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Procès de Nicolas Zepeda: un flot de questions et des larmes

Au troisième jour de son procès à Besançon, où il répond de l'assassinat de Narumi Kurosaki, Nicolas Zepeda a maintenu que l'étudiante japonaise était vivante après leurs "belles retrouvailles", versant toutefois quelques larmes face à...

Nicolas Zepeda, un Chilien de 31 ans accusé d'avoir assassiné son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki, lors de son procès à Besançon, le 29 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Benoit Peyrucq)

Au troisième jour de son procès à Besançon, où il répond de l’assassinat de Narumi Kurosaki, Nicolas Zepeda a maintenu que l’étudiante japonaise était vivante après leurs « belles retrouvailles », versant toutefois quelques larmes face à un flot de questions sur ses incohérences.

Le Chilien de 31 ans a assuré jeudi devant la cour d’assises du Doubs avoir quitté la résidence universitaire de la jeune femme de 21 ans au terme de ces « belles retrouvailles » de trente heures, le 6 décembre 2016, jour de la disparition de l’étudiante. 

Pourtant, aprés ces retrouvailles, « jamais, vous n’avez contacté Narumi, ni sa famille. Pourquoi ? », a attaqué l’un des avocats des parties civiles, Me Randall Schwerdorffer, lors de ce premier interrogatoire sur les faits.

Avant d’asséner: « Vous aviez peut-être raison de ne pas l’appeler, si elle ne pouvait pas répondre. On n’appelle pas un mort ».

Le Chilien de 31 ans, qui clame son innocence et répondait jusque là d’une voix ferme et assurée, n’a pas achevé sa phrase, épongeant quelques larmes.

Les premières banderilles avaient été plantées par Me Sylvie Galley, l’avocate de la famille de Narumi Kurosaki, dont la mère et la soeur suivent silencieusement les débats sur le banc de la partie civile, serrant une photo de la victime et prenant tout en note.

« Est-ce qu’il vous arrive, à vous, de mentir, M. Zepeda ? », lui a lancé l’avocate, dans un moment de tension à propos des messages prétendument envoyés par l’étudiante après sa disparition mais attribués à M. Zepeda par les enquêteurs. D’étranges messages avec un énigmatique « merci de t’en soucier » en français, répété à plusieurs reprises.

« Je n’ai pas l’intention de mentir, j’essaie de faire toujours ce qui est correct », a répondu l’accusé, imperturbable, après un moment de silence.

– Jalousie –

Interrogé sur sa venue à Besançon où Narumi Kurosaki étudiait depuis l’été 2016 alors qu’ils avaient rompu à l’automne, Nicolas Zepeda, qui s’exprime en espagnol, a répondu la plupart du temps d’un air assuré, quitte à esquiver et à reprendre les interprètes qui assurent une traduction simultanée des débats.

« Cette enquête n’est pas exhaustive », a-t-il critiqué. Mais pour l’accusation, les choses sont claires : il n’a pas supporté la rupture et a étouffé Narumi avant de se débarasser de son corps, jamais retrouvé, dans une forêt du Jura.

Cherchant à écarter l’idée de retrouvailles houleuses, son avocate, Me Jacqueline Laffont, a produit devant la cour des photos des deux jeunes, souriants, lors de la soirée du 4 décembre.

« C’était une joie réciproque de vous retrouver ? », a-t-elle demandé à son client.  « Effectivement », a répondu le jeune l’homme en chemise blanche et cravate ajustée, réfutant par la suite avoir fait preuve d’une « jalousie excessive ».

Une jalousie à l’égard notamment des autres garçons que cotoyait l’étudiante. Dans une vidéo diffusée au cours de l’audience et enregistrée le 7 septembre 2016, le Chilien pose ses « conditions » mais affirme qu’elles resteront « sans effet » si elles s’y plie. Menaçant, il ajoute qu’elle doit « payer un petit coût pour ce qu’elle a fait ». Une sorte de « journal intime », a balayé Nicolas Zepeda.

Qu’a pu ressentir Narumi Kurosaki en recevant cette vidéo ? « Vous semblez ne pas répondre à la question », s’agace le président de la cour, Matthieu Husson, après plusieurs tentatives.

« Vous la surveillez et vous lui imposez d’être une +meilleure fille+ », insiste Me Galley face à un accusé qui cède à l’énervement en fin d’audience.

– « Narumi avait peur » –

En visioconférence depuis Tokyo, les jeunes femmes qui étudiaient avec Narumi Kurosaki en 2016 à Besançon, ont confirmé jeudi « qu’elle avait un problème avec son ex-petit ami ». « Narumi avait peur de lui », a confié Kaori Nishida.

« Il lui avait dit qu’il viendrait la retrouver en France, elle ne savait pas quoi faire », a abondé Miharu Kimura. « Elle était très embêtée ».

Celle-ci remarquera, quand la chambre de Narumi sera ouverte quelques jours après sa disparition, qu’il manquait une valise, ainsi qu’une couverture: « J’ai eu le sentiment que quelque chose de lugubre était arrivé ».

L’avocat général Etienne Manteaux a aussi noté l’absence de serviettes de toilette, avant d’évoquer une possible mort par strangulation.

Nicolas Zepeda encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour meurtre avec préméditation. Le procès doit se poursuivre jusqu’au 12 avril.

maj-as/ha/npk

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