB), qui le premier a pris la parole pour lire la lettre d’une victime une femme d’une soixantaine d’années, incapable de se rendre au procès car encore trop bouleversée.

Le déraillement du train Intercités Paris-Limoges en gare de Brétigny-sur-Orge, le 12 juillet 2013 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Kenzo TRIBOUILLARD)

Cet après-midi du 12 juillet 2013, Dominique D. se trouvait à bord du train Intercités Paris-Limoges, voiture 2, place 32, « adossée au petit espace à bagages ».

En traversant la gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), quand une éclisse, sorte de grosse agrafe reliant deux rails, se retourne et provoque le déraillement du train, elle voit « un monsieur éjecté de son siège ».

Dominique D. se souvient encore « du bruit, du chaos, de la montagne de ferraille » qui l’entoure.

Dans ce wagon renversé où il n’y a « plus de plancher », elle a dû « ramper pour sortir », passant à côté de « cette dame dont (elle) était persuadée qu’elle n’avait plus de jambes ».

Marquée physiquement – « les fractures, les hématomes » – et psychologiquement – « des crises d’angoisse qui arrivent et resteront » – elle en a pour trois ans de kiné et deux ans d’arrêt de travail.

« Depuis deux mois », a-t-elle encore expliqué dans sa lettre lue au tribunal, « je travaille à rentrer dans la gare, aller sur les quais, sans train puis avec train ».

« La première tentative avec un train qui arrive a été terrible », raconte-t-elle, décrivant des « fourmis dans les jambes » au moment de l’arrivée de la locomotive.

« La prochaine étape sera de faire un trajet court », espère-t-elle, un « Libourne-Bordeaux ».

L’arrivée du procès a particulièrement perturbé Dominique D., qui se demande encore « Pourquoi eux et pas nous? » en pensant aux morts.

Après son témoignage, d’autres parties civiles, des blessés ou des familles des personnes décédées pendant l’accident, ont pris la parole.

Plus d’une trentaine d’entre elles doivent s’exprimer pendant trois jours, après six semaines d’audiences plutôt techniques.

En tout, 435 victimes ont été identifiées et parmi elles, 184, dont 9 personnes morales, se sont portées parties civiles.

Le cadre qui a réalisé la dernière tournée de surveillance, SNCF Réseau (ex-RFF) et la Société nationale SNCF sont jugés jusqu’au 17 juin pour « homicides involontaires » et « blessures involontaires ».

leo/ali/cb/mpm

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