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Refus d’obtempérer à Paris: les policiers ressortent libres, passe d’armes entre Mélenchon et ses rivaux

Les trois policiers qui ont tiré à Paris sur une voiture qui leur aurait foncé dessus sont ressortis libres mardi de garde à vue, sans poursuites judiciaires à ce stade après la mort par balle d'une jeune passagère, qui suscite de...

La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, à Paris le 4 janvier 2020 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - MARTIN BUREAU)

Les trois policiers qui ont tiré à Paris sur une voiture qui leur aurait foncé dessus sont ressortis libres mardi de garde à vue, sans poursuites judiciaires à ce stade après la mort par balle d’une jeune passagère, qui suscite de vifs échanges politiques avant le premier tour des législatives.

Jean-Luc Mélenchon en campagne à Villeurbanne, le 4 juin 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – OLIVIER CHASSIGNOLE)

Après 48 heures de garde à vue à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), « ils sortent libres de toute charge », a déclaré à l’AFP Me Laurent-Franck Liénard. « Ils n’ont rien à cacher et démontreront leur respect des règles et la légitimité de leur action ».

Les investigations se poursuivent, confiées désormais à un juge d’instruction pour notamment « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique ».

Cette « information judiciaire permettra de retracer avec précision le déroulement des faits et de déterminer les circonstances exactes d’usage de leur arme par les policiers », a indiqué la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, dans un communiqué.

Le conducteur du véhicule, grièvement blessé par balle mais dont l’état de santé s’est amélioré, a été placé en garde à vue mardi pour notamment « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique ».

Il est soupçonné d’avoir refusé d’obtempérer samedi en fin de matinée dans le XVIIIe arrondissement, alors que des fonctionnaires à VTT ont voulu contrôler deux fois son véhicule. Les fonctionnaires ont fait feu et touché par balle dans la tête la passagère assise à l’avant, une jeune femme née en 2001, décédée le lendemain.

– « Police qui tue » –

« Après l’hystérisation et la politisation du débat, le temps est à l’enquête et à la sérénité » pour les enquêteurs, a tweeté le syndicat Unité SGP qui, comme son concurrent Alliance, a apporté son « soutien » aux policiers.

Ce contrôle a ravivé la question de l’usage de la force par les policiers et gendarmes et nourri une nouvelle passe d’armes entre le chef de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon et ses adversaires politiques.

M. Mélenchon a dit mardi sur France Inter assumer d’avoir fustigé ce weekend « une police qui tue ». Il a expliqué avoir « monté le ton » pour dénoncer « l’évolution de l’usage de la force de la police telle qu’elle est aujourd’hui définie par le pouvoir politique qui commande ».

« Si vous votez pour moi, je changerai la doctrine d’usage de la force de police dans notre pays » pour un usage « proportionné », a promis le numéro 1 de LFI, qui brigue le poste de Premier ministre si l’alliance de gauche (Nupes) emporte une majorité de sièges à l’Assemblée à l’issue des législatives des 12 et 19 juin.

– « Choquant » –

Se défendant d’être « antiflic », il a de nouveau pointé du doigt les « comportements factieux » selon lui de certaines « organisations politico-syndicales » policières.

Des mots qui ont déclenché une salve de critiques, au moment où la Nupes est identifiée par la majorité présidentielle comme son adversaire principal pour ce scrutin.

« Je trouve très choquant la façon qu’a Jean-Luc Mélenchon de s’en prendre systématiquement à la police avec des propos totalement outranciers », s’est émue la Première ministre Elisabeth Borne mardi sur France Bleu.

« Quatre morts en 4 mois. La mort d’une jeune femme de 21 ans abattue d’une balle dans la tête: pas grave pour #Borne », lui a aussitôt rétorqué M. Mélenchon sur Twitter. « Pour elle, moi seul suis un problème. Borne, Première ministre technocrate sans coeur, sans compassion humaine, sans principe républicain sur la force publique. »

« Il va trop loin », c’est un « dérapage contrôlé », a protesté le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti. « C’est insupportable de la part d’un haut responsable politique, particulièrement dans cette période électorale », a estimé le garde des Sceaux sur BFM TV, en lançant: « C’est le politburo de LFI qui rend la justice dans ce pays ? ».

Pour l’ex-candidate RN à la présidentielle Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon est « toujours du côté des voyous » et, à droite, le président des sénateurs LR Bruno Retailleau a réclamé ses « excuses aux policiers ».

Fin avril, à Paris, un policier avait été mis en examen pour « homicide volontaire », soupçonné d’avoir tué le conducteur et un passager d’une voiture qui aurait forcé un contrôle près du Pont Neuf. Et dans la nuit de lundi à mardi, un policier a blessé au dos un automobiliste soupçonné d’avoir refusé un contrôle à Argenteuil (Val-d’Oise).

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