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Il y a 40 ans, l’attentat du train « Capitole » entre Paris et Toulouse

Il est moins de 21h00 ce lundi 29 mars 1982 quand une bombe explose dans le Paris-Toulouse. L'attentat, pour lequel sera condamné le Vénézuélien Carlos, fait 5...

Une voiture détruite du train Paris-Toulouse, le "Capitole", au lendemain de l'explosion d'une bombe, le 30 mars 1982 près d'Ambazac, en Haute-Vienne (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - RENE JEAN)

Il est moins de 21h00 ce lundi 29 mars 1982 quand une bombe explose dans le Paris-Toulouse. L’attentat, pour lequel sera condamné le Vénézuélien Carlos, fait 5 morts et une trentaine de blessés.

Portrait datant du début des années 1970 d’Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, figure du terrorisme international des années 1970 et 1980 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – STAFF)

Le « Capitole » a quitté la gare de Paris-Austerlitz avec 300 passagers à 18h02. Il roule à 140 kilomètres/heure et se trouve à une vingtaine de kilomètres de Limoges, entre La Jonchère-Saint Maurice et Ambazac (Haute-Vienne), quand l’explosion survient, « à 20h42 précises » selon la SNCF.

Une voiture du TGV Marseille-Paris détruite par une bombe près de Tain-l’Hermitage, le 31 décembre 1983 dans la Drôme (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – LUC NOVOVITCH)

La deuxième voiture de tête « a été littéralement déchiquetée », écrit l’AFP. « Mais le conducteur a réussi à arrêter le convoi sur les rails, sans déraillement ». 

Une voiture du train Paris-Toulouse, le « Capitole », au lendemain de l’explosion d’une bombe qui a fait 5 morts, le 30 mars 1982 près d’Ambazac, en Haute-Vienne (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – RENE JEAN)

« A 23h00, plus de 200 sauveteurs – gendarmes, pompiers et Samu – s’activaient fébrilement dans l’obscurité pour dégager les corps emprisonnés dans l’enchevêtrement de ferrailles et de tôles ».

Les passagers survivants étaient « hagards sur le ballast éclairé par des projecteurs ». Un homme qui se trouvait près du sas dans la voiture suivante se souvient avoir vu « un trou et du feu ». « Le souffle a fait éclater la vitre et j’ai été entouré de flammes et projeté à terre », décrit un autre voyageur, blessé dans l’explosion.

Celle-ci a eu lieu « alors que le train passait près d’une maison habitée par des cheminots. La déflagration a tordu les barres des épais volets en bois et a fait éclater les vitres des fenêtres. Des débris de wagon ont été projetés dans les prés avoisinants », décrivent les dépêches. Cela a fait « le bruit d’un avion », selon la mère de famille.

– Bombe sur le porte-bagages –

Très vite, les enquêteurs du SRPJ de Limoges privilégient la piste d’un attentat et suspectent qu’un engin explosif a été déposé « sur le porte-bagages métallique » d’un compartiment voyageurs. 

L’attentat est revendiqué en 24 heures par plusieurs organisations, parmi lesquelles un mouvement basque et deux groupes se réclamant du Vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, figure du terrorisme international des années 1970 et 1980.

Dix mois plus tôt, le 11 mai 1981, une bombe avait explosé en Seine-et-Marne à bord du Paris-Lyon, mais elle n’avait fait que cinq blessés légers.

Des équipes « itinérantes » de surveillance sont mises en place dans les trains grandes lignes, dont les tout nouveaux TGV inaugurés en septembre 1981.

– La rumeur Chirac – 

On spécule sur les personnalités qui auraient pu être visées: Jacques Chirac, alors maire de Paris et député de Corrèze, prend régulièrement le Capitole pour se rendre dans sa circonscription, tandis que le ministre de l’économie et des finances, Jacques Delors, devait l’emprunter le lendemain.

Jugé près de trente ans plus tard, en 2011, pour avoir organisé cet attentat, Carlos, qui niera toute implication, estimera « évident » que Jacques Chirac était ciblé. Une rumeur considérée comme « sans consistance » par les enquêteurs, mais que l’élu, devenu président, avait lui-même alimentée dans une interview télévisée le 14 juillet 2001. 

Mis en difficulté par des questions sur ses voyages « payés en espèces », le chef de l’Etat avait invoqué « des raisons de discrétion et de sécurité ». Car, avait-il affirmé, « j’ai moi-même été l’objet d’un attentat dans le Capitole, que je n’ai pas pris à la dernière minute ».

– Carlos condamné –

En décembre 2011, Carlos est condamné à la réclusion à perpétuité pour cet attentat et trois autres perpétrés en France en 1982 et 1983: rue Marbeuf à Paris, en gare Saint-Charles de Marseille et dans le TGV Marseille-Paris (ce dernier ayant fait trois morts le 31 décembre 1983). 

Sa peine sera confirmée en appel et en cassation.

Selon l’accusation, cette campagne qui avait fait au total 11 morts et près de 150 blessés visait à obtenir la libération de deux membres de son groupe, dont sa compagne allemande Magdalena Kopp, arrêtés à Paris en février 1982 avec des armes et explosifs. 

paj/mw/pb

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