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Prix de l’alimentation: le gouvernement demande la réouverture des négociations commerciales

Face à la flambée des coûts de production liés à la guerre en Ukraine, le gouvernement a appelé vendredi distributeurs et industriels de l'agroalimentaire à se remettre autour de la table pour revoir les contrats tout juste signés le...

Julien Denormandie le 15 février 2022 à Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Ludovic MARIN)

Face à la flambée des coûts de production liés à la guerre en Ukraine, le gouvernement a appelé vendredi distributeurs et industriels de l’agroalimentaire à se remettre autour de la table pour revoir les contrats tout juste signés le 1er mars à l’issue des négociations commerciales. 

Une réunion a eu lieu en visioconférence dans la matinée, réunissant les différents maillons de la chaîne alimentaire. 

Faisant appel à leur « bon sens », les ministères de l’Agriculture et de l’Industrie leur ont demandé de « revoir le contenu de ces contrats », en s’appuyant sur les clauses de révision et de renégociation.

« Il y a une nécessité absolue d’un retour à la table des négociations », défend Christiane Lambert, présidente du syndicat agricole majoritaire FNSEA, « et une solidarité de filière est indispensable aujourd’hui ». 

Le gouvernement envisage également un moratoire sur les pénalités logistiques, des sanctions qui s’appliquent sur les fournisseurs quand les chaînes d’approvisionnement sont perturbées, comme c’est le cas en raison du conflit en Ukraine.

Côté distribution, « le positionnement a été différencié », a reconnu le ministère à l’issue de la réunion, certaines enseignes étant plus « vertueuses » et volontaristes que d’autres pour rouvrir des discussions à peine clôturées. 

Une réunion de suivi sur ce format aura lieu chaque semaine.

– Pas d’obligation de résultat –

Tous les ans, les négociations commerciales déterminent le prix de nombreux produits vendus par les industriels aux grandes surfaces, résultat d’une âpre lutte avec les distributeurs.

La tension était encore plus importante cette année en raison de l’inflation du coût des matières premières agricoles d’une part et des coûts industriels (énergie, emballages, transport) d’autre part.

Le gouvernement avait finalement annoncé que le prix des produits alimentaires payés aux industriels allait augmenter de l’ordre de 3% pour répercuter ces hausses en 2022, une première depuis huit ans.

Or les négociations se sont largement tenues avant le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, qui impacte lourdement la chaîne alimentaire, a reconnu le gouvernement.

« La loi Egalim a l’avantage d’offrir les clauses et les outils pour répondre en partie à la situation », a-t-il toutefois voulu rassurer. « Il y a des clauses de révision, si elles ne s’appliquent pas, il y a des clauses de renégociations ».

« Quand il y a de fortes variations sur l’énergie par exemple, les acteurs se remettent autour de la table pour revoir leurs tarifs », précise le ministère, les deux parties pouvant s’entendre sur une clause d’indexation automatique pour ne pas renégocier en permanence.

« Cela nous oblige à nous reparler, mais il n’y a pas d’obligation de résultats », nuance Dominique Chargé, représentant des 2.200 coopératives agricoles françaises. 

En l’absence d’accord, une médiation peut être engagée.

– Inflation en magasin –

« Nous demandons à ce que ces négociations se tiennent en urgence, et incluent aussi les marques distributeurs », qui ne rentrent pas dans le cadre des négociations annuelles, poursuit Dominique Chargé.

« Il ne s’agit pas de faire le match retour des négociations », a toutefois prévenu Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), en amont de cette réunion. 

A l’image du gouvernement, il dit attendre une certaine « transparence de la part des fournisseurs » pour justifier leurs demandes, précisant que les acteurs de la distribution tiendraient compte du coût de la matière première agricole et des difficultés d’approvisionnement.

Reste à savoir quel sera l’impact sur les consommateurs: pour Christiane Lambert de la FNSEA, « il va falloir oser parler de hausses substantielles » du prix de l’alimentation. Le gouvernement, de son côté, estime qu’il est encore « trop tôt pour conclure sur l’inflation attendue en magasin ».

Le sujet est d’autant plus sensible que le pouvoir d’achat est la principale préoccupation des Français, à moins d’un mois de l’élection présidentielle. Selon le panéliste NielsenIQ, la hausse moyenne des prix en février 2022 (par rapport à février 2021) est modérée, à 0,52%, mais beaucoup plus notable sur les marques de distributeurs premiers prix (+2,85%), pour lesquelles la matière première représente la part la plus importante du prix.

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