Couverture du journal du 24/09/2021 Consulter le journal

Hélène Janoueix : Généraliste pur jus

Issue d’une famille de viticulteurs libournais, la nouvelle bâtonnière Hélène Janoueix a embrassé le métier d’avocat par réelle conviction. Engagée et passionnée, elle représente avec ferveur le Barreau de Libourne.

Hélène Janoueix

© Natalie Vallez

Bâtonnier, bâtonnière, ça lui est bien égal. Ce qui importe à Hélène Janoueix, nouvelle bâtonnière de Libourne, c’est de représenter ses pairs. « Ce n’est pas le terme qui fait la fonction. » Installée en janvier, elle représente les 76 avocats du barreau de Libourne. « Il y a une réelle confraternité », souligne-t-elle, « c’est la richesse de notre profession, et ce sera toujours le cas. » Exit les esprits chagrins qui critiquent la profession. « On a une vraie représentation, on a des avocats anciens de plus de 70 ans, des jeunes diplômés, une mixité importante. » Elle a choisi de se présenter à cette fonction car elle aime avant tout l’engagement, qu’il soit humanitaire (elle a suivi des missions en Afrique) ou social, à l’échelle locale.

Un jour sur deux, elle vient à l’Ordre, suit les courriers, litiges, formations, évolution de la profession, sans compter toutes les réunions avec les magistrats, associations… De ses études, elle retient son année à l’université de Warwick, en Angleterre, où elle découvre une autre manière d’enseigner, des professeurs accessibles, un système qui la marquera durablement. Quelques années plus tard, les plaidoiries de Maître Jakubovicz pendant le procès Papon forceront son admiration : « cette force de la parole, cette émotion transmise ». La profession d’avocat, elle l’a embrassée par réelle conviction, elle qui est issue d’une famille de viticulteurs libournais, et qui a passé le DUAD (diplôme universitaire d’aptitude à la dégustation ndlr.), avant de choisir définitivement le droit : « j’ai effectué plusieurs stages dans des cabinets d’avocat, cela m’a convaincue que c’était un métier que je pourrais aimer toute ma vie, et c’est le cas ».

Généraliste, bien que très portée sur le droit social, elle exerce son métier de « manière traditionnelle », insistant sur sa transversalité, et apprécie tout particulièrement sa diversité, l’éveil intellectuel qu’il procure et les nombreuses rencontres qu’il provoque. « Ce qui est particulièrement stimulant, c’est que le positionnement que l’on a n’est jamais le même, selon si on s’adresse aux clients, aux confrères ou aux magistrats. » Même si elle a plus de recul et moins d’emportement, moins de trac, elle reconnaît volontiers que ce qui est le plus difficile pour elle, c’est de perdre : « la déception est toujours la même. C’est abyssal ». De même que ce qui peut le plus l’atteindre, ce sont les conséquences de certaines affaires. « On reste marqué par les rencontres, par l’aide qu’on a pu apporter ou pas. Quand on choisit de défendre un dossier ce n’est pas parce qu’il est facile. »

À MOTS DÉCOUVERTS

Un roman

« Je suis en train de lire Les Désenchantées de Pierre Loti. C’est impressionnant comme la place de la femme évolue
tellement doucement. J’ai relu aussi 24 heures de la vie d’une femme avec mon fils pour son bac français. On a pu
en discuter et j’aime toujours autant cette richesse de la description, les sentiments, les émotions. J’aime bien aussi la
littérature sud-américaine et africaine. J’aime sortir de mes petites habitudes pour découvrir d’autres cultures. »

Le dernier film qui vous a marquée

« J’ai beaucoup aimé Les Heures sombres sur le discours de Churchill pendant la période trouble de l’avènement du
nazisme et d’Hitler. Cette force des mots qui amène à la victoire est très impressionnante. J’ai regardé toute la série
Thérapie ça se passe dans un seul lieu, et pourtant il y a tout. Comme dans un cabinet d’avocat, sur une même chaise,
on retrouve plein de fils de vie imbriqués. »

Un lieu…

« Le village de Saint-Émilion, ses vignes, ses coteaux, son vin. Mon frère a repris la propriété, ça reste une histoire
familiale. C’est le terroir fort qui perdure. Je suis née à Libourne, j’y vis, j’y travaille. C’est ancré ! »