Couverture du journal du 16/02/2024 Le magazine de la semaine

Arkéa Arena : en haut de l’affiche

L'Arkéa Arena, située à Floirac, connaît une belle reprise depuis la fin des restrictions du Covid-19 en 2022. L’année 2023 s’annonce elle aussi prometteuse avec une programmation fournie et d’envergure. Directeur de la salle depuis 2019, David Moison affiche un optimisme retrouvé devant des perspectives réjouissantes qui font de l’Arena la plus grande salle de Bordeaux et de l’agglomération.

Arkéa Arena, Bordeaux

© Arkéa Arena - Anaka

Echos Judiciaires Girondins : Comment se porte l’Arkéa Arena depuis la fin du Covid ?

David Moison : « On a vécu deux années extrêmement difficiles, déficitaires. Il y a un an, on n’avait pas le droit de faire des spectacles de plus de 2 000 personnes, c’était quasiment l’arrêt de notre activité. En janvier 2022, on devait faire 10 ou 11 représentations, on avait pu en sauver deux en coupant les ventes. Après sur 2022, qui n’a duré que 11 mois finalement, on a quand même fait une très bonne année. On finit à 99 représentations, ce qui est quand même assez exceptionnel. Nous, notre année de référence, c’est 2019 et on avait fait 88 dates. Le « mais », c’est qu’on fait moins de spectateurs. Là, on est à 460 000, alors qu’en 2019, on était à 480 000. On est aussi sur des événements qui ont été commercialisés pendant le Covid, sur toute cette période, on ne vendait plus de billet, les gens ne prenaient plus le risque. Après, on a eu la chance d’avoir une belle programmation internationale, on a eu Alicia Keys, Arcade Fire, Placebo, The Cure, Sting, Texas, Simple Minds. J’adorerais avoir autant d’artistes internationaux tous les ans, parce que ça participe de la visibilité de la salle. C’est un rayonnement, même à l’échelle de la métropole, parce que ces soirs-là, tous les hôtels de Bordeaux sont complets. L’enjeu pour l’Arena, c’est d’avoir ces artistes internationaux, qui font un + 1 après Paris. »

En 2022, on a eu 460 000 spectateurs contre 480 000 en 2019. Notre objectif est d’atteindre 500 000 par an

© Arkéa Arena Anaka

EJG : Pour 2023, quel est votre fil conducteur au niveau de la programmation ?

David Moison : : « On va dire déjà que la programmation 2023 est quasiment finie, là, on travaille sur 2024. Nous, il faut savoir qu’il y a deux aspects. D’un côté les productions qui nous sollicitent pour avoir des disponibilités de la salle, où on rentre dans le cadre de tournée française et Bordeaux est quasiment un passage obligatoire. Mais à côté de ça, notre objectif est d’aller chercher des deuxièmes, troisièmes dates, d’aller se manifester auprès des tournées internationales pour récupérer des antennes. C’est aussi faire le nécessaire pour vendre rapidement des dates et convaincre les producteurs de rajouter des séances. C’est le cas de Starmania où la mise en vente a eu lieu il y a un an et demi. À partir du moment où les dates parisiennes ont commencé en novembre, il y a eu des retombées médias qui étaient excellentes, le bouche à oreille qui a bien fonctionné, et les ventes ont explosé. C’est-à-dire qu’en une semaine on a vendu autant de billets qu’en un an et demi. On va donc avoir 40 000 spectateurs en 2023 pour Starmania : ce sera un gros point fort de notre programmation. »

 Il y a aussi un vrai potentiel pour les événements sportifs : la salle s’y prête

David Moison, Arkéa Arena, Bordeaux

David Moison, directeur de l’Arkéa Arena © Marie-Amélie Husson

EJG : À part Stromae (voir encadré) et Starmania, quels sont les autres temps forts de votre programmation 2023 ?

