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Ukraine: l’UE prépare des achats en commun de gaz pour s’affranchir de Moscou

Les Vingt-Sept devraient s'entendre jeudi sur des achats en commun de gaz pour réduire leur dépendance aux hydrocarbures russes, mais restent divisés sur le plafonnement des...

Une installation d'extraction de gaz près de Garelsweerd, dans la province de Groningue, dans le nord des Pays-Bas, le 23 novembre 2021 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - JOHN THYS)

Les Vingt-Sept devraient s’entendre jeudi sur des achats en commun de gaz pour réduire leur dépendance aux hydrocarbures russes, mais restent divisés sur le plafonnement des prix de l’électricité proposé par Bruxelles.

Carte d’Europe montrant le réseau de gazoducs opérationnels, ainsi que les terminaux de regazéification (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Patricio ARANA)

Après avoir piloté les commandes collectives de vaccins anti-Covid durant la pandémie, la Commission européenne s’est dite mercredi « prête à créer » une plateforme d’achats de gaz au niveau de l’Union européenne (UE) pour diversifier ses sources d’approvisionnement. Les dirigeants des États membres, réunis en sommet jeudi et vendredi, devraient donner leur feu vert, selon un projet de conclusions.

Graphique montrant la proportion et le pays d’origine du gaz importé par l’Union européenne (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Patricio ARANA)

Soucieux d’isoler Moscou après son invasion de l’Ukraine, Bruxelles veut réduire des deux tiers dès cette année les achats européens de gaz russe. En regroupant les demandes, la Commission « faciliterait les contacts avec les fournisseurs internationaux » et pourrait obtenir « des prix avantageux » grâce au poids économique de l’Union.

Elle « négocierait avec les fournisseurs et préparerait de futurs partenariats énergétiques », a ajouté l’exécutif européen, qui discute déjà avec les principaux pays producteurs (Norvège, États-Unis, Qatar, Algérie). La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a également rencontré lundi les patrons de grands groupes énergétiques européens (E.ON, Shell, Vattenfall, Eni, TotalEnergies…)

-« Stocks à 80% »-

Les Européens devraient également décider cette semaine de « se coordonner pour garantir des niveaux adéquats de stockage ».

La Commission souhaite forcer chaque État membre à remplir ses réserves à « au moins 80% » des capacités d’ici le 1er novembre, puis à 90% avant chaque hiver les années suivantes, avec des objectifs intermédiaires précis à respecter de février à octobre.

Cette proposition législative, dévoilée mercredi, devra être approuvée par les Vingt-Sept et le Parlement européen. 

Les exploitants des installations de stockage, certifiées par des organismes indépendants, « devront communiquer les niveaux de remplissage aux autorités nationales » qui en rendront compte à Bruxelles sur une base mensuelle. Certains pays ne disposant pas des capacités nécessaires sur leur territoire seront aidés par d’autres.

En revanche, les options détaillées mercredi pour amortir l’impact de la flambée des cours sont loin de faire consensus.

Bruxelles propose aux États d’établir une entité publique rachetant de l’électricité sur le marché pour la fournir aux consommateurs vulnérables, de taxer les bénéfices « excessifs » des entreprises énergétiques pour les redistribuer, ou encore d’instaurer un plafonnement temporaire des prix de l’électricité sur le marché de gros.

-« Don Quichotte »-

Portugal, Espagne, Italie, Grèce, Belgique et France sont favorables au plafonnement et réclament une réforme structurelle du marché européen de l’électricité, où les prix de gros dépendent aujourd’hui de ceux du gaz.

En première ligne, Madrid fait figure de « Don Quichotte » mais réalise progressivement « que la situation est complexe », observe un diplomate. « Si vous introduisez un plafond de 180 euros par mégawatt-heure mais que le prix du marché est de 200 euros, les énergéticiens vendront leur électricité ailleurs. Imaginez un plafond à 120 euros comme le proposent les Belges… cela menacerait la sécurité de l’approvisionnement », relève-t-il.

« Et si vous voulez compenser la différence par un fonds européen, cela revient pour l’UE à subventionner les producteurs d’énergie, c’est-à-dire Gazprom, le Qatar, etc., et cela détournera les investissements dans les renouvelables », ajoute-t-il.

Plusieurs États (Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Danemark…) restent farouchement hostiles à tout interventionnisme sur le marché, tablant sur la libre-concurrence et privilégiant des mesures d’efficacité énergétique ou le renforcement des interconnexions de réseaux sur le continent.

Trois poids lourds du secteur européen de l’énergie EDF, Enel et Iberdrola, ont de leur côté appelé de concert à un plafonnement des prix du gaz dans l’UE pour les ramener à leur niveau d’avant-crise.

De l’avis général, rien ne sera décidé cette semaine à Bruxelles sur ce sujet.

« La réduction de nos dépendances fait davantage consensus que la réforme de nos marchés et le développement d’outils de maîtrise des prix », a reconnu mardi le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Clément Beaune, tout en estimant que « l’idée d’une réforme du marché européen de l’électricité avait beaucoup fait son chemin » face à la flambée des cours.

jug/aro/LyS

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