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Volkswagen veut faire vrombir Porsche en Bourse

Le deuxième groupe automobile mondial, Volkswagen, en quête de fonds pour financer sa transition électrique, a annoncé mardi un projet d'introduction en Bourse de Porsche, fabriquant de la célèbre sportive 911...

Photo d'archives du logo de la marque de luxe Porsche que Volkswagen projette de placer en bourse pour financer sa transition électrique, à Stuttgart, sud de l'Allemagne, le 4 mars 2020 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - THOMAS KIENZLE)

Le deuxième groupe automobile mondial, Volkswagen, en quête de fonds pour financer sa transition électrique, a annoncé mardi un projet d’introduction en Bourse de Porsche, fabriquant de la célèbre sportive 911 valorisé à des dizaines de milliards d’euros.

Coucher de soleil sur le siège de Volkswagen à Wolfsburg en Allemagne, le 10 novembre 2021 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Ronny Hartmann)

Le groupe est en « discussions avancées » avec son actionnaire principal et a négocié un « accord général » qui doit constituer « la base pour d’autres étapes d’une éventuelle entrée en Bourse de Porsche AG », selon un communiqué.

Une Golf électrique du fabricant allemand Volkswagen sur un site de recharge de Kigali au Rwanda, le 2 novembre 2021 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Simon MAINA)

« Une décision finale n’a pas encore été prise » sur cette opération, longtemps évoquée par les analystes et la presse sans jamais être confirmée, a toutefois précisé le groupe.

Selon le quotidien économique Handelsblatt, Volkswagen compte introduire en Bourse jusqu’à 49% de Porsche.

Il s’agirait d’une décision majeure dans l’histoire du conglomérat, qui veut couvrir les besoins massifs en capitaux pour financer la transition électrique et les investissements dans la voiture autonome et connectée du futur.

– Transition électrique –

Le géant aux douze marques est, en effet, lancé depuis plusieurs mois dans une course acharnée pour électrifier son offre et se mettre au niveau de l’Américain Tesla et de ses concurrents chinois, plus avancés dans ce domaine.

Le groupe a prévu d’investir des dizaines de milliards d’euros dans son électrification et compte vendre 50% de véhicules électriques d’ici 2030.

Dix ans plus tard, la proportion devra quasiment atteindre 100% sur ses principaux marchés.

Porsche est actuellement détenue à 100% par le groupe Volkswagen. 

Celui-ci est à son tour contrôlé par une holding financière, nommée Porsche SE, à travers laquelle la famille Porsche-Piëch détient une majorité absolue de droit de vote (53,3%).

Porsche SE est déjà cotée en Bourse et son titre prenait lundi plus de 11%, alors que Volkswagen bondissait de près de 10% dans un Dax plombé par le conflit autour de l’Ukraine.

Le constructeur de luxe Porsche est valorisé à minima entre 60 et 80 milliards par les analystes.

L’accord, encore nécessaire, des conseils de surveillance de Volkswagen et de Porsche SE semble probable, le directeur de la holding étant président du comité de surveillance du groupe automobile. Tout projet de cette nature ne serait par ailleurs possible sans l’aval de la famille Porsche-Piëch.

Plus tard, « la réalisation de la transaction reste sous réserve d’autres vérifications (…) et de l’évolution du marché », note Porsche SE dans son communiqué.

– Quête de valorisation –

Une « IPO » de Porsche doit également donner un coup de pouce à la valorisation boursière de la maison-mère, qui reste à la traine à quelque 112 milliards d’euros, notamment face au grand concurrent Tesla qui vaut plus de 885 milliards de dollars.

Les investisseurs, pourtant avides de placer leur argent dans l’automobile électrique, restent sur leur gardes pour le groupe allemand.

Dans cette optique, pour réduire la complexité du conglomérat, Volkswagen a notamment déjà introduit en Bourse sa branche poids-lourds Traton et cédé une majorité du constructeur de luxe Bugatti.

Herbert Diess s’efforce de transformer l’image du groupe — d’un colosse automobile en un groupe technologique résolument tourné vers l’électrique et les logiciels. 

Il veut mener une « révolution » à Wolfsburg, le siège historique, et a supprimé des milliers d’emplois pour redresser la rentabilité.

La structure décisionnelle du groupe, qui associe les pouvoirs publics – la région allemande de Basse-Saxe – et donne un véto de facto aux représentants syndicaux, freine cependant l’appétit des marchés et attire moins que la start-up d’Elon Musk.

VW est régulièrement agité par des conflits internes entre le comité d’entreprise et le patron Herbert Diess, qui ont encore récemment ébranlé la confiance des investisseurs.

ys/ylf/clr

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