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« Vous lui avez fait quoi à Narumi ? »: Nicolas Zepeda nie et nie encore

Malgré les cris d'épouvante, les images d'un rôdeur qui lui ressemble et sa jalousie maladive, Nicolas Zepeda a continué mardi, au sixième jour de son procès, de nier avoir assassiné son ex-petite amie...

Le Chilien Nicolas Zepeda au premier jour de son procès pour le meurtre en 2016 de Narumi Kurosaki devant la cour d'assises du Doubs, le 29 mars 2022 à Besançon (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - PATRICK HERTZOG)

Malgré les cris d’épouvante, les images d’un rôdeur qui lui ressemble et sa jalousie maladive, Nicolas Zepeda a continué mardi, au sixième jour de son procès, de nier avoir assassiné son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki à Besançon en 2016.

Croquis d’audience montrant la mère (D) et la soeur de Narumi Kurosaki le 29 mars 2022 devant la cour d’assises du Doubs, à Besançon (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Benoit Peyrucq)

« Vous lui avez fait quoi à Narumi? », finit par attaquer frontalement Me Sylvie Galley, avocate de la famille de la victime, au bout de quatre heures d’un interrogatoire qui en durera sept au total.

Croquis d’audience montrant le Chilien Nicolas Zepeda devant la cour d’assises du Doubs, le 29 mars 2022 à Besançon (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Benoit Peyrucq)

La réponse lapidaire du Chilien de 31 ans tombe immédiatement: « Rien ».

Les parents de Nicolas Zepeda, Humberto (d) et Ana Luz Zepeda, arrivent à la cour d’assises du Doubs au premier jour du procès de leur fils, le 29 mars 2022 à Besançon (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – SEBASTIEN BOZON)

« Alors qu’est ce qu’elle fait depuis cinq ans Narumi, si elle n’est pas morte? », insiste l’avocate. 

« J’aimerais bien le savoir », répond l’accusé, insaisissable et imperturbable.

Malgré une accumulation d’éléments à charge et de témoignages édifiants présentés aux jurés de la cour d’assises du Doubs ces derniers jours, Nicolas Zepeda a réfuté tout comportement suspect en amont de ses retrouvailles avec Narumi Kurosaki le 4 décembre 2016. Depuis, la jeune femme n’a jamais été revue, son corps n’a jamais été retrouvé.

Conservant son allure sérieuse, confortée par sa chemise et sa cravate serrée sur son col, le Chilien a répondu aux nombreuses questions avec une voix claire et ferme, mais aussi avec force circonvolutions et en reprenant régulièrement les interprètes qui assurent la traduction de l’espagnol au français.

« Est-ce que vous savez ce qu’est le déni, M. Zepeda? », lui lancera Me Randall Schwerdorffer, l’avocat d’Arthur Del Piccolo, petit ami français de l’époque de Narumi.

– « Vous n’avouerez jamais » –

L’avocat général Etienne Manteaux est revenu longuement sur tous les « mensonges » de Nicolas Zepeda. Point par point, il a souligné les incohérences de l’accusé, balayé les ambiguïtés et martelé les éléments à charge contre le Chilien qui est resté campé sur ses positions.

« M. Zepeda vous n’avouerez pas. Je suis persuadé que ce n’est pas votre intérêt , mais c’est votre droit », a-t-il fini par lâcher, visiblement énervé.

Dès le début de l’interrogatoire, le président de la cour Matthieu Husson avait confronté Nicolas Zepeda aux témoignages entendus lundi de deux étudiantes. Celles-ci l’ont formellement identifié comme étant l’homme qui se dissimulait dans la cuisine commune de la résidence universitaire de Besançon où Narumi Kurosaki logeait depuis l’été 2016.

« Je ne suis pas cette personne-là », a contesté le Chilien qui avait connu Narumi Kurosaki en 2015, à l’université au Japon, et avait mal vécu le départ de la jeune femme en France à l’été 2016 pour une année d’études à Besançon.

Depuis le début de son procès, Nicolas Zepeda a à peine varié sa version, celle de retrouvailles amoureuses, dont le souvenir l’a fait pleurer à l’audience, et d’un départ de Besançon le 6 décembre à l’aube, alors que Narumi était encore vivante.

Tout juste a-t-il fini par admettre avoir fait preuve de « jalousie » à l’égard des nouvelles amitiés de l’étudiante en France et que son arrivée jusqu’au parking de la résidence étudiante n’était « pas un hasard ». Des points que lui a fait confirmer mardi soir son avocate, Me Jacqueline Laffont.

Lundi, plusieurs étudiants qui occupaient des chambres proches de celle de Narumi Kurosaki ont décrit les « cris stridents » et le « râle » qui les avaient réveillés dans cette nuit du 4 au 5 décembre que Nicolas Zepeda reconnaît avoir passée avec Narumi.

– De plus en plus de public –

Seul et unique suspect, Nicolas Zepeda, a lui affirmé qu’il dormait et n’avait rien entendu. « Je pense qu’il faudrait continuer des recherches pour savoir ce qui s’est passé », a-t-il même suggéré.

Des images de vidéosurveillance ont également révélé la présence d’un individu, portant cagoule et blouson noir, passé début décembre à treize reprises et prenant des photos à l’arrière de la résidence universitaire.

« Ce n’est pas moi », a réaffirmé l’accusé alors que la géolocalisation de sa voiture atteste qu’il se trouvait sur place.

Autre question restée sans réponse: pourquoi s’est-il arrêté, avant et après son passage à Besançon, dans une zone boisée du Jura où, selon l’accusation, il se serait débarrassé du corps ? « Personne ne va là, sauf si on veut y aller exprès », a relevé le président de la cour.

Prévu pour durer jusqu’au 12 avril, le procès de Nicolas Zepeda attire chaque jour de plus en plus de public au tribunal judiciaire de Besançon. La journée de mercredi sera consacrée à l’audition des parties civiles.

maj-as/bdx/cbn

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