Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

Contrat renouvelé entre la CCI Nouvelle-Aquitaine et l’État

NOUVELLE-AQUITAINE. La CCI représentant les 13 CCI territoriales et l’État ont renouvelé leur contrat d’objectifs et de moyens (COM) pour la période 2023-2027, en présence de CCI France. L’occasion de rappeler l’action de proximité des chambres consulaires auprès des entreprises, en ligne avec les priorités de l’État, son financeur.

CCI Nouvelle-Aquitaine

Jean-François Clédel, président de la CCI Nouvelle-Aquitaine, Étienne Guyot, préfet de la Gironde et de la Nouvelle-Aquitaine et Alain Di Crescenzo, président de CCI France © DR

« Les CCI sont un bras armé qui met en œuvre la politique de l’État », a rappelé le préfet de la Gironde et de la Nouvelle-Aquitaine, Étienne Guyot, lors de la signature du contrat d’objectifs et de moyens (COM) 2023-2027 entre CCI France, la CCI Nouvelle-Aquitaine et l’État, le 21 septembre dernier à Bordeaux. Dans ce document très précis, qui définit la mission de service public territorialisée des CCI, 6 axes majeurs ont été définis : l’accompagnement à la transition écologique et à la transition durable des territoires ; à la transition économique, numérique et en termes de ressources humaines ; anticiper, orienter, former et recruter ; entreprendre et transmettre ; accompagner les entreprises à l’international et représenter les intérêts des entreprises.

PRIORITÉ AUX TRANSITIONS

En droite ligne avec les objectifs fixés par l’État, « en Nouvelle-Aquitaine, nous avons donné la priorité aux transitions et à la réindustrialisation, à travers la sensibilisation de 18 000 entreprises et sociétés, l’accompagnement de 10 000 entreprises et l’accueil de 35 000 porteurs de projets chaque année », a rappelé Jean-François Clédel, président de la CCI Nouvelle- Aquitaine, qui réunit 13 CCI territoriales et représente 332 000 entreprises. Il a également exprimé les attentes de la CCI vis-à-vis de l’État. En particulier concernant les mobilités, au cœur de la négociation en cours sur le Contrat de Plan État-Région. Et détaillé les nouveautés prévues en 2023-2024 au service des entreprises néo-aquitaines, dont la création de plusieurs accélérateurs de réindustrialisation, d’internationalisation ou encore pour les TPME. Et qui espère engager cette année 40 entreprises néo-aquitaines dans le programme France 2030, doté de plus de 50 milliards d’euros.

La CCI Nouvelle-Aquitaine espère engager cette année 40 entreprises néo-aquitaines dans le programme France 2030

MOYENS LIMITÉS

« Nous conduisons les actions utiles aux entreprises avec l’ensemble de nos partenaires (…). Collectivement, nous recherchons le meilleur effet de levier possible pour chaque euro d’argent public engagé », a assuré Jean-François Clédel. Signé en avril 2023 entre l’État et CCI France, à l’issue d’un an et demi de travail, le contrat d’objectifs et de performance (COP), dont découle le COM, est basé sur une dotation nationale de l’État de 525 millions d’euros maintenue. Il serait « caduque si nos ressources étaient amputées de 100 millions d’euros, comme l’envisage le projet de loi de finances 2024 », a prévenu Alain Di Crescenzo, président de CCI France, présent à Bordeaux pour l’occasion. Déjà « chroniquement déficitaires, avec des revenus divisés par 2 en 10 ans et des effectifs réduits, les CCI ont besoin de cet argent pour exécuter leurs missions », a insisté l’ancien président de la CCI Occitanie. « Je ferai remonter au gouvernement la nécessité pour les Chambres de conserver leurs moyens d’action », a rassuré le préfet Étienne Guyot, qui exerce la tutelle des CCI, valide le budget qui leur est alloué et évalue leur action.

 

LE RÉSEAU CCI, CHRONIQUEMENT DÉFICITAIRE

L’État verse chaque année 525 millions d’euros à CCI France, qui en prélève 20 millions pour son fonctionnement, puis redistribue le reste aux CCI régionales. « Les fonds sont distribués suivant le poids historique (30 %), le poids économique (30 %), la performance – dont les 2/3 viennent de l’appréciation du préfet sur l’exécution des actions (30 %) –, et enfin, la péréquation verticale, permettant de cibler les territoires les plus défavorisés », détaille Alain Di Crescenzo, président de CCI France. Mais le budget des CCI s’élève à 730 millions d’euros par an. « 100 millions d’euros complémentaires viennent de la facturation et 100 millions de l’excédent sur notre mission de service public. Nous perdons donc 50 millions d’euros par an », précise Alain Di Crescenzo. Qui calcule qu’en 2022, l’action des CCI a permis de générer 2,5 milliards d’euros d’activité.