Couverture du journal du 05/08/2022 Consulter le journal

Materr’up, ciment à haut potentiel

La jeune entreprise landaise a créé une plateforme technologique capable de valoriser l’argile crue dans un ciment bas carbone aux performances mécaniques identiques aux ciments traditionnels. Elle travaille actuellement au déploiement de ses cimenteries sur les territoires engagés dans la sobriété carbone, dont Bordeaux Métropole.

L’équipe de Materr’up

L’équipe de Materr’up à Saint-Geours-de-Maremne © D. R.

La start-up landaise vient d’obtenir pour la seconde année consécutive sa place dans la très select promotion du French Tech Green20, dont l’objectif est de faire émerger les champions technologiques de la transition écologique. Materr’up, créée en 2018 à Saint-Geours-de-Maremne, en a toutes les caractéristiques et les ambitions. Son ciment local à base d’argile crue, donc non chauffée, « réduit de moitié les émissions de CO2, sans compromettre la qualité et les performances du béton : nous apportons la performance mécanique », affirme Charles Neuville, directeur financier de la société qu’il a cofondé avec son frère jumeau Mathieu Neuville, président de Materr’up passé par les centres de R&D de Lafarge et Total, et Manuel Mercé, ancien du CNRS et de chez Total. C’est par une « approche holistique sur le ciment » que la jeune entreprise industrielle est parvenue à intervenir à différents niveaux pour réduire l’empreinte carbone de son matériau. D’une part, grâce à la création « d’une plateforme technologique capable de valoriser l’argile crue de quasiment tous les territoires », explique le directeur financier de Materr’up, qui a déposé 35 brevets internationaux. D’autre part, avec des petites cimenteries (« small modular cement plateform ») installées près des sites de consommation, dont « le process industriel est peu énergivore et ne consomme aucune énergie fossile », ajoute-t-il.

Nous avons un projet de relocalisation de la filière ciment

ANCRAGE TERRITORIAL

Rejoints par une quatrième associée, Julie Fort Neuville, issue du secteur du marketing territorial dans les collectivités, les trois fondateurs affichent leurs fortes ambitions de développement et d’ancrage dans les territoires. « Nous avons un projet de régionalisation et de relocalisation de la filière ciment, qui se traduit par une importante proximité avec les collectivités territoriales », explique Charles Neuville, citant la région Nouvelle-Aquitaine et sa feuille de route Néo-Terra. Materr’up a ouvert sa première cimenterie dans les Landes en janvier, mais c’est dans toute la France que l’entreprise projette de se développer désormais. « Nous sommes en train d’avancer avec les territoires engagés en faveur d’une construction sobre en énergie et en carbone, des territoires qui génèrent des déchets argileux colossaux que nous savons valoriser, faisant de la ville sa propre carrière », détaille le directeur financier. C’est notamment le cas en Gironde, où Materr’up « souhaite poursuivre la tradition et valoriser le patrimoine industriel de Bordeaux, avec de nouveaux modèles économiques et écologiques, sur la zone de Blanquefort par exemple », dévoile Charles Neuville.

Nous avons un projet de relocalisation de la filière ciment

MATERR'UP ciment

© D. R.

DIMENSION ESTHÉTIQUE

2022 sera également l’année de développement des partenariats avec les bétonniers pour Materr’up. « On peut embarquer avec l’activité cimentière toute une chaîne de valeur avec les bétonniers, les préfabricants de béton, les constructeurs, tout cela avec des techniques plus vertueuses, un ciment et des bétons locaux, qui sont en plus esthétiques », estime Charles Neuville. Le ciment à base d’argile crue de Materr’up, de couleur ocre, donne en effet au béton une « dimension esthétique forte, qui peut faire écho à la pierre de taille bordelaise. Nous avons la capacité de réenchanter les villes avec un produit qui plaît beaucoup », assure-t-il.

Notre ciment réduit de moitié les émissions de CO2, sans compromettre la qualité et les performances du béton

Materr'up

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