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Présidentielle: Macron accaparé par l’Ukraine, Pécresse positive au Covid

L'un fait à peine campagne, l'autre a contracté le Covid et doit la faire "à distance": la journée de jeudi confirme, si besoin était, le caractère atypique de la campagne présidentielle, à un...

Joe Biden, Emmanuel Macron et Boris Johnson devant l'Otan à Bruxelles le 24 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Brendan SMIALOWSKI)

L’un fait à peine campagne, l’autre a contracté le Covid et doit la faire « à distance »: la journée de jeudi confirme, si besoin était, le caractère atypique de la campagne présidentielle, à un peu plus de deux semaines du scrutin.

Course à la présidentielle : les principaux prétendants (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Muriel PICHON-DE-BOYSERE)

Le président-candidat Emmanuel Macron a participé jeudi à Bruxelles à trois sommets successifs de l’Otan, du G7 et de l’UE consacrés à la guerre en Ukraine. Il y a notamment proposé une « initiative pour la sécurité alimentaire » avec un « plan d’urgence de libération des stocks en cas de crise pour éviter toute pénurie et modérer les hausses de prix ».

Marine Le Pen lors d’une conférence de presse à Paris, le 23 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – STEPHANE DE SAKUTIN)

Cette intense séquence diplomatique l’éloigne de la campagne, à tel point que certains dans son camp s’interrogent sur les conséquences de son absence sur le terrain.

Le candidat EELV à la présidentielle française Yannick Jadot à Paris, le 21 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – STEPHANE DE SAKUTIN)

Balayant les accusations disant qu’il veut enjamber le rendez-vous de la présidentielle, la majorité n’a de cesse de répéter qu’il sera président jusqu’au dernier quart d’heure et explique sa présence réduite dans la campagne par un contexte international hors norme.

Le Premier ministre Jean Castex (d) tracte pour la présidentielle au Raincy, en Seine-Saint-Denis, le 24 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – BERTRAND GUAY)

Pas de déplacements, pas de bains de foule, pas de débat télévisé, des interventions médiatiques passant largement sous les radars : cela ressemble à du service minimum pour le président-candidat, largement en tête dans les sondages, à quelque 30% des intentions de vote au premier tour, même si une légère érosion, logique selon ses soutiens, est constatée après sa conférence de presse de présentation de son programme mi-mars.

La candidate LR à la présidentielle Valérie Pécresse donne une conférence sur son programme en matière de sécurité, le 24 mars 2022 à Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Alain JOCARD)

– Castex en VRP –

Un seul grand meeting est prévu, le 2 avril à La Défense (Hauts-de-Seine). Les autres réunions publiques se font sans lui, comme mercredi soir à Nice où se sont rassemblés des poids lourds de la macronie, tandis que les ministres sillonnent le terrain.

Jeudi matin, le Premier ministre Jean Castex a arpenté les rues de Saint-Saint-Denis pendant trois heures, tracts à la main, pour défendre son candidat.

Cette ligne est-elle tenable jusqu’au premier tour du 10 avril ?

Interrogé par la presse, Jean Castex a joué l’humilité, réaffirmant qu' »une élection n’est jamais gagnée » et que « dans le monde troublé qui est le nôtre l’excès de confiance en rien ne se justifie ».

« Le premier message à faire passer, c’est voter d’abord », a-t-il ajouté, alors que le manque de rythme de la campagne fait craindre une abstention record.

« La vérité, c’est qu’Emmanuel Macron est totalement absorbé par la crise internationale. C’est très compliqué d’exister, de faire campagne », estime un proche du chef de l’Etat.

– « Quelques symptômes » –

Déjà à la peine dans les sondages (autour de 11-12%), la candidate LR à la présidentielle Valérie Pécresse a elle contracté le Covid-19, l’obligeant à poursuivre sa campagne « à distance ».

« J’ai quelques symptômes mais rien de grave, je vous rassure », a-t-elle déclaré en duplex lors de l’émission « Elysée 2022 » sur France 2 jeudi soir, disant vouloir respecter le protocole.

Mais elle a dû adapter son programme annulant par exemple des déplacements vendredi à Bordeaux ou samedi dans les Bouches-du-Rhône.

Mme Pécresse avait présenté jeudi matin un projet de réforme de la Constitution pour « rétablir l’ordre ».

A seulement 17 jours du premier tour, des dynamiques semblent se confirmer et des positions se cristalliser désormais.

La candidate du RN Marine Le Pen est bien installée à la deuxième place des intentions de vote, un sondage OpinionWay-Kéa Partners publié jeudi la créditant de 20%, confirmant une dynamique ascendante.

Se disant confiante en ses chances d’accéder au second tour, elle a tendu la main aux électeurs de son rival à l’extrême droite Eric Zemmour, lequel subit une lente érosion dans les sondages passant sous la barre des 10% à 9%, selon l’enquête d’OpinionWay.

« Il ne le souhaite absolument pas » mais « personne n’est propriétaire de ses électeurs » et « je souhaite si je suis au second tour qu’ils nous rejoignent », a-t-elle affirmé sur M6.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a jugé dans la soirée sur France 5 que « Marine Le Pen est dangereuse pour le président de la République, elle peut gagner cette élection présidentielle ». « Elle a une stratégie qui a l’air de fonctionner, M. Zemmour l’a rendue plus +molle+ », a insisté cet ex-LR.

A gauche, le candidat de LFI Jean-Luc Mélenchon, qui se voit lui aussi au second tour, est également sur une pente favorable: certaines études d’opinion le placent à la troisième place, autour de 14%.

Le conflit en Ukraine a par ailleurs poussé les candidats à se positionner, remettant sur le devant de la scène les positions prorusses de Marine Le Pen, Eric Zemmour ou Jean-Luc Mélenchon.

L’écologiste Yannick Jadot, aux alentours de 5-6%, a de nouveau critiqué TotalEnergies jeudi, estimant que le pétrolier voulait le « faire taire en pleine campagne présidentielle » en le poursuivant en diffamation après ses accusations de « complicité de crimes de guerre » en Ukraine.

« Doucement avec les noms d’oiseaux, ce n’est pas le moment », a asséné jeudi soir M. Mélenchon sur France 2.

bur-ggy-lb/reb/swi

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