Couverture du journal du 27/11/2020 Consulter le journal

Un mois, une œuvre au musée des Beaux-Arts de Bordeaux – Jours tranquilles sur le bassin

Jardin au Pyla, Albert Marquet (1935) Né le 26 mars 1875, à Bordeaux, Albert Marquet est issu d’une famille modeste du Teich. Dès l’enfance il dessine. À l’école il est mauvais élève. Timide, il souffre de son infirmité : un pied-bot qui le différencie des autres enfants. Son maître le prenant pour un sot, il se réfugie sur le port de Bordeaux pour dessiner.

Huile sur toile. © Musée des Beaux-Arts de Bordeaux. Photo : L. Gauthier.

L’été, ses vacances se passent sur le Bassin d’Arcachon, dans la famille de sa mère, où il dessine et garde les vaches. Sa mère vend un lopin de terre lui appartenant sur le Bassin d’Arcachon afin d’acheter un commerce de broderie et de permettre à son fils de suivre les cours des Arts Décoratifs à Paris. Dès 1892, Marquet rencontre Henri Matisse (1869-1954) avec lequel il se lie d’amitié. Une correspondance se met en place entre les deux hommes. Dans une lettre datée de septembre 1921, il écrit à Matisse : « Je viens de faire un voyage en auto, Paris, Bordeaux et Arcachon. Beaucoup d’émotions, pas d’accidents sérieux, ni de pannes, quelques crevaisons en traversant la Creuse. Je suis enchanté du voyage et de la Ford qui marche merveilleusement. » Marquet vient en fait de passer son permis de conduire.

Dans Jardin au Pyla, Marquet observe puis recrée la réalité telle que son regard l’a perçue, telle que sa mémoire immédiate l’a enregistrée. La mer est là, frontale et occupe la place d’honneur parmi la succession des plans qui découpent l’espace de la toile. Il offre une véritable incursion au cœur de l’image.