D.M. : « On va aussi avoir Hans Zimmer, grand compositeur de musiques de film. Cela traduit aussi une vraie nouveauté dans les programmations de salle, déjà avant le Covid, avec l’émergence de beaucoup de cinés concerts. Cela n’existait pas du tout avant, et en 2022, on a dû en faire une petite dizaine. Avec Hans Zimmer, par exemple, on va remplir la salle dans la configuration maximum assise, on accueille 8 000 personnes. C’est un vrai carton et il y a une vraie attente du public sur ce type d’événement donc c’est plutôt intéressant. Après, on a aussi le retour de Michel Polnareff, de Michel Sardou. On a Louise Attaque qui sera également un point fort, puisqu’ils étaient attendus. On a aussi quelques événements sportifs en cours de négociations. On a fait le championnat de France de Breaking Dance en juin dernier. On va aussi faire le Trial Indoor, ça amène une programmation un peu différente, un public différent et c’est assez impressionnant à voir. Il y a un vrai potentiel, la salle, elle est faite pour ça. Après aussi sur la programmation, nous, on essaye d’aller chercher des projets un peu différenciants, essayer de faire un peu plus d’électro. À cette fin, on a lancé une formule un peu réduite de la salle justement pour faire venir ces projets-là. Le problème à Bordeaux, c’est que vous avez beaucoup de salles de taille équivalente : Rocher Palmer, Rock School Barbey, Krakatoa, qui peuvent accueillir entre 1 000 et 1 200 places. Il n’y avait pas trop d’alternatives entre ces salles-là et nous. On a revu un peu notre copie et on a lancé une formule club, qui permet d’utiliser uniquement la fosse. C’est-à-dire qu’on ferme tous les gradins avec des rideaux, et l’idée, c’est vraiment de donner l’impression au public d’être dans une salle qui n’est pas l’Arkéa Arena. C’est un grand club, où on utilise moins d’espace et on a moins de ménage, parce que tous ces frais-là nous on les refacture aux producteurs, comme la sécurité, etc. Donc cela permet de réduire tous ces coûts-là, et d’attirer des projets nouveaux. On a fait notre première formule de ce type-là en novembre dernier. Par exemple, on a Deluxe en avril. Moi, mon objectif, c’est d’arriver à améliorer la fréquentation de la salle, avoir 500 000 spectateurs. »

EJG : Vous avez le Label Haute Qualité Environnementale, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

David Moison : : « On a le label HQE construction regroupant tous les critères à respecter dans le cadre de la construction de la salle. En ce moment, on est en train de passer la certification pour avoir le label HQE exploitation. C’est un travail assez long niveau administratif, mais qui est lié à un concept vraiment important pour notre direction : RSE. On fait vraiment attention aujourd’hui aux deux aspects de la RSE : la partie environnementale et la partie bien-être au travail. C’est aussi se rendre compte de l’impact que l’on peut avoir. C’est la sobriété énergétique par exemple, nos chauffages dans tous les bureaux, ils sont limités à 20 degrés, ça peut paraître pas grand-chose, mais je vois passer les factures et ça a un gros impact déjà. On est en train de faire un audit sur toutes nos consommations, il y a une vraie volonté de faire attention à tout ça. »

 Le pont Simone-Veil va nous désenclaver un peu : ça va changer beaucoup de choses dans l’accessibilité à l’Arena

Arkéa Arena, Bordeaux

© Arkéa Arena – Anaka

EJG : Quel est votre sentiment sur l’accessibilité à l’Arena, souvent considérée comme un point faible du lieu ?

David Moison : : « Les navettes, en partenariat avec TBM et Bordeaux Métropole, sont une vraie réussite. Lors de spectacles, notamment urbains, on a généralement 30/40 % du public qui viennent en navette. À côté de ça, on a les vélos, les soirs de spectacles les bornes sont remplies. Sur ces dates-là, on a 50 % des personnes qui utilisent ces transports-là. On a une solution qui est vraiment géniale pour les citadins, mais pour les personnes qui arrivent d’en dehors de Bordeaux, c’est compliqué d’avoir une solution équivalente. Sur le parking, malheureusement, il n’y a pas de miracle : 1 000 places avec une voie de dégagement, ça bouchonnera forcément. On touche aussi au bout du pont Simone-Veil, puisqu’il sera mis en service d’ici un an. Cela risque de changer beaucoup de choses : dans un premier temps, ça va nous désenclaver un petit peu, faciliter la circulation dans le quartier et peut-être amener plus de personnes à venir en transport en commun. Il y aura des lignes régulières mises en service qui viendront jusqu’ici et qui feront tous les boulevards. »

© Arkéa Arena Anaka

EJG : Quels sont vos futurs projets pour l’Arena ?

