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Un passeur refuse d’optempérer près de Nice: un migrant gravement blessé par la police

Un Egyptien de 35 ans était entre la vie et la mort mercredi soir à Nice, atteint par le tir d'un policier qui a tenté de stopper la fourgonnette avec laquelle des passeurs venaient de forcer un barrage...

Le quartier des Moulins, à Nice, où une fourgonnette transportant des migrants a été abandonnée par son conducteur après un refus d'obtempérer, le 15 juin 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Valery HACHE)

Un Egyptien de 35 ans était entre la vie et la mort mercredi soir à Nice, atteint par le tir d’un policier qui a tenté de stopper la fourgonnette avec laquelle des passeurs venaient de forcer un barrage depuis l’Italie, quatre autres migrants à leur bord.

Le quartier des Moulins, à Nice, où une fourgonnette transportant des migrants a été abandonnée par son conducteur après un refus d’obtempérer, le 15 juin 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Valery HACHE)

Après une alerte des autorités italiennes, la camionnette frigorifique supposée transporter « des étrangers en situation irrégulière » était localisée dans la nuit de mardi à mercredi à Sospel, une commune des Alpes-Maritimes proche de la frontière italienne, a précisé le procureur de la République de Nice, Xavier Bonhomme, mercredi après-midi dans un communiqué.

Face au refus d’obtempérer du conducteur, la police des frontières engageait une course-poursuite avec le véhicule, jusqu’à l’intervention d’un autre équipage une trentaine de kilomètres plus bas, à Cantaron, sur une route escarpée près de Nice. Mais « la camionnette aurait accéléré en direction (de ce) véhicule de police » et l’un des fonctionnaires aurait alors « fait usage de son arme à quatre reprises » pour tenter de la stopper.

La fourgonnette a terminé sa fuite dans le quartier sensible des Moulins, à Nice, où elle a été abandonnée par son conducteur et ses deux passagers assis à l’avant. A l’intérieur, cinq migrants étaient découverts, dont un Egyptien de 35 ans blessé par balle à la tête et transportée « en urgence vitale absolue » à l’hôpital.

Selon le procureur, deux impacts de balle ont été identifiés sur la camionnette, un premier au niveau du feu avant, le second au-dessus du pneu avant, qui a transpercé le container frigorifique.

– Deux enquêtes ouvertes –

Deux enquêtes ont été ouvertes par le parquet.

L’une pour « aide à l’entrée et à la circulation en France d’étrangers en situation irrégulière dans des conditions incompatibles avec la dignité humaine », mais aussi « refus d’obtempérer aggravé par la mise en danger d’autrui et tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique », confiée à la direction départementale de la police aux frontières, a détaillé le procureur.

L’autre, du « chef de violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique suivie d’incapacité supérieure à huit jours », a été confiée à l’IGPN, la police des polices, « afin de rechercher si le fonctionnaire de police se trouvait en état de légitime défense ».

La vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne, est, avec les Hautes-Alpes, un des points de passage des migrants entre les deux pays, après leur arrivée d’Afrique, via la Méditerranée. 

Régulièrement des passeurs sont jugés en comparution immédiate à Nice. La France a rétabli les contrôles à ses frontières depuis 2015, année marquée par plusieurs attentats meurtriers.

Contactée par l’AFP, la préfecture des Alpes-Maritimes n’était pas en mesure de donner des chiffres récents sur le nombre de non admission à la frontière ces derniers mois.

Début juin, un automobiliste avait refusé d’obtempérer lors d’un contrôle à Paris, les policiers tirant et tuant une de ses passagères. Cette affaire avait ravivé la question de l’usage de la force par les policiers et gendarmes et nourri, à la veille du premier tour des élections législatives, une vive polémique entre le chef de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon et ses adversaires politiques.

Mercredi, le maire de Nice, l’ex-LR Christian Estrosi, a déploré ce nouveau drame, soulignant cependant qu’il est « le résultat d’un acte criminel auquel il était nécessaire de mettre un terme pour la sécurité de nos policiers et gendarmes ».

Le député LR des Alpes-Maritime Eric Ciotti, candidat à sa succession, lui a embrayé le pas, assurant les policiers de son « soutien ».

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