Couverture du journal du 01/03/2024 Le magazine de la semaine

Domofrance adapte ses ambitions

Le bailleur social Domofrance a présenté son nouveau projet d’entreprise, « Vivant », pour la période 2024-2028. L’entreprise, fondée à Bordeaux en 1958, prévoit 3,5 milliards d’euros d’investissements, en baisse par rapport au plan précédent.

Domofrance

Francis Stéphan, Philippe Rondot, Mathias Saura et François Perrin © Nathalie Vallez

Nous avons un nouveau projet à construire, inscrit dans la vraie responsabilité qui est la nôtre : améliorer le vivant. » C’est ainsi que Philippe Rondot, président de Domofrance, a introduit le nouveau programme pour 2024-2028 : « Vivant ». Le précédent programme Pepse (2019-2023) avait abouti à la labellisation B Corp en 2020, reconnaissant l’impact positif de l’entre- prise. « Le projet Vivant repose sur 4 piliers fondamentaux », a continué Philippe Rondot, « la RSE (avec le renouvellement du label B Corp), la performance économique de l’entreprise, l’équipe et les talents (management inspirant), et enfin le développement des territoires. »

INVESTISSEMENTS EN BAISSE

Pour financer ce programme, l’investissement est de 3,5 milliards d’euros sur 5 ans. Il était toutefois de 4 milliards pour Pepse, le plan précédent. « Nous avons été obligés de freiner l’objectif », a reconnu Francis Stéphan, directeur général de Domofrance, « Il faut reconstruire un modèle ». Et de regretter la conjoncture actuelle : « Bon nombre de bailleurs vont être déficitaires cette année. » Avec 300 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022, la caractéristique de Domofrance est d’avoir un investissement égal à son chiffre d’affaires, a-t-il précisé.

DÉCARBONATION : OBJECTIF 2040

Francis Stéphan a égrené les cinq grands chantiers de Domofrance : la décarbonation des activités avec pour objectif la neutralité carbone à l’horizon 2040 ; les fondamentaux du bailleur social qui sont l’ancrage dans les territoires et l’innovation pour développer l’utilité sociale ; le management avec un travail sur la marque employeur ; la mutation digitale et enfin le développement et la croissance. Ce dernier point appelle des réponses ciblées : « Si l’on prend par exemple les classes moyennes qui n’ont pas accès au logement social, nous devons être en mesure de proposer des logements intermédiaires qui représentent 15 % des constructions de logements », a-t-il exposé.

66 000 LOGEMENTS MANQUANTS EN GIRONDE

« C’est un beau projet que présente Domofrance qui appartient à Action Logement », a estimé Mathias Saura, président du Médef Gironde. « Pour avoir un territoire attractif, il faut du logement », a-t-il continué, précisant au passage que les besoins en Gironde sont de 66 000 logements sur tout le département, dont 42 000 sur la métropole. Concernant les logements qui seront livrés dans les prochaines années, 57 % ont été attribués à des ménages salariés et 43 % aux citoyens dans le besoin.

MAILLAGE TERRITORIAL FIN

François Perrin, président du Medef Nouvelle-Aquitaine, a lui salué le fort ancrage de Domofrance sur le territoire. Mais pour répondre à l’appel de réindustrialisation de la France, on se heurte à un certain nombre de défis : « il faut du foncier or comment le conjuguer avec la loi ZAN (fixant pour objectif zéro artificialisation nette) ? » , pointe-t-il. « Il faut aussi permettre la mobilité des personnes et des biens. Enfin il faut pouvoir les loger et l’approche régionale de Domofrance ne peut fonctionner qu’avec un maillage très fin, et sa collaboration avec la Direction Départementale des Territoires », a conclu le président. Et pour répondre aux besoins des entreprises comme Safran qui veut créer 900 emplois en Béarn, la question se pose : « Où et comment les loger ? », s’est-il interrogé, « La solution ne peut passer que par le logement social ». Mais le président du Médef a regretté la carence en constructions : « Sur un objectif de 300 000, on est cette année à 85 000logements livrés en 2022 ».

 

EN CHIFFRES

5 métiers : bailleur social, promoteur constructeur, aménageur urbain, syndic de copropriété, facilitateur de l’accession à la propriété.

Vivant : 3,5 milliards d’euros sur 5 ans (2024-2028)

Chiffre d’affaires : 300 millions d’euros en 2022

40 700 logements

112 700 personnes logées

740 salariés