Il y a d’abord eu l’urgence à gérer : la protection des biens et des personnes. Puis les dispositifs se sont mis en place, à la chaîne, pour venir en aide aux entreprises impactées par les inondations. Le préfet de Gironde, Étienne Guyot, a réuni, le 17 février, les représentants du monde économique pour faire le point sur les différentes perturbations sur les réseaux et les infrastructures.
Car au-delà des entreprises qui ont les pieds dans l’eau, les crues ont affecté l’activité économique locale, en particulier les entreprises qui dépendent des réseaux numériques, de l’énergie et des flux logistiques. Dès lors, plusieurs mesures ont été mises en place.
3006 : un numéro unique
Dans le cadre d’une réponse collective, la chambre de métiers et de l’artisanat et la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Bordeaux Gironde ont activé un numéro unique, le 3006, pour faciliter l’accompagnement. Quelques jours après sa mise en service, peu d’appels entrants avaient été recensés. « La priorité, c’est l’urgence, le matériel », confie la CCI. En revanche, des appels sortants ont été effectués pour une prise de contact avec des entreprises dans les zones géographiques les plus sinistrées.
C’est le cas à la Réole, où est installée Karine Dupart, gérante de Karine Couture, dont le local situé sur les quais, est sous l’eau depuis le passage de la tempête Nils, le 12 février. « J’avais 1m30 d’eau à l’intérieur. C’est redescendu mais je suis tout de même à 90 cm », nous confie-t-elle, le 19 février. Par rapport aux inondations de 2021 qui s’étaient soldées, pour elle, par de nombreuses pertes de matériel, elle explique avoir anticipé et sorti ses machines à coudre. Elle a tout surélevé sur des parpaings. « Mais cela n’a pas suffi. »
En attendant la décrue, elle a contacté son assureur. « La perte d’exploitation n’est pas couverte, mon contrat est trop vieux », soupire-t-elle. Sa banque a aussi été prévenue qu’elle ne dégagerait aucun revenu dans l’immédiat. « Il me restait trois mois de remboursement du prêt garanti par l’État contracté pendant le Covid. » Elle attendait aussi un échange avec la CMA. « Il faut viser large pour espérer sauver mon entreprise. »
Remonter les besoins à l’État
Parmi les mesures activées, figurent notamment le report possible d’échéances de cotisations sociales et fiscales par l’Urssaf ou encore la possibilité de recourir à l’activité partielle. Le vendredi 20 au matin, 200 entreprises, essentiellement restaurants et commerces, étaient en contact avec la CCI ou la CMA, via le numéro lancé trois jours plus tôt, essentiellement pour des demandes d’informations sur la manière de procéder auprès des assureurs ou les organismes d’État. Une dizaine de situations avaient été repérées comme problématiques. Pour la CCI comme pour la CMA, l’enjeu est de faire remonter les besoins auprès de l’État.
De son côté, la Chambre MSA a mis à disposition une ligne d’urgence crise (05 56 01 48 33) et un accompagnement social et psychologique tandis que les avocats du Barreau de Bordeaux ont activé un numéro d’urgence dédié (05 57 77 41 58) aux sinistrés. Enfin, le conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants (CPSTI) met en place un plan d’urgence spécifique pour les indépendants victimes des intempéries.
Mémo pratique
La CMA et la CCI : 3006, service et appel gratuits
La Chambre MSA : une ligne d’urgence 05 56 01 48 33, une adresse mail (recouvrementamiable.blf@msa.fr), et un accompagnement social et psychologique (accueilsocial@mas33.msa.fr)
Le Barreau de Bordeaux : une ligne d’urgence 05 57 77 41 58
Urssaf : via la messagerie sécurisée sur urssaf.fr ou 3957 (pour les employeurs), 3698 (pour les travailleurs indépendants), 0 806 804 209 (les praticiens auxiliaires médicaux)
Pour le recours à l’activité partielle : ddets-activite-partielle@gironde.gouv.fr
Secteur agricole : déclaration des dégâts auprès de la chambre d’agriculture de la Gironde ou de la DDTM (ddtm-calam-aides-conjoncturelles@gironde.gouv.fr)