Des paniers de poissons, en direct des producteurs, frais, durables et éthiques. Derrière la promesse de l’entreprise Poiscaille, créée en 2016 par le Bordelais Charles Guirriec, « il y a de véritables valeurs, et surtout la volonté d’une juste rémunération des pêcheurs », affirme ce passionné de pêche, qui a notamment travaillé au sein du ministère de la Pêche avant de se lancer dans l’entrepreneuriat.
Après 10 années d’activité, un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros en 2025, 28 000 clients inscrits, 50 000 paniers livrés chaque mois, et la mise en place d’une flotte partenaire de 250 pêcheurs et pêcheuses dans toute la France (soit 5 % de la flotte nationale), dont une partie sur le bassin d’Arcachon, où il se rend régulièrement dans sa maison de famille, Charles Guirriec a décidé d’emprunter une voie originale pour accélérer : un passage dans l’émission Qui veut être mon associé ? (QVMA), diffusée sur M6, le 22 janvier dernier.
Une démarche inhabituelle de la part d’une PME de 75 employés, avec 10 ans d’ancienneté, et de surcroît « un projet atypique par rapport aux schémas habituels de l’émission », considère le dirigeant.
« Notre projet est atypique par rapport aux schémas habituels de l’émission »
Recherche d’accompagnement
Mais qui s’entend. Après une levée de fonds en 2022, qui a permis à Poiscaille de recruter, de développer ses moyens et son activité, « nous avons vécu une période très difficile en 2024, où nous avons subi le double effet de l’inflation et d’un ralentissement de notre activité », explique Charles Guirriec. Frôlant la faillite, l’entreprise s’inspire d’un fleuron tricolore pour se relever, le Slip Français, en mobilisant sa communauté afin d’augmenter son niveau de commandes et d’atteindre de nouveau l’équilibre.
« nous avons vécu une période très difficile en 2024 »
« Forts de cette expérience, nous avons souhaité aller plus loin. Car plus Poiscaille a d’activité, plus notre impact est positif », estime le dirigeant, qui a installé son entreprise près de Rungis, en région parisienne, où se trouve la logistique spécialisée en « marée coulante ». Sa priorité en participant à QVMA : « Nous n’avons pas de besoin de financement urgent. Mon objectif est de pouvoir me reposer sur des investisseurs et des entrepreneurs expérimentés. Et si on peut gagner des clients grâce à la notoriété d’un passage dans l’émission, on sera contents ! », nous livrait Charles Guirriec peu avant la diffusion.
Hors norme
Pari réussi pour l’entrepreneur qui admet, à plusieurs égards, avoir vécu « une expérience hors norme ». Les cinq investisseurs présents lui ont fait des propositions. « J’ai accepté l’ensemble des offres, pour avoir le maximum de compétences et d’entrepreneurs aguerris à mes côtés, avec chacun ses forces : marketing, logistique, partenariats, etc. », indique après la diffusion Charles Guirriec, qui a obtenu 300 000 euros contre 10 % des parts de son entreprise.
Et surtout, Poiscaille croule sous les commandes de paniers de poisson frais, avec plus de 2 000 abonnés supplémentaires en moins de 24 heures. « C’est incroyable, nous sommes sur un de nos scénarios les plus hauts », s’exclame-t-il. Désormais, l’entreprise va s’atteler à absorber cette croissance, avec quelques recrutements prévus, en particulier du côté de la préparation des commandes. « Forts de notre expérience passée, nous serons parcimonieux et prudents dans nos dépenses », prévient le dirigeant bordelais.
Plus de 2 000 abonnés supplémentaires en moins de 24 heures
Grâce à ce supplément de trésorerie, Poiscaille va également « accélérer sur notre gamme de produits transformés à partir du poisson de nos pêcheurs. Pour cela, nous recherchons des partenaires en région », annonce Charles Guirriec.
Ancienneté
« Finalement, notre ancienneté a constitué notre force », estime le fondateur de Poiscaille, qui reconnaît « une certaine habitude du pitch », mais aussi « la capacité d’encaisser de tels volumes de commandes ».
Désormais, l’entreprise vise les 50 000 abonnés et 10 % de la flotte de pêche française. « C’est ce qu’il faut pour changer un secteur. Et c’est notre objectif », conclut Charles Guirriec.