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Procès Brétigny: début de la plaidoirie de la SNCF, contre qui a été requise la peine maximale

Au procès de la catastrophe ferroviaire de Brétigny de 2013, la plaidoirie de la défense de la SNCF, cette "vieille dame" participant au "patrimoine national" contre qui a été requise la peine...

Me Emmanuel Marsigny, qui représente la SNCF au procès de la catastrophe ferroviaire de Brétigny de 2013, le 25 avril 2022 au tribunal d'Evry (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Emmanuel DUNAND)

Au procès de la catastrophe ferroviaire de Brétigny de 2013, la plaidoirie de la défense de la SNCF, cette « vieille dame » participant au « patrimoine national » contre qui a été requise la peine maximale, a débuté vendredi au tribunal d’Evry.

Infographie expliquant le déraillement d’un train Intercités le 12 juillet 2013 en gare de Brétigny-sur-Orge en raison du basculement d’une éclisse, pièce raccordant les rails, suite notamment à des défaillances de maintenance (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Sylvie HUSSON)

« Près de neuf ans après cette terrible catastrophe », qui a fait sept morts et des centaines de blessés, « ce terrible accident qui a fauché des vies et traumatisé des victimes innocentes, c’est une vieille dame qui à travers moi se lève », a plaidé Emmanuel Marsigny, avocat de la SNCF, contre laquelle ont été requis 450.000 euros d’amende pour blessures et homicides involontaires.

« Selon les réquisitions, ce terrible accident ne serait pas le fruit du hasard, d’un événement imprévisible », comme le défend la SNCF, « mais le résultat d’un certain nombre de fautes, (…) de dérives que la SNCF n’aurait rien fait pour empêcher », a poursuivi Me Marsigny. 

Pour le procureur, « d’autres Brétigny auraient pu arriver », mais « il n’y a pas eu d’autres Brétigny », a relevé Me Marsigny, dénonçant « l’outrance » d’un réquisitoire incapable « de déterminer un scénario précis » de l’accident.

Le 12 juillet 2013, le désassemblage d’une éclisse – sorte de grosse agrafe reliant deux rails – a provoqué le déraillement meurtrier d’un train Intercités en gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne).

Pour la SNCF, ce désassemblage a été soudain, imprévisible, provoqué par un défaut de l’acier. L’accusation soutient, au contraire, que la SNCF a « créé le contexte à l’origine de l’accident », lui reprochant « d’avoir bâclé et de ne pas avoir voulu passer de temps sur les opérations de maintenance ».

Au cours du procès, la SNCF a reconnu un vieillissement du réseau ferroviaire, mais contesté avoir failli à sa maintenance.

« La SNCF a-t-elle simplement le droit de se défendre face au banc de ces parties civiles, au banc de cette douleur que personne ne conteste ? », a demandé son avocat, évoquant les plus de 200 parties civiles.

« Oui Mesdames, Messieurs, vous êtes des victimes, vous êtes victimes d’un accident », a dit Me Marsigny. « Et je vous le dis, en vous regardant tous », a-t-il poursuivi en tapant plusieurs fois de la main sur son pupitre, « ce n’est pas parce que la SNCF se lève en contestant la faute pénale qu’elle met en cause votre statut de victime ».

La SNCF, cette « vieille dame » qui fait partie du « patrimoine national », n’est « pas dans le déni » comme décrite par le procureur, a assuré l’avocat, mais elle a été « sans arrêt caricaturée » pendant le procès. « Les victimes veulent des réponses et parfois elles ressentent de la haine. La haine doit-elle guider la main du juge ? »

La plaidoirie doit durer plusieurs heures. 

La décision du tribunal sera ensuite mise en délibéré.

clw-ali/cb/sp 

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