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Université Hommes-Entreprises 2023 – Une rentrée sous le signe de l’espérance

Martillac - La 29e édition de l'Université Hommes-Entreprises organisée par le CECA les 24 et 25 août au château Smith Haut Lafitte, sur le thème « Résilience et espérance », a accueilli 10 conférenciers. Parmi eux, Hubert Joly, classé parmi les 100 patrons les plus performants au monde selon la Harvard Business Review.

Université Hommes-Entreprises

Christophe DE LA CHAISE et Hubert JOLY (en visioconférence) sont intervenus devant une assistance venue en nombre © Alban Gilbert

Cinq conférenciers se sont succédé sur la scène de l’édition 2023 de l’Université Hommes-Entreprises, consacrée au thème « Résilience et espérance », ce jeudi 24 août. Organisé par le CECA, cet événement qui a rassemblé 700 personnes sur 2 jours était orchestré par son directeur Christophe de La Chaise, qui en a profité pour présenter un recueil des interventions marquantes des précédentes universités, sous le titre Acteurs d’un monde meilleur. La matinée a commencé fort avec le philosophe Pascal Bruckner qui a fustigé les discours catastrophistes ambiants. Empruntant cette formule à l’essayiste Jaime Semprun, il a interpelé l’assistance : « Au lieu de s’interroger sur quelle planète nous laisserons à nos enfants, demandons-nous quels enfants nous laisserons à la planète ». Mais comment conjuguer ce discours avec l’urgence écologique qui est indéniable, l’a interrogé le public.

Leçon de résilience

À sa suite, c’est une belle leçon de résilience et d’espérance qu’est venue délivrer Dorine Bourneton. Unique rescapée, à 16 ans, d’un accident aérien qui l’a laissée hémiplégique la jeune femme s’est battue « pour reconquérir son identité, et pour qu’elle devienne sa réputation ». Elle a ainsi obtenu son brevet de pilote à 20 ans, est devenue leader de la patrouille aérienne à 27, et première femme handicapée pilote de haute voltige à 40. « L’échec ce n’est pas de tomber, mais c’est de rester là où on est tombé », a-t-elle martelé avant d’embarquer, en image, l’assistance à bord de son avion pour survoler le Bourget. Et de souligner : « La zone d’inconfort, c’est la zone de challenge ».

Une affaire de cœur

Qui est ce dirigeant français qui coache des patrons américains et voudrait réinventer le capitalisme ? Hubert Joly est pour le moins atypique. Ancien consultant de McKinsey, puis DG de Havas et dans l’équipe de direction de Vivendi, il a repris et sauvé l’entreprise américaine Best Buy, un mastodonte de la grande distribution high tech, en s’appuyant notamment sur l’aspect humain. En 2012, il accepte de reprendre l’entreprise en grandes difficultés. Sa première décision est pour la moins étonnante : il choisit de passer une semaine dans les magasins du groupe à Saint Cloud dans le Minnesota. C’est là qu’il va définir les fondements de sa philosophie : L’entreprise, une affaire de cœur, qui est également le titre de son livre. Il délivre ainsi quelques-unes de ses observations : Quel sens donner à sa vie ? Le but premier de l’entreprise n’est pas de faire du profit mais de contribuer au bien commun. Il se demande aussi comment créer une culture d’entreprise : « On peut la changer rapidement », remarque-t-il. Enfin le rôle du leader a changé : il doit être porteur de sens, cultiver authenticité, empathie et humilité.

Créer de la liberté dans un cadre

Après quelques semaines d’observation, il prend 3 grandes décisions : investir dans la relation client, dans les magasins, et cultiver les partenariats avec l’ensemble des métiers de la tech. « Le plus important, c’est le comment » affirme-t-il. En écoutant les salariés pour qu’ils ne soient pas de simples exécutants – « Il faut créer de la liberté dans un cadre », estime-t-il – en réduisant les coûts non salariaux, et en créant de l’énergie. Un pari qu’il a gagné puisqu’il a redressé l’entreprise Best Buy et compte parmi les 100 patrons les plus performants au monde selon la revue Harvard Business Review. Ces prises en compte sont indispensables, selon lui pour attirer les jeunes dans l’entreprise alors qu’il met aussi en évidence la contradiction suivante : l’entreprise est l’institution dans laquelle les gens ont le plus confiance, pourtant, plus de 9 salariés sur 10 ne pensent pas que leur entreprise soit un lieu d’épanouissement.

Le sacré dans la vie professionnelle

Des constats modérés par Sonia Mabrouk, journaliste à CNews, venue parler de l’importance du sacré dans la vie quotidienne et professionnelle. « Je ne suis pas sûre que l’empathie et le rôle de dirigeant s’apprennent », a-t-elle estimé. « Le sacré peut beaucoup apporter, il permet d’identifier, dans la frénésie qui est la nôtre, ce qui mérite d’être préservé. Ce n’est pas un éloge de l’immobilisme mais une invitation à la réflexion : nous avons besoin d’être enracinés. » L’université du CECA, réservant toujours des moments de grâce, s’est achevée par un concert dirigé par la chef d’orchestre Mélanie Lévy-Thiébaut, réputée pour avoir décodé la psychologie des orchestres dans leur entité. L’assistance amusée s’est prêtée à l’exercice bon enfant.

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