Couverture du journal du 30/09/2022 Consulter le journal

Enseignement supérieur : la galaxie Galileo

Le premier groupe français d’enseignement supérieur, Galileo Global Education, compte déjà 9 écoles à Bordeaux, où sont formés près de 3 300 étudiants cette année. Rencontre avec Yvan Perriere, directeur général du campus bordelais, dont les cursus sont « très tournés vers l’entreprise ». Objectif : « répondre aux problématiques d’emploi sur le territoire ».

campus Galileo Global Education de Bordeaux

© D.R.

Après deux années marquées par la crise sanitaire, c’est une rentrée tout sourire, sans masque et en 100 % présentiel, que viennent de vivre les étudiants du campus Galileo Global Education de Bordeaux, aux Bassins à flot. Premier groupe d’enseignement supérieur européen présent dans 13 pays, et premier groupe d’écoles privées en France, Galileo Global Education tisse sa toile sur le territoire bordelais depuis le rachat de Studialis en 2015.

« Nous sommes passés de 3 écoles et 800 étudiants au Campus de Bissy (Mérignac) en 2014, à 9 écoles et près de 3 300 étudiants en 2022 », annonce fièrement Yvan Perriere, directeur général de Galileo Bordeau x, qui a inauguré en cette rentrée 2022 son neuvième établissement. Aux côtés de l’école de commerce ESG, du Digital Campus, de l’école de niveau BTS ESARC Evolution, de L’Institut supérieur des arts appliqués LISAA, du Cours Florent (au château du Prince Noir à Lormont), de l’ESG Sport (au Stade Matmut Atlantique), de l’Institut Culinaire de France (rue de la Faïencerie) et de l’ESG Immobilier, l’IFAS (Institut de formation des aides-soignants) Saint-Antoine-Eva Santé a ainsi ouvert ses portes barrière de Pessac en septembre.

Nous sommes passés de 3 écoles et 800 étudiants au Campus de Bissy (Mérignac) en 2014 à 9 écoles et près de 3 300 étudiants

CRÉATION ET BUSINESS

Né du regroupement d’écoles privées à vocations créative et business, Galileo Global Education compte aujourd’hui une soixantaine de marques telles que Paris School of Business, l’Institut Marangoni, l’école de maquillage ITM ou le Conservatoire libre du cinéma français (CLCF), et plus de 170 000 étudiants dans le monde.

 Le groupe s’est développé en réunissant des écoles créées sur des verticalités de métiers

« Le groupe s’est développé en réunissant des écoles créées sur des verticalités de métiers, avec l’idée de donner aux élèves des compétences transverses via des passerelles entre écoles, entre thématiques », explique Yvan Perriere. L’objectif étant de former des étudiants qui pourront collaborer avec les différents services d’une organisation. Dans cette logique d’interdisciplinarité des enseignements, les étudiants bordelais en immobilier (ESG) peuvent ainsi bénéficier de cours sur l’architecture d’intérieur (LISAA), les étudiants en management (ESG) de cours de comédie (Cours Florent) pour savoir prendre la parole en public, les étudiants en gastronomie (Institut culinaire de France) de cours de gestion (ESG) pour leur future boutique…

FORT TAUX D’EMPLOYABILITÉ

« Notre dynamique pédagogique est complètement tournée vers l’entreprise », résume Yvan Perriere. Certifiées par l’État et très opérationnelles, les formations du groupe Galileo Bordeaux impliquent « du learning by doing, des pédagogies inversées, des pédagogies par projet ou encore du e-learning », et font la part-belle à l’apprentissage pour les deux tiers des étudiants et jusqu’à 80 % à l’ESG. Avec à la clé « un taux d’employabilité de 75 % pour les jeunes sortant de master 2 directement embauchés dans l’entreprise dans laquelle ils étaient en alternance, et de 90 % avant même la fin des épreuves », assure le directeur du campus. La raison d’être du groupe Galileo Global Education est en effet de « répondre aux problématiques d’emploi sur un territoire. Mon métier est simple : j’écoute les besoins du marché. Soit c’est au catalogue et nous le mettons en place, soit nous le coconstruisons avec l’écosystème », décrit Yvan Perriere, qui assure « être très sollicité par les acteurs locaux » pour répondre aux pénuries existant actuellement dans de nombreux secteurs. Il travaille pour cela avec les acteurs institutionnels tels que les chambres consulaires, les antennes Pôle Emploi, les Maisons de l’emploi… Et a noué des partenariats avec près de 1 700 entreprises girondines.

COCONSTRUCTION

L’ouverture de l’école Eva Santé est ainsi le fruit d’un travail avec l’ARS de Nouvelle-Aquitaine et le ministère de la Santé. Celle de l’ESG Sport en 2020 visait à répondre « à la professionnalisation du secteur et aux importants besoins générés par les événements à venir tels que la Coupe du monde de rugby en 2023 et les Jeux olympiques de Paris 2024 ». La création il y a deux ans de l’Institut culinaire de France autour des arts sucrés, sous le haut patronage de Pierre Hermé, tout comme les deux licences professionnelles sur les arts de la table et les arts culinaires lancées cette année en partenariat avec l’université de Cergy (Île-de-France) ont quant à elles pour vocation de faire rayonner la gastronomie et le savoir-faire français à l’international… tout en répondant aux besoins de « la ville au plus fort taux de restaurants par habitant ». C’est aussi pour cela que le Digital Campus proposera bientôt des formations en data, développement web, UX et UI design, intelligence artificielle ; et que Galileo collabore avec des cabinets d’audit, des cabinets comptables, de grands groupes, des PME, des indépendants, pour placer ses étudiants des filières comptabilité, finance, banque, conseil en gestion de patrimoine, en grande pénurie à Bordeaux.

