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Start-up Win : les leçons de Bernard Magrez

GIRONDE. L’homme d’affaires propriétaire de quatre Grands Crus Classés de Bordeaux et d’une quarantaine de vignobles dans le monde a distillé son expérience et sa vision aux entrepreneurs accompagnés par son incubateur Start-up Win. Fin 2024, Netflix sortira un documentaire sur sa vie.

Bernard MAGREZ, lors de la journée de rencontre annuelle avec les start-ups de son incubateur, dans les jardins du château Pape Clément © EJG

« Je ne suis pas l’oracle, je donne juste mon avis ». Réunies le 7 mars au château Pape Clément, à Pessac, les start-ups accompagnées par l’incubateur Start-up Win ont pu profiter d’un échange privilégié avec Bernard Magrez. L’homme d’affaires et philanthrope de 88 ans, parti de rien, est aujourd’hui le propriétaire de quatre Grands Crus Classés de Bordeaux et d’une quarantaine de vignobles dans le monde. Devant un parterre d’une cinquantaine d’entrepreneurs « aux yeux brillants, qui se sont donné pour mission de satisfaire leur rêve », a apprécié Bernard Magrez, il a distillé sa vision.

Tout en rappelant l’objectif de son incubateur : « transmettre les clés de l’excellence à des entrepreneurs afin de les aider à réussir dans la vie, à tenir bon et à ne jamais renoncer ». « On apprend aussi en tombant. Moi je me suis relevé de nombreuses fois. Nous sommes là pour aider les gens à avoir du mental, en étant à leurs côtés, de différentes manières », a assuré l’homme d’affaires, qui finance et offre aux start-ups l’accès à ses équipes et domaines, afin de tester leurs solutions in situ.

Bernard MAGREZ a partagé sa vision avec les entrepreneurs accompagnés par son incubateur Start-up Win © D. R.

Bernard MAGREZ a partagé sa vision avec les entrepreneurs accompagnés par son incubateur Start-up Win © D. R.

Un film Netflix

L’innovation, c’est l’une des clés de la réussite pour Bernard Magrez, qui consacre au moins 600 000 euros à la R&D chaque année. « La science sauvera notre production », affirme celui qui a équipé ses vignobles de drones et dispose d’une collection de 91 cépages simulant les effets du réchauffement climatique, afin d’isoler les mieux adaptés pour continuer de produire de grands crus.

Vendre, c’est ma vie

L’autre secret de Bernard Magrez, c’est d’être à l’écoute du marché. « Vendre, c’est ma vie. Quand un marché se rétrécit, notamment parce que les goûts des consommateurs changent, il faut soit prendre des parts de marché aux autres, soit quitter le marché », a-t-il tranché. Celui qui veut toujours « être le super numéro un » vient ainsi de présenter à Vinexpo « Bordeaux 12 », « un vin plus léger, représentant la nouvelle typicité de Bordeaux. Il a énormément plu », assure Bernard Magrez.

« J’ai 88 ans et j’ai encore des choses à prouver », a admis l’homme d’affaires, qui fait l’objet d’un film que Netflix diffusera en fin d’année. « Quelquefois, j’espère que ce film se sortira jamais. Même si je l’ai trouvé bon, car je m’y suis retrouvé, notamment à travers les témoignages de gens qui m’ont abîmé : un peu brutal », a-t-il confié.