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Procès d’un tabassage en 2015: Loïk Le Priol reconnaît les coups mais pas la préméditation

A son procès à Paris pour le tabassage d'un ancien ami en 2015, le militant d'ultradroite Loïk Le Priol, mis en cause en mars dernier dans le meurtre du rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, a cherché à faire profil...

Croquis d'audience du 1er juin 2022 montrant Loïk Le Priol (d) lors de son procès à Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Benoit PEYRUCQ)

A son procès à Paris pour le tabassage d’un ancien ami en 2015, le militant d’ultradroite Loïk Le Priol, mis en cause en mars dernier dans le meurtre du rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, a cherché à faire profil bas, reconnaissant les coups mais niant la préméditation.

« Rien de tout ça n’était prévu, ça a complètement dérapé », a-t-il affirmé devant le tribunal correctionnel.

Aujourd’hui âgé de 27 ans, Loïk Le Priol est jugé avec quatre autres personnes pour des « violences aggravées » commises en réunion, sous la menace d’une arme et avec préméditation à l’encontre d’Edouard K., qui dirigeait le groupuscule d’extrême droite Gud entre 2010 et 2012.

Mains jointes devant lui, tête souvent baissée, il a répondu d’une voix calme depuis le box aux questions du tribunal.

Assurant « regrette(r) tout ce qui s’est passé », il a livré son récit de la soirée du 8 octobre 2015, mettant en cause « une forte alcoolémie » et l' »effet de groupe » pour expliquer leur déchaînement de violence.

Selon l’enquête, le jeune homme a « reçu de nombreux coups de pieds et de poing, a été menacé d’un couteau, puis a été contraint de se déshabiller entièrement », pendant que Loïk Le Priol filmait la scène.

L’ex-commando marine, rapatrié d’une mission dans les forces spéciales en juillet 2015 pour stress post-traumatique, a expliqué qu’il se trouvait ce jour d’octobre 2015 à une fête au domicile d’Edouard K., « un ami » qui « a été très longtemps le leader de nous tous », et qu’il n’avait pas vu depuis longtemps.

– « La guerre continue à l’intérieur » –

Il reconnaît avoir appelé ses amis à le rejoindre, mais assure qu’ils voulaient seulement avoir une « explication » avec Edouard K, qui aurait tenu des propos désinvoltes, justifiant des violences passées envers deux ex-copines, amies de Loïk Le Priol.

Un autre prévenu, Romain Bouvier, également mis en examen et incarcéré pour le meurtre de l’ex-international de rugby Federico Martin Aramburu, a ajouté qu’Edouard K. se serait réjoui d’un grave accident de la route subi quelques semaines plus tôt par lui, Loïk Le Priol et « une amie d’enfance », alors dans le coma.

« Je lui en voulais terriblement », a-t-il reconnu, ajoutant qu’à l’époque, suite à l’accident, il consommait « de l’alcool plus que de raison » et se trouvait « dans un état psychologique déplorable ».

Loïk Le Priol, qui se trouvait au volant lors de l’accident, sera condamné à un an de prison avec sursis en janvier 2017 pour « violences involontaires ».

« Toute cette période de retour de mission est assez compliquée pour moi », s’est remémoré l’ancien militaire d’élite. Une fois rentré en France, « cette guerre, elle continue à l’intérieur de vous », a-t-il expliqué. « Cela n’excuse en rien tout ce qui a pu être fait sur M. Klein, mais je savais que je n’étais pas moi-même ».

Evoquant le suivi psychologique entamé, après une période de « déni », il a assuré avoir « eu une évolution énorme depuis » les faits.

Une affirmation qui fait réagir dans la salle d’audience, au vu de la mise en examen du jeune homme le 1er avril pour « assassinat », après la mort de l’ex-international de rugby Federico Martin Aramburu, suite à une altercation à Paris.

« Vous êtes présumé innocent et je ne poserai aucune question à ce sujet », a souligné Léon-Lef Forster, avocat d’Edouard K.

Il a en revanche repoussé l’idée que son client était « le méchant », qui « n’aurait subi que ce qu’il aurait mérité ».

Me Forster a contesté le motif de la défense d’amies maltraitées, ajoutant que « même si c’était vrai, ça ne justifie par un tabassage en règle ». Selon lui, la raison de l’agression serait plutôt la « blessure narcissique » d’un des prévenus, Logan Djian, qu’Edouard K. aurait traité de « balance » pour l’avoir mis en cause dans une autre enquête.

Retenant la préméditation, la procureure a souligné l' »asymétrie totale » de l’agression à cinq contre un et estimé que le fait de l’avoir filmée constituait « un outil à part entière de la violence subie » par Edouard K.

Elle a requis cinq ans de prison ferme à l’encontre de Romain Bouvier et de Logan Djian, et quatre ans ferme contre Loïk Le Priol, prenant en compte l' »altération du discernement » lors des faits retenue par l’expertise psychiatrique.

Concernant les deux autres prévenus, Kleber V. et Geoffrey L., moins actifs dans la commission des faits et qui ont eu « un parcours judiciaire et une évolution favorable » depuis, elle a requis cinq ans d’emprisonnement dont deux ans ferme, avec possibilité d’aménagement de peine.

Le tribunal rendra sa décision le 29 juin.

abb/pga/gvy

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