Des partenariats ont été noués avec près de 1 700 entreprises girondines

25 000 CANDIDATURES POUR 3 300 PLACES

Afin de toucher les publics-cibles de ses formations, Galileo Global Education a fortement investi dans les outils numériques et les moyens de communication. « C’est la force du groupe. Cela nous permet d’avoir la capacité de drainer et évangéliser auprès des publics amont (dans les collèges et les lycées) dans les bons territoires », affirme Yvan Perriere. Pour lui, Galileo et ses écoles ont « un véritable rôle sociétal » à jouer, « en valorisant certains métiers qui ne l’étaient plus, comme dans le médical ou la finance, en rendant leurs lettres de noblesse aux métiers manuels, mais aussi en rendant les études accessibles à tous grâce à l’introduction de l’apprentissage ». Et cela fonctionne : Galileo Bordeaux a enregistré en 2022 près de 25 000 candidatures pour 3 300 places dans ses écoles. « Je suis très fier de ce que nous avons réalisé sur le territoire bordelais : nous apportons des personnes parfaitement « Le groupe nous permet d’avoir la capacité de drainer et d’évangéliser auprès des publics amont, dans les bons territoires » formées à des entreprises qui ne trouvaient pas de candidat… Nous sommes des marieurs ! » se félicite Yvan Perriere.

Yvan Perriere ©DR

YVAN PERRIERE :

PARCOURS

Issu du monde de l’entreprise, où il a occupé des fonctions en RH, business, comptabilité, stratégie… Yvan Perriere a « recruté de nombreuses personnes. J’ai souvent pesté contre les écoles qui ne rendaient pas leurs étudiants opérationnels pour travailler en entreprise. C’est pourquoi j’ai voulu changer le logiciel ! », confie ce fils d’enseignants qui a fait ses études à Bordeaux et avait « de nombreuses attaches sur ce territoire, à qui j’ai eu l’envie de rendre ce qu’il m’avait donné ». Entré chez Studialis en 2014, il est directeur de Galileo Global Education Bordeaux, dont le campus des Bassins à flot emploie une centaine de personnes.

BUDGET DE 1,5 MILLIARD D’EUROS

Simple holding avant la réforme de l’apprentissage, Galileo Global Education est aujourd’hui un véritable groupe que l’État français a souhaité « valoriser et sanctuariser ». En 2020, il est ainsi entré à l’actionnariat de la pépite française de façon importante via Bpifrance (10 %), aux côtés de Thétys (40 %), le fonds d’investissement de la famille Bettencourt-Meyers (propriétaire de L’Oréal), de Montagu ou encore du fonds national des régimes de pension du Canada (40 %). « Tout un pool d’investisseurs de long terme qui ont eu confiance dans le projet pédagogique de Marc-François Mignot-Mahon, le PDG de Galileo, qui consiste à fabriquer des filières de formation à l’infini en travaillant dans une logique de transversalité et à l’international. C’est tout simplement extraordinaire », estime Yvan Perriere. Galileo Global Education, qui a dévoilé en février 2022 un budget de 1,5 milliard d’euros sur 2 ans pour financer ses investissements et ses ouvertures d’écoles en France et dans le monde, a annoncé en septembre son entrée au capital de l’EMLyon. De quoi laisser présager l’arrivée de nouveaux établissements sur le territoire bordelais. Où « il reste encore beaucoup de choses à faire », confirme Yvan Perriere.

Le groupe nous permet d’avoir la capacité de drainer et d’évangéliser auprès des publics amont, dans les bons territoires

BASSINS À FLOT – RIVE DROITE LES ÉCOLES MISENT SUR LEURS CAMPUS

La crise sanitaire n’a pas eu raison des campus universitaires, au contraire. Innovation pédagogique, travail collaboratif, outils numériques… Afin de répondre aux nouveaux besoins des écoles et de leurs étudiants, elles sont nombreuses à investir dans leur campus. Aux Bassins à flot, Galileo Global Education a ainsi procédé à des aménagements d’espaces modulables, de box de travail et investi dans des outils numériques, « dans une logique de virtualisation des postes de travail », explique son directeur général, Yvan Perriere. Le groupe privé Eduservices, qui compte à Bordeaux l’Iscom, MBway, Pigier, Tunon, Mydigitalschool et Win, vient quant à lui d’inaugurer un campus flambant neuf au pied du pont de pierre. Près de 1 200 étudiants ont fait leur rentrée 2022 dans plus de 3 500 m2 de chais rénovés, « avec entre autres un laboratoire de création, un atrium pour les conférences, des salles de coworking… », précisait Guillaume Petit, directeur de l’ISCOM Bordeaux sur Linkedin. Rive droite également, le campus de l’ESSCA School of Management devrait pour sa part ouvrir ses portes à la rentrée 2023, quittant les Bassins à flot pour investir les 5 000 m2 de la caserne Niel.