Couverture du journal du 20/05/2022 Consulter le journal

La galaxie Protourisme

En intégrant le cabinet périgourdin François Tourisme Consultants, l’écosystème Protourisme poursuit une stratégie de spécialités et d’excellence : la crise sanitaire que nous traversons a souligné le bien-fondé de ce parti pris dans l’univers du tourisme.

Didier Arino, protourisme

Didier Arino ©DR

François Tourisme Consultants (FTC), cabinet périgourdin spécialisé dans le tourisme durable (avec les labels Ecorismo et Biorismo qui lui sont adossés) est passé discrètement dans la sphère d’influence Protourisme. L’École de Savignac est le trait d’union entre Philippe François, premier directeur de cette école de référence dans le management touristique, et Didier Arino, diplômé de la première promotion. Le lien de trente ans ne s’est jamais dénoué et trouve une attache plus solide encore dans cette transmission d’activité.

LE PARTENARIAT SELON DIDIER ARINO

Le contrat a été signé en juillet 2020, dans un contexte Covid « qui a bousculé notre secteur d’activité sans que nous changions une ligne de notre accord : rien n’a été renégocié, c’est une aventure commune », souligne Didier Arino. Et Philippe François reste intervenant pour la structure. « J’aime respecter l’histoire et l’identité, ce qui a d’ailleurs été le cas lors de mes débuts à Protourisme : je me suis placé dans les pas des trois fondateurs, avant d’apporter ma touche personnelle. Lorsque j’ai repris MLV Conseil, qui ne serait pas ce qu’il est sans son créateur et le mode de fonctionnement des équipes, j’ai aussi respecté son histoire et ses entités. Il en est de même pour FTC. Nous devons répondre aux besoins du tourisme français, de plus en plus vertueux, et chacune de ces entités y contribue du fait de son histoire. Cela n’exclut pas d’être réaliste : Protourisme avait attaqué frontalement MLV, son unique concurrent sur le camping et les bases de loisirs, pour lui prendre des parts de marché. Dans les métiers de conseil, il ne s’agit pas d’une réalisation capitalistique, les compétences doivent être partie prenante. »

Le montage juridique intègre FTC via des mécanismes d’actionnariat impliquant l’ensemble du réseau Protourisme, dans une logique d’agrégation de compétences.

« Nous étions deux Néo-Aquitains. Ensemble, nous devenons l’un des principaux opérateurs d’ingénierie et d’aménagement touristique en France », résume Philippe François.

Philippe François, protourisme

Philippe François © D. R.

Bien des complémentarités appelaient ce rapprochement, de la pratique d’audits à la formation, avec un agrément Qualiopi reçu simultanément.

FTC, qui a réalisé plus de 7 000 missions et publié une vingtaine de guides thématiques, apporte une dimension de développement durable dans ce secteur : Protourisme reprend les valeurs travaillées sur la durée par le cabinet périgourdin. Et son image. « Nous ne nous sommes jamais contentés de répondre à une question », reprend Didier Arino. « Nous évitons un tourisme artificiel depuis toujours et avons intégré un développement responsable. Mais nous n’avions pas les outils, les labels, la RSE, les démarches d’accompagnement qui sont un vrai savoir-faire de FTC, avec une antériorité sur les questions de compensation, de mobilité, de valorisation de l’agritourisme et des productions locales. Nous devrons renforcer ces compétences pour aller encore plus loin. »

Avec François Tourisme Consultants (FTC), Protourisme ajoute une marque qui compte dans l’univers du tourisme

CROISSANCE EXTERNE

Aller plus loin… sur un territoire que Didier Arino avait de toute façon décidé d’investir. Avec FTC, Protourisme ajoute une marque qui compte dans l’univers du tourisme où « nous sommes des artisans, nous faisons du sur-mesure : mais notre voix porte, nous sommes des influenceurs ».

