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Télétravail: jusqu’à 50.000 euros d’amende pour les entreprises rétives

Les employeurs récalcitrants pourront être sanctionnés plus rapidement: une amende administrative allant jusqu'à 1.000 euros par salarié concerné, dans la limite de 50.000 euros, va être introduite pour réprimer les entreprises qui ne jouent...

Télétravail: jusqu'à 50.000 euros d'amende pour les entreprises rétives (Tous droits réservés. © (2021) Agence France-Presse - Loic VENANCE)

Les employeurs récalcitrants pourront être sanctionnés plus rapidement: une amende administrative allant jusqu’à 1.000 euros par salarié concerné, dans la limite de 50.000 euros, va être introduite pour réprimer les entreprises qui ne jouent pas le jeu du télétravail face au Covid-19.

Un homme en télétravail participe à une visioconférence, en mai 2020 à Vertou, près de Nantes (1RK7BS) (Tous droits réservés. © (2021) Agence France-Presse – Loic VENANCE)

La ministre du Travail, Elisabeth Borne, avait dévoilé mardi aux partenaires sociaux le principe de cette amende. Elle en a précisé jeudi le montant sur LCI. Un amendement en ce sens sera déposé d’ici à la fin de la semaine au projet de loi sur le pass vaccinal, discuté en séance à partir de lundi à l’Assemblée nationale.

La ministre du Travail, Élisabeth Borne, à la sortie de l’Elysée, le 22 décembre 2021 à Paris (Tous droits réservés. © (2021) Agence France-Presse – Ludovic MARIN)

« On constate que la plupart des entreprises jouent très bien le jeu (…). On a quelques entreprises qui ne le font pas, qui ne suivent pas les recommandations de l’inspection du travail et qui profitent de la longueur de la procédure de sanction pour ne pas respecter les règles », a-t-elle dit.

« Je souhaite un système plus rapide et donc plus dissuasif en permettant à l’inspection du travail de pouvoir prononcer des sanctions sans attendre la procédure judiciaire », a-t-elle poursuivi.

S’agissant des contrôles, Mme Borne a rappelé qu’elle avait demandé début décembre de revenir à 5.000 par mois (contre moins de mille au mois d’octobre).

Un nouveau protocole national en entreprise (PNE) a été publié jeudi, enjoignant aux employeurs de fixer « à compter du 3 janvier et pour une durée de trois semaines, un nombre minimal de trois jours de télétravail par semaine, pour les postes qui le permettent ». Lorsque c’est possible, « ce nombre peut être porté à quatre jours par semaine ».

A noter que l’idée d’une « moyenne » de trois jours, évoquée lundi par le ministère, a disparu.

Si ce PNE n’a pas à proprement parler force de loi, les employeurs ont l’obligation de veiller à la santé de leurs salariés, selon le code du travail, et les inspecteurs du travail peuvent déjà prononcer des « mises en demeure » lorsqu’ils estiment insuffisantes les mesures mises en œuvre dans les sociétés contrôlées.

En cas de non-respect d’une mise en demeure, l’employeur encourt une amende correctionnelle d’un montant de 3.750 euros par salarié concerné.

– 110 mises en demeure en 2021 –

Selon la CGT-TEFP, premier syndicat des agents de l’inspection du travail, quelque 28.000 interventions ont été effectuées sur la thématique du Covid de janvier à novembre 2021, donnant lieu à 110 mises en demeure.

Le syndicat réclamait depuis des mois un durcissement du cadre légal concernant le télétravail, en dénonçant la faiblesse des sanctions encourues et le manque d’effectifs pour contrôler les entreprises.

L’annonce d’une amende administrative montre que le « ministère se rend compte de l’insuffisance des mesures actuelles », a commenté mardi auprès de l’AFP Alexandra Abadie, secrétaire nationale du syndicat.

Mais la CGT-TEFP aurait préféré que les inspecteurs puissent suspendre l’activité d’une entreprise en cas de manquement à ses obligations concernant le télétravail, comme ils peuvent le faire en matière d’exposition à l’amiante, de chutes de hauteur ou de risques électriques.

Le Medef s’est, de son côté, dit jeudi « opposé au principe (d’une amende), quel qu’en soit le montant, car c’est un mauvais coup porté à la confiance entre le gouvernement et les entreprises, d’autant plus injuste qu’elles ont été exemplaires dans la crise (sanitaire du Covid-19) ».

La CPME, qui avait dénoncé mardi une « ineptie », s’est montrée jeudi plus nuancée. « Le montant annoncé, même s’il peut être lourd pour une TPE/PME, reste en deçà de ce qui existe par ailleurs », a commenté son président François Asselin auprès de l’AFP.

sl-boc/cel/tes

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