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Soupçons de maltraitance dans une école talmudique: 7 mises en examen requises

Le parquet de Meaux a requis vendredi les mises en examen de sept membres d'une communauté juive ultra-orthodoxe gérant une école talmudique en Seine-et-Marne, notamment soupçonnés d'avoir soumis des élèves mineurs à des violences...

L'entrée de l'école talmudique de Bussières, en Seine-et-Marne, le 1er février 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Maryam EL HAMOUCHI)

Le parquet de Meaux a requis vendredi les mises en examen de sept membres d’une communauté juive ultra-orthodoxe gérant une école talmudique en Seine-et-Marne, notamment soupçonnés d’avoir soumis des élèves mineurs à des violences physiques ou psychologiques, a annoncé la procureure.

Une vue sur un bâtiment de l’école talmudique de Bussières, en région parisienne, le 1er février 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Maryam EL HAMOUCHI)

« Au terme des gardes à vue, sept personnes ont été déférées ce (vendredi) matin et sont présentées actuellement devant le juge d’instruction » désormais en charge de l’enquête, a expliqué devant la presse la procureure de Meaux, Laureline Peyrefitte. Outre leur mise en examen, leur placement sous contrôle judiciaire a été requis.

Lundi, 17 membres de cette communauté juive ultra-orthodoxe avaient été placés en garde à vue, lors d’une opération qui avait mobilisé 130 gendarmes, principalement de la section de recherches de Paris.

La yeshiva Beth Yossef est située à Bussières, un village de 500 habitants à 60 km à l’est de Paris. Réputée pour ses méthodes strictes, elle accueillait une soixantaine d’élèves, âgés de 13 à 18 ans, en majorité israéliens mais aussi quelques-uns de nationalités américaine, belge, roumaine ou encore irlandaise.

L’enquête a été ouverte pour séquestration en bande organisée, violences aggravées, privation de soins et d’aliments, abus de faiblesse aggravé.

Les personnes mises en cause – responsables du site, membres de l’équipe enseignante, surveillants, – « ont globalement nié les faits même si certains ont pu décrire des actes comme des claques et des coups », a déclaré la procureure.

« L’état de sujétion psychique a pu être relevé chez certains d’entre eux de même qu’une souffrance psychique », a décrit la procureure, selon laquelle les élèves étaient « non-déclarés scolarisés » et « aucun ne parlait français ». 

« Certains ont pu confirmer, sans toujours les critiquer, des actes de violences physiques et psychologiques », a-t-elle ajouté, précisant que des faits d’agression sexuelle avaient été rapportés par l’un d’eux et faisaient l’objet d’une enquête. 

– Remis à leurs parents –

« D’après leurs déclarations, ils étaient totalement isolés du monde extérieur à l’exception d’un contact téléphonique avec leurs parents sous autorisation ». « Leur passeport était confisqué », ils étaient « très limités dans leur accès au soin » et vivaient « dans des conditions de logement insalubres et un état de délabrement général », a poursuivi la magistrate. 

Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE) de la Seine-et-Marne, une partie des mineurs « sans autorité parentale sur le territoire français » seront récupérés par leurs parents ce week-end, a indiqué le département. Pour les autres, la prise en charge se poursuivra en lien avec la Croix-Rouge.

L’établissement avait fait l’objet de « divers signalements préoccupants dont un émanant de la Miviludes » (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), d’après la procureure.

De juillet à décembre 2021, trois étudiants s’étaient échappés de la yeshiva, accélérant l’enquête sur cette école. 

Avi Ran, ancien pensionnaire de l’école pendant douze ans, a décrit cette semaine à l’AFP un « lavage de cerveau » et des « châtiments »: « ils jettent l’opprobre sur l’un ou l’autre publiquement en disant qu’il +sort du chemin+ et les autres ne peuvent plus lui parler » et « il y a des coups physiques », s’est souvenu le jeune Israélien. 

« L’établissement n’est ni une secte ni un centre de redressement mais un lieu d’enseignement religieux pour adolescents en difficulté », ont réagi dans un communiqué transmis à l’AFP Mes Philippe Ohayon et Dan Mimran, conseils du directeur de l’établissement. 

Pas de téléphone portable, pas d’internet, étude du soir au matin et peu de contacts avec la société : la yeshiva appartient à l’une des mouvances les plus rigoristes, dite « lituanienne », très présente en Israël et aux Etats-Unis, mais peu en France. 

Selon le site internet de l’école, l’institution Ohr Yossef, dont dépend la yeshiva, a été fondée en 1948 par le rabbin orthodoxe Gershon Liebman et « regroupe plus d’une centaine d’étudiants, venant du monde entier ».

meh/lbx/tho

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