Un an et demi après, l’ensemble de l’équipe FTC est toujours là et s’est même renforcée. L’écosystème Protourisme, constitué de salariés dans les structures et de consultants indépendants correspondants à l’étranger, représente un réseau d’une quarantaine de collaborateurs. « Quand un partenariat permet d’évoluer, il est gagnant. Cela favorise la motivation des équipes, un renouveau, un apport… Ce modèle est plus fort qu’un groupe intégré, avec une seule tête, une méthode. »

Protourisme travaille actuellement pour Flying Whales

À court terme, le développement s’arrête là. À échéance plus lointaine, le dirigeant doit composer avec des métiers de conseil qui attirent moins, un fort niveau d’exigence des clients mais des budgets plus restreints. « On n’a plus l’architecture confortable d’une équipe œuvrant avec un directeur d’étude, laquelle se vend 25 % de moins qu’en 1985 alors que le métier s’est complexifié. »

Arrivé fin 1994 à Protourisme, celui qui dirige l’affaire aujourd’hui intervenait sur des dossiers à des années lumière de l’expertise actuellement nécessaire. Le modèle de développement relève de la croissance externe et Didier Arino va donc aller chercher d’autres compétences à ajouter aux nombreuses qu’il possède déjà. Avec une idée assez précise des compléments possibles, « ce peut être dans la culture, dans l’ingénierie financière du secteur du tourisme… Cette stratégie ne repose que sur les compétences des femmes et hommes qui pourraient nous rejoindre ». Il prend volontiers pour exemple le recentrage opéré par Hémisphère Sud, agence de relation publique pilotée par Corinne Hennequin, sur son créneau d’excellence : le monde du vin et l’art de vivre. « Dans le tourisme, c’est pareil, nous devons faire porter nos efforts là où nous pouvons nous différencier : que manquerait-il au secteur si on n’existait pas ? C’est pour moi la définition d’une marque », assure celui qui fut coauteur du premier ouvrage consacré aux marques du tourisme.

protourisme

© Shutterstock

TOURISME RESPONSABLE ET DÉVELOPPEMENT RURAL

Protourisme applique pour lui-même ce qu’il met en œuvre pour ses clients, poussés dans leurs retranchements pour hisser le niveau d’exigence. « À l’occasion de la crise sanitaire, nous avons passé beaucoup de temps à leur apporter conseils et soutien. Certains ont ressorti d’anciens documents que nous avions écrits et ont réalisé que nous avions anticipé la vision et le changement de comportement que nous vivons aujourd’hui. En 2010, pour La Grande Motte, nous parlions de tourisme à l’année, de proximité, de montée en qualité, d’expérience client, d’environnement… Cette crise a ramené le secteur à nos valeurs, nos façons de travailler, la co-construction, la responsabilité. Nous avons ainsi réussi, dans notre stratégie sur le bassin d’Arcachon, pour la première fois, à mettre tous les élus d’accord. Et pas sur le plus petit dénominateur commun. » Protourisme travaille actuellement pour Flying Whales (dirigeables et panneaux solaires) avec Bordeaux Métropole Aménagement, sur une sollicitation de la Région.

Autre cas d’école, l’étude d’impact économique et social pour le Club Med, aux Arcs, sur les retombées d’un investissement pour le Département, la Région… Le rapprochement FTC-Protourisme permet de proposer, avec une longueur d’avance, des solutions opérationnelles sur des questions qui favorisent les marges tout en intégrant des données comme le traitement des saisonniers ou la pollution. « Je suis pour le développement touristique, mais plus n’importe où, n’importe comment », résume Philippe François. « J’étais un disciple d’Émile Biasini du temps de la mission interministérielle d’aménagement de la côte Aquitaine : contrairement à la côte du Languedoc, où l’on bétonnait, on avait sur l’Atlantique une stratégie d’aménagement en râteau, avec des micro-stations tous les 20 km. La vision politique d’aménagement, et aussi d’exploitation hôtelière, c’est une approche responsable. »

Le poids du secteur touristique s’est imposé à tous lors de la crise sanitaire, « la France a découvert qu’il faisait vivre l’agriculture, la viticulture, la pêche… ce qu’on disait depuis des années », poursuit Didier Arino, « ces tendances de fond figuraient dans nos préconisations : c’est la diversité qui fait l’attractivité de nos territoires ». Et il s’attend à voir ce sujet apparaître dans les programmes de l’élection présidentielle.

Je m’inscris dans le temps long : je suis un impatient patient