Couverture du journal du 17/02/2026 Le nouveau magazine

Une année d’incertitudes pour la chambre de métiers et de l’artisanat 

NOUVELLE-AQUITAINE - Baisse du nombre d'entreprises, des apprenants et du pouvoir d’achat, manque de perspectives contrebalancées par une dynamique entrepreneuriale et un attachement à leur métier. L’année 2025 a été éprouvante pour les artisans.

Gérard Gomez, CMA Nouvelle-Aquitaine

Gérard Gomez, président de la CMA Nouvelle-Aquitaine © Gaetan Leprevost

L’année 2025 reste marquée par un sentiment d’incertitude qui a pesé sur l’activité des entreprises artisanales. Le manque de visibilité a freiné les investissements, les embauches et les transmissions d’entreprises. C’est le constat présenté par Gérard Gomez, président de la CMA (chambre de métiers et de l’artisanat) Nouvelle-Aquitaine.

8 000 entreprises de moins

Au 1er janvier 2026, la Nouvelle-Aquitaine compte 185 366 entreprises artisanales, soit près de 8 000 de moins qu’il y a trois ans. Les services restent majoritaires (40 %) devant le bâtiment (35 %), la production (15 %) et l’alimentation (10,5 %). Parmi elles, 68 % d’entreprises individuelles traduisant l’essor de la microentreprise dans un contexte économique restreint. On remarque toutefois une dynamique entrepreneuriale avec 23 425 créations d’entreprises. Là encore, 77 % des immatriculations sont des microentreprises, majoritairement dans les services (49 %) et le bâtiment (27 %).

C’est sur le volet apprentissage que les inquiétudes pèsent : la CMA Nouvelle-Aquitaine a accueilli 11 982 apprenants en 2025, soit 700 de moins qu’en 2024 (- 5,5 %). Les entreprises veulent continuer à former mais des incertitudes pèsent sur les financements des CFA. La baisse est partiellement compensée par de bons résultats en première année et par la progression des personnes en reconversion.

Baisse des carnets de commandes

L’étude « L’artisanat néo-aquitain face aux mutations économiques » menée au quatrième trimestre 2025 dresse le constat d’un secteur sous tension. 57 % des artisans manquent de confiance dans l’avenir de leur entreprise. 72 % se déclarent en fragilité financière, et 43 % en situation critique. « Toutefois, a tempéré Gérard Gomez, il n’y a que 36 % dans cette dernière catégorie qui sont en dépôt de bilan. »

Les principales difficultés rencontrées sont : la baisse du pouvoir d’achat, l’augmentation du coût des matières premières et la baisse des carnets de commandes. Si 83 % des artisans prévoient de maintenir leurs effectifs, seuls 5 % envisagent de recruter. Pour autant, les artisans restent très attachés à leur métier : 55 % d’entre eux le recommanderaient !