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Nouvelle-Aquitaine : Coopératives viticoles, une nécessaire accélération

Après la réalisation d’un audit sur les caves coopératives, le secteur n’échappera pas à une restructuration. Rencontre avec Stéphane Héraud, président de la section vitivinicole de la Coopération agricole de Nouvelle-Aquitaine.

Stéphane Héraud, Coopération agricole de Nouvelle-Aquitaine.

© Louis Piquemil - Les Echos Judiciaires Girondins

Echos Judiciaires Girondins – Un audit national sur les caves coopératives a été présenté à la profession mi-décembre puis à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine le 7 janvier. Des surprises ?

Stéphane Héraud – Non pas de surprise ! Sur les 21 caves coopératives auditées dans la région, les résultats montrent, dans un contexte de déconsommation, qu’elles sont confrontées à une baisse des ventes et des volumes récoltés qui ont un impact négatif sur leurs résultats économiques et leur capacité à rémunérer leurs adhérents. Les situations financières deviennent compliquées et le statu quo n’est pas tenable. Donc pas de surprise, mais cet audit permet une prise de conscience générale.

Parmi les pistes à explorer figure celle du regroupement. Comment l’envisage-t-on du côté de Bordeaux ?

S.H. – En Nouvelle-Aquitaine, le nombre de caves coopératives a été divisé par deux en 20 ans, puisque nous sommes passés de 80 à un peu moins de 40. Donc le sujet n’est pas tabou. Au-delà du regroupement, il y aura des fermetures de sites de vinification, sans doute des rapprochements de structures commerciales. Mais il y a aussi d’autres axes de travail. La réfléxion a débuté à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine où doit émerger un plan d’actions collectif avec, pour le coordonner, un comité de pilotage associant l’État, le Conseil régional et la Coopération agricole.

Nous n’en sommes qu’au début mais il faut aller vite. L’accélération doit se faire dans les six mois. Au niveau national, avons demandé 35 millions d’euros en 2026 pour accompagner les fermetures de site et les restructurations, le besoin ayant été estimé à 75 millions sur trois ans. Mais nous demanderons aussi des aides spécifiques en Nouvelle-Aquitaine.

La coopération reste pour vous un modèle d’avenir. Pourquoi ?

S.H. – Parce que ce n’est pas la crise d’un modèle mais la crise de la consommation ! Dans le contexte actuel, la coopération a encore un rôle à jouer mais elle a besoin de se restructurer. C’est ce que font aussi les maisons de négoce. Au final, nous arriverons à un paysage avec moins d’acteurs mais plus puissants, capables de porter des marques fortes.

La coopération a besoin de se restructurer

Chiffres

Les caves coopératives en Nouvelle-Aquitaine regroupent 3 900 vignerons, emploient plus de 1 300 personnes et représentent près de 30 % de la production régionale de vin.