David Moison : : « Notre objectif est de rester leader, de ne pas s’endormir. Il y a toujours quoiqu’il arrive dans le lieu, la salle ou quoi que ce soit, un effet de nouveauté qui joue et qui nous a permis de démarrer très fort en 2018. Il nous faut être constamment dans la recherche d’innovation. Alors on a lancé également un produit récemment qui s’appelle « priority ». C’est un système de coupe-file et d’accès dans des zones dédiées. Il faut essayer de trouver des axes de développement comme ça, réfléchir constamment à améliorer l ’expérience spectateur. L’été prochain, on va refondre tout le hall, changer toute la signalétique et la numérotation de la salle. »

 

DU CÔTÉ DES ENTREPRISES

L’Arkéa Arena propose également des services dédiés aux entreprises. D’abord, des locations de salles afin d’organiser des événements privés : « En 2022, on a dû faire entre 30 et 40 événements privés, en termes d’activités, c’est important pour nous », développe David Moison. Avec des dizaines de configurations possibles, l’Arena propose des privatisations allant de 20 à 7 000 places assises. La structure prévoit aussi un programme d’abonnement pour les entreprises. Ainsi, elles peuvent s’abonner à six, neuf ou douze événements et choisir sur la programmation ceux qu’elles préfèrent. La prestation comprend : un parking VIP, une entrée VIP, un salon dédié, un vestiaire VIP, un cocktail dînatoire servi par la Maison Monblanc, des placements groupés en Carré Or ou Catégorie 1 ou encore des boissons à discrétion.

Pour toutes informations supplémentaires : commercial@arkeaarena.com

 

STROMAE : LE CARTON PLEIN

Stromae

Stromae © Michael Ferire

Chaque début de tournée, les artistes s’installent en résidence de 4/5 jours dans une salle pour rôder leur spectacle. Le géant Stromae lui a choisi Bordeaux et l’Arena pour répéter : dans quelques semaines, avec toute la machinerie qui l’accompagne, il va rôder son nouvel album dans la salle de Floirac avant de s’y produire les 4 et 5 mars et bien sûr c’est complet. Du coup, deux autres dates de concert sont prévues pour les 15 et 16 novembre 2023, soit 4 soirs au total, un carton plein. Après une tournée américaine historique qui l’a vu se produire notamment au Madison Square Garden de New York et quelques festivals dont Garorock en 2022, Stromae, alchimiste des sons et des rythmes percutants, entame donc une énorme tournée avec un spectacle d’une éclatante modernité. « Sur la résidence, on va essayer de trouver des leviers pour communiquer dessus, même s’il faut rester discret », parce que le but ce n’est pas d’avoir des milliers de fans devant la salle tous les jours ! », sourit David Loison. « C’est aussi ça notre travail lorsqu’on accueille les producteurs, ils repartent avec un bon souvenir. Le choix d’une salle dans certains cas, ce sont des petits détails », or le détail qui compte à l’Arena, c’est l’immense sas fermé qui peut accueillir les camions transportant la machinerie des artistes en total confort dans l’accès à la scène. Un plus que d’autres grandes salles n’ont pas.

 

L’ARENA EN BREF

Inauguration en 2018

60 millions d’euros de budget pour la construction

Plus de 20 jauges différentes de 2 500 à 11 300 places selon la configuration

Une configuration sportive à 360° pour les sports indoor

99 représentations en 2022

460 000 spectateurs en 